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Le trafic d’armes alimente le terrorisme en Afrique

Selon le centre de recherche Small Arms Survey, plus de 30 millions d’armes légères circulent sur le continent. La plupart de ces armes proviennent de l’effondrement de la Libye et de certains ports d’Afrique de l’Ouest.

 

Des dizaines de millions d’armes légères circulent en Afrique subsaharienne, a indiqué Mathias Narvik, chercheur au centre de recherche Small Arms Survey, basé à Genève en Suisse.

Celui-ci intervenait à l’occasion d’une conférence organisée cette semaine à Abidjan et destinée à présenter les travaux de plus d’une année de recherche sur le trafic d’armes en Afrique de l’Ouest.

Mathias Narvik retrace les routes de ce trafic. « La sous-région connait différents circuits de trafics illicites d’armes. Dans la sous-région, il y a la partie de l’Afrique de l’ouest côtière qui est une porte d’entrée de certains biens illégaux, y compris les armes à feu. » 

Résultat de recherche d'images pour "armes afrique"Le chercheur reconnait que les fuites de stocks d’armes depuis la Lybie vers la ceinture centrale du Sahel ont énormément contribué au trafic d’armes. « Aujourd’hui, nous voyons aussi qu’il y a beaucoup de remise en circulation d’armes d’un conflit à l’autre, ou à l’intérieur d’un même conflit. Par exemple, avec des saisies d’armes effectuées par les forces de sécurité d’un pays qui ensuite sont utilisées par des groupes insurgés, ou qui sont utilisées ou vendues vers un autre groupe d’insurgés et ça continue à circuler. »

La perméabilité des frontières, facteur favorisant le trafic

L’effondrement de l’Etat libyen s’est soldé par la disparition de gigantesques stocks d’armes qui se sont retrouvés en partie en Afrique de l’Ouest après avoir traversé la Mauritanie, le Niger et le Mali. Ces armes ont alimenté les crises au Libéria, en Sierra-Leone et en Côte d’Ivoire.  La porosité des frontières contribue à ce trafic d’armes, explique Kouadio Yao, président de la Commission nationale chargée des armes légères et de petits calibres en Côte d’Ivoire.

« Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire fait partie des Etats qui subissent ces trafics illicites d’armes. Tout simplement parce que la Côte d’Ivoire fait partie de l’Afrique de l’ouest qui elle-même est une poudrière. N’oublions pas que nous avons connu des guerres civiles successives, les armes ont circulé à profusion et donc forcément la Côte d’Ivoire, qui elle-même a connu un conflit, connait un trafic assez dense de ces armes. »

Le président de la Commission nationale chargée des armes légères et de petits calibres en Côte d’Ivoire explique qu’il y a « aussi les armes qui arrivent des pays de la Caraïbe et qui suivent le même circuit que la drogue. Donc forcément, la Côte d’Ivoire subit aussi ces trafics illicites. Et puis lorsqu’un conflit est terminé, ces armes continuent de circuler. Cela est essentiellement dû à la porosité de nos frontières qu’on n’arrive pas à contrôler. »

Des armes de la Libye  se retrouvent en Côte d’Ivoire

Pour le commandant Boni Tano, sous-directeur de l’armement au ministère ivoirien de la Défense, les armes qui circulent sur le territoire ivoirien proviennent beaucoup plus de Libye que des opérations de désarmement réalisées dans le passé.

« Depuis la Libye, les armes qui sont descendues au Mali viennent trouver preneurs dans nos Etats. Donc cette insécurité ne doit pas forcément être imputée aux anciennes armes de nos hommes pour qui nous avons fait le DDR (démobilisation, désarmement et réinsertion). »

L’analyse des chemins empruntés par les trafics d’armes montre que ceux-ci suivent souvent les mêmes schémas que le trafic de stupéfiants ou de minéraux précieux sur le continent africain.

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