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Le juriste et l’ingénieur – Par A B Diallo

Deux esprits brillants s’affrontent sur le terrain de la politique depuis plusieurs mois. Me Abdoulaye Wade, avocat et agrégé en Droit face à Macky Sall, ingénieur et géologue de formation. Une partie d’échec de très haut niveau où chacun des deux tente d’utiliser avantageusement les pions sur l’échiquier. Est-ce la stratégie qui va prendre le dessus ou la tactique qui fera la décision finale.

 

Macky Sall, actuel Chef de l’Etat et Président de la République sortant, candidat à sa     propre succession, dispose de la puissance de l’Etat pour affirmer son Autorité et en user à son avantage. Il a donc les moyens financiers et Abdoulaye Wade, disqualifié par la Constitution du fait de son âge, a comme atouts ses douze ans de magistrature présidentielle et sa bonne connaissance du Droit, des arcanes politiques et des réalités sociales de son pays.

Pour affaiblir Me Wade, le Président Sall a utilisé sa 5e colonne au PDS, le parti de ce dernier, pour le fragiliser d’abord, l’éclater ensuite, diviser ses partisans et ses alliés politiques et sociaux. Ainsi, la transhumance, sous diverses formes, a pratiquement décapité toute la hiérarchie du PDS

Sans oublier la fréquentation quasi permanente du Président Sall auprès de toutes les autorités religieuses du pays afin d’y amoindrir le pouvoir d’influence de Me Wade acquis durant ces douze ans de magistère où il été très généreux en dons, largesses et prébendes à ces féodalités religieuses et coutumières.

Abdoulaye Wade, en politicien averti, sait qu’il faut toujours mettre la barre  très haut afin d’obtenir de l’adversaire quelque chose de significatif à défaut de victoire. Karim Wade est donc investi comme le seul candidat du PDS,  mais son père est conscient que l’armature électorale sénégalaise ne lui laisse aucune chance de participer,  ni de gagner  cette élection

Ainsi, Macky Sall devrait payer un lourd tribut c’est-à-dire un prix fort à Me Wade pour obtenir de lui un arrangement politique pouvant sauver le pays de troubles sociaux et permettre la tenue d’une élection apaisée.

Dans cette tactique de Wade, les candidatures de Bougane Gueye Dany, Haguibou Soumaré, Boubacar Camara, Pape Diop, Idrissa Seck et autres n’ont comme but que d’empêcher un fort taux d’abstention et de ratisser le plus large possible en ne laissant aucun wadiste, aucun karimiste, aucun anti-socialiste, aucun déçu de Macky Sall de rester en rade.  Le rapprochement avec Sonko s’inscrit dans cette même direction. A savoir récupérer les déçus du régime actuel et les opposants invétérés à tout régime en place.

Le leader du PDS sait qu’une faible participation au scrutin de février 2019 est le meilleur moyen de permettre à Macky Sall de gagner et donc de passer au premier tour sans fioritures.

Voilà pourquoi, le PDS s’empresse de collecter des signatures et s’achemine au dépôt de la candidature de Karim Wade. Si le Conseil Constitutionnel recale ce dernier et rejette sa candidature en fin janvier 2019, Me Wade brandira les signatures collectées pour affirmer que Karim fait peur parce qu’il vient de démontrer avec ses millions de signatures recueillies qu’il est majoritaire sur le terrain et abattra sa deuxième carte.

Cette dernière va tourner d’un juridisme mettant l’index sur la justice sénégalaise, l’Assemblée Nationale ainsi que l’Administration en charge des élections. La bataille d’opinion qui va suivre n’aura pour but que de chauffer l’opinion publique et d’attirer  la presse internationale sur le Sénégal en favorisant des marches, des manifestations, des dépôts de lettres et télégrammes de protestation auprès d’instances nationales et internationales et celles de la société civile pour dénoncer cette exclusion de Karim Wade des listes électorales.

Cela va permettre de tester la sérénité et l’autorité du Président Macky Sall qui devra veiller sur la paix civile et parvenir à organiser des élections à date due sans troubles.

A défaut la troisième carte de Me Wade sera de brandir, comme les trois jalons, sa dernière  arme : déclarer au Président Sall que son septennat a expiré et donc qu’il est au terme de son mandat. Ou alors cela devrait être, d’après ses calculs, l’intérim assuré par le Président de l’Assemblée Nationale ou la transition assurée par les structures désignées par consensus par les forces politiques, sociales, économiques et religieuses du pays.

Mais dans tous les cas de figures pour Me Wade, Macky Sall sortirait de la présidence.

Vaste programme !

Ce qu’il faut retenir est  que le Droit est une science sociale tandis que la géologie est encore à ranger dans la catégorie des sciences exactes.

 

Abdoulaye Bamba DIALLO

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