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Début des effets du parrainage : Les petits candidats commencent à jeter l’éponge

Une substance ingurgitée demande souvent un temps plus ou moins long avant que ses effets ne se fassent sentir. Apparemment, il en va de même pour le système de parrainage institué pour réguler le nombre de candidats à l’élection présidentielle du 24 Février 2019.

 

Selon le code électoral, les dossiers de candidature assortis des listes de parrainage ( entre 52 000–65000 signatures ) doivent être déposés au greffe du Conseil Constitutionnel entre le 11 et le 26 décembre 2018.

Prés de cent candidats à la candidature avaient retiré leur fiche de parrainage, faisant craindre une pléthore à la présidentielle. Cependant, à en juger par le silence sépulcral qui prévaut dans la majorité des états majors politiques, alors que la chasse aux signatures bat son plein, la tache s’est révélée beaucoup plus ardue qu’ils ne l’imaginaient, ce qui se traduirait par des désistements sans tambours ni trompettes.

En effet, glaner ces milliers de signatures à travers le pays, demande des moyens logistiques, humains et surtout financiers considérables, en sus de la caution et des dépenses inhérentes à la présidentielle elle-même ( campagne électorale, mobilisation des électeurs…). Des moyens hors de portée des petits partis.

D’ autant qu’ils n’ont aucune chance de remporter les élections.
Monsieur Ibrahima Déme qui avait démissionné de la magistrature avec fracas pour créer le mouvement « Ensemble » et se lancer dans la course à la présidentielle vient de s’en rendre compte. Après l’euphorie des premiers jours et le tapage médiatique autour de sa démission, il se heurte à la dure réalité sur le terrain politique, où on ne se fait aucun cadeau : « Il y a un certain nombre de candidats, et le nombre de signatures est relativement assez important, donc cela nécessite un travail très important. L’ambition de récolter 3 millions de signatures au lieu des 65 000 exigées, constitue la preuve que le parti au pouvoir ne veut pas d’adversaires. Leur objectif est de tout prendre pour que les autres ne puissent parrainer leurs candidats. Ce qui est contraire à toutes les règles de la démocratie. Macky Sall et ses souteneurs manquent vraiment de Fair Play. »

L’ objectif visé par Macky Sall à travers les trois millions de signatures est effectivement de sécher la source et d’empêcher les autres d’y puiser, et le cas échéant, de faire jouer la règle des doublons pour invalider la candidature de ceux qui auraient eu la malchance de bénéficier de parrains dont ils ont déjà récolté la signature.
Devant tous ces obstacles, souvent rédhibitoires, certains jettent publiquement l’éponge, en prenant soin d’invoquer d’autres raisons pour sauver la face. C’est le cas de Ndella Madior Diouf et de Me Mame Adama Gueye.

La présidente du parti Réconciliation Nationale pour l’Unité Africaine ( RNUA ) ne prendra finalement pas part à la présidentielle pour l’intérêt du Sénégal :  » Nous comptons entrer en contact avec le maximum de leaders de l’opposition pour nous regrouper autour d’une large coalition électorale. Je suis d’ avis que si nous parvenions à avoir trois grandes coalitions,le tour sera joué. »

Quant à Me Mame Adama Gueye, leader de Sénégal Bou Bess, il compte se consacrer à la lutte pour la transparence des élections : « J’ai décidé de me dévouer totalement à la réussite de cette initiative vitale pour notre démocratie et pour la sauvegarde de la paix sociale. Je suis prêt pour cela à faire le sacrifice de ma candidature à la prochaine élection présidentielle. »

Entre ceux qui se retirent en catimini et ceux qui le font par voie de presse en invoquant des raisons plus ou moins crédibles, la fonte de l’Iceberg électoral sous la fournaise de la loi portant parrainage a débuté, et nul doute que d’ici le 26 décembre, date limite des dépôts de candidature, d’autres morceaux vont s’écrouler.

 

Serigne Mbacké Ndiaye

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