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CAN 2019 : Le Cameroun sera-t-il prêt à temps?

Du 15 juin au 13 juillet 2019, le Cameroun accueillera la 32ème édition de la CAN. D’ici là, le pays des Lions Indomptables aura deux problèmes majeurs à régler : les infrastructures, ainsi que la situation sécuritaire.

 

Voilà 47 ans que le Cameroun n’avait plus reçu la Coupe d’Afrique à la maison. La dernière fois, c’était en 1972; un tournoi qui avait été remporté par le Congo-Brazzaville. En 2019, le Cameroun, champion d’Afrique en titre, accueillera donc la plus prestigieuse des compétitions du continent.

Celle-ci se déroulera dans cinq villes : la capitale Yaoundé, mais aussi Douala, Bafoussam, Garoua, sans oublier Limbé, dans la région du Sud-Ouest. Dans toutes ces villes, il y a des infrastructures à rénover, voire même à construire. Si les travaux ont pris du retard, on se veut optimiste, comme le démontre Merlin Bodol Momha, chef de projet à Garoua (dans le nord du pays), qui s’occupe du chantier du stade d’entraînement de Reyré :

« Nous sommes au niveau du bloc infirmerie, et vous pouvez constater par vous-mêmes que le gros oeuvre est terminé. »

Stadion in Bafoussam in Kamerun (DW/D. Köpp)
Le stade de Bafoussam (Ouest) en travaux

 

La CAF n’a pas de « Plan B »

En août dernier, une commission de la Confédération Africaine de Football s’était rendue au Cameroun, pour constater l’avancée des travaux. Suite à sa visite, la commission avait déclaré qu’il y avait des « retards notables » dans les constructions : que ce soit au niveau des stades, mais aussi des hôtels ou encore des routes. Les rumeurs sont alors allées bon train : la CAF allait-elle retirer la compétition au Cameroun? Des rumeurs qu’Ahmad Ahmad, le président de l’instance dirigeante du football africain a fait taire lui-même au début du mois d’octobre, après une entrevue avec le président Paul Biya :

« La CAF n’a pas de Plan B. La CAF n’a jamais réfléchi à un retrait de la CAN au Cameroun. Et c’est au Cameroun de nous dire ce qu’il en est – ce n’est pas nous qui organisons. C’est le Cameroun qui accueille cette compétition. C’est le Cameroun qui pourra nous dire : ‘Nous sommes prêts’, ou alors ‘Donnez-nous du temps, car nous ne sommes pas prêts.’ Tout cela dépend du Cameroun. »

Ahmad Ahmad (Getty Images/AFP/Rijasolo)
Ahmad Ahmad, le président de la CAF, se veut optimiste quant à l’organisation de la CAF au Cameroun.

 

Une situation critique dans les provinces anglophones

Autre « chantier » en cours : celui de la sécurité. Depuis deux ans, la situation dans les provinces anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest s’est dégradée. Les populations fuient devant les violences, orchestrées par l’armée ainsi que par les rebelles. Une situation insoutenable, comme l’explique cette femme, qui travaille dans une plantation de bananes.

« Aujourd’hui, ils ont kidnappé sept travailleurs qui récoltent des bananes. Leurs familles étaient là, pas loin, elles ont pleuré et sont allées raconter à tout le monde le kidnapping. La peur règne partout. »

Les travaux, ainsi que la sécurité : les défis entourant la CAN 2019 sont de taille pour le président Paul Biya, qui, à 85 ans, vient d’être réélu pour un nouveau mandat de sept ans, le septième consécutif.

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