Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

EDITORIAL : L’Etat est-il en faillite !

Adjibou Soumaré, ancien Président de la commission de l’Uemoa a été le premier à sonner la charge. En substance, cet ancien Ministre du Budget et inspecteur du Trésor de formation, clamait que le budget public et l’économie nationale ne pouvaient soutenir le rythme actuel des dépenses de l’Etat ainsi que le train de vie soutenu par le gouvernement de Macky Sall.

 

Le Chef du bureau de la mission du Fonds Monétaire International, FMI, à Dakar, dans sa revue trimestrielle des indicateurs du Trésor public national et du budget de l’Etat du Sénégal, vient de révéler l’existence d’une véritable tension budgétaire et avoue son inquiétude quant à la baisse des recettes de l’Etat pour le mois de septembre dernier. Un écart important sur les recettes prévues et qui va entraîner un déficit de plus de cent cinquante milliards de francs CFA.

Pour un Etat fiscaliste, comme le Sénégal, vivant essentiellement des taxes et impôts collectés par la direction des impôts et des domaines en plus des recettes douanières à partir des taxes et recettes sur les produits d’importation opérées par le service national des Douanes, cela explique pour beaucoup cette frénésie de redressements, d’amendes et de majoration que ces deux régies financières font tomber sur toutes les entreprises privées et que le patronat dénonce sans cesse.

Au sein de l’Uemoa, le Sénégal est le deuxième pays sur le plan économique juste après la Côte d’Ivoire et au sein de la Cedeao, le Nigéria est largement en tête suivi de la Côte d’Ivoire et du Ghana. On peut bien donc croire que dans ses ambitieux objectifs d’arriver à l’émergence en 2035, le Président Macky Sall ait les yeux plus gros que son ventre. Aucun patriote conséquent ne  devrait lui reprocher cela, car la mondialisation oblige tous les pays à être compétitif économiquement d’où l’obligation de performances pour la création de richesses et de valeur ajoutée. On pourrait dire que la stratégie et la méthode utilisée par Macky Sall pour mettre son pays sur les rampes de l’émergence et faire partie des pays leaders de l’Uemoa, de la Cedeao, ne sont pas les meilleures ou pas adaptées à notre pays où la productivité fait souvent défaut, mais son « Keynésianisme » est une politique économique qui peut donner des résultats.  Ainsi, quand le Fmi rappelle que pour satisfaire aux critères de convergence de l’Uemoa, il ne faut pas que le Sénégal dépasse la barre de 3% de déficit budgétaire, cela me semble contestable et en le respectant,  nous ferons dans le minimalisme.

Un pays doit être orgueilleux sur tous les plans, défendre avec fierté (un soft power) et veiller à toujours mettre l’intérêt national avant toute autre chose. Ce n’est qu’ainsi que les pays du sud-est asiatiques qualifiés de dragons et référenciés comme les étalons de l’émergence y sont parvenus. De même au sein de l’Union Européenne, le débat qui oppose les Autorités de l’Union en liaison avec la techno structure de la commission de Bruxelles à certains pays comme l’Italie, la Pologne, la Hongrie ou la Tchéquie  sur le déficit public des Etats -nations ainsi que leur capacité d’endettement, pousse à réfléchir sur la défense de l’intérêt national dans le processus d’intégration et de fédéralisme.

De même, l’histoire récente montre que tous les pays, qui ont le plus accepté de passer sous les fourches caudines du Fmi et de la Banque mondiale avec les plans d’ajustements structurels, n’ont pas atteint un stade de développement escompté. Plutôt, ces pays ont traversé des faillites retentissantes avec effondrement économique, crises et révoltes populaires.

L’’Argentine, qui flirte à nouveau avec le Fmi, en est  l’exemple le plus récent et  patauge dans cette situation. En Europe, la Grèce, l’Irlande récemment sans oublier le Portugal, l’Italie et l’Espagne ont traversé les pires convulsions sociales du fait de l’acceptation et des applications des recettes des Autorités de Bruxelles.

Alors que les Etats-Unis, eux, se satisfont, aisément, des déficits de leur économie et que des pays comme la France et la Grande Bretagne n’ont aucune gêne à financer leur budget public par des emprunts obligataires frisant les 100% de leur budget public. 

Alors quelle serait la bonne option pour nous ?  Etre un bon élève du Fmi ? Ou oser nous endetter pour financer la modernisation du pays avec certes des grands travaux, mais aussi en optimisant l’industrie du savoir et l’économie nouvelle de l’informatique et d’Internet qui ont fait des « Gafa » les nouveaux champions de l’économie mondiale devant des firmes industrielles, de l’industrie automobile, de l’énergie (pétrole et gaz) et des industries extractives ?

 

Abdoulaye Bamba DIALLO

Partager

Une pensée sur “EDITORIAL : L’Etat est-il en faillite !

  • 11 novembre 2018 à 9 h 07 min
    Permalink

    Hey there would you mind sharing which blog platform you’re using? I’m looking to start my own blog in the near future but I’m having a difficult time selecting between BlogEngine/Wordpress/B2evolution and Drupal. The reason I ask is because your design seems different then most blogs and I’m looking for something completely unique. P.S Apologies for getting off-topic but I had to ask!

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *