Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

Devise du Gouvernement de Boun Abdallah Dionne : On nous flatte, mais on ne nous critique pas!

Le Droit Administratif définit l’Etat comme un territoire sur lequel vit un certain nombre d’habitants et sur lesquels s’exerce une autorité politique.

 

L’exercice du pouvoir peut y être plus ou moins consensuel ou autoritaire, plus ou moins sain, mais jamais parfait. D’où la nécessité de gardes fous, de regards extérieurs, notamment d’ ONG, Société Civile, Cabinets d’ Audit qui, par leurs critiques, suggestions et remarques, contribuent à l’amélioration du fonctionnement de l ‘état et conséquemment à son développement.

Paradoxalement, au lieu de leur être réceptifs, quelle que soit leur sévérité, afin d’en extraire la quintessence, pour rectifier le tir et tendre vers l’excellence, ces critiques et suggestions suscitent de la part des ministres de Macky Sall, des réactions épidermiques, d’hystérie et de colère comme si c’étaient des insultes.

1• Le 15 aout 2018

L’ONG Amnesty International publie un rapport sur le Sénégal, intitulé « Des paroles non suivies d’Actes. »

Le Sénégal doit faire de l’équité des procès une priorité et immédiatement mettre un terme aux manœuvres d’intimidation et de harcèlement visant les dirigeants de l’opposition, ainsi qu’aux mesures de répression contre les dissidents, agissements qui ont pris de l’ampleur dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle de 2019.

La réaction outrée du gouvernement ne s’est pas fait attendre, par la voix de son ministre de la justice Ismaila Madior Fall : «Ce sont des accusations graves et erronées sur la situation des Droits de l’Homme au Sénégal. Ce rapport manque de méthodologie et n’est pas crédible, parce que notre pays s’illustre par sa vocation à respecter les droits. Un rapport sur le Sénégal ne peut être que laudateur parce que notre pays s’illustre par sa stabilité. L’autre singularité, c’est un pays de démocratie politique et sociale.»

2• Le jeudi 18 octobre 2018

L’ ONG Human Rights Watch publie un rapport intitulé « Ce n’est pas normal. Exploitation, Harcèlement et Abus dans les écoles secondaires au Sénégal. »

Certains enseignants abusent de leur position d’autorité en harcelant sexuellement les filles et en entretenant des relations sexuelles avec elles, un grand nombre d’entre elles ayant moins de 18 ans.

Les enseignants les attirent souvent avec la promesse d’argent, de bonnes notes, de la nourriture ou des biens matériels comme des téléphones portables et de nouveaux vêtements.

Cette fois, c’est Serigne Mbaye Thiam, le Ministre de l’Education Nationale qui se sent insulté et réagit le même jour: «Cette étude ne repose pas sur des bases scientifiques rigoureuses. Le Ministère de l’Education Nationale du Sénégal réfute formellement les conclusions auxquelles cette étude à abouti, tendant à faire croire que l’exploitation sexuelle, le harcèlement et les abus constituent une pratique généralisée et plus grave, rarement sanctionnée. Le ministère de l’éducation ne saurait accepter des allégations visant à diffuser des informations erronées et surtout à stigmatiser les enseignants.»

3• Le 30 octobre 2018

Table Ronde organisée par le Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives. Madame Aissatou Sophie Gladima, Ministre des Mines et de la Géologie, visiblement pas contente des critiques et suggestions de la Société Civile sur la gestion des Ressources Naturelles, explose :
« La Société Civile désinforme parce qu’elle n’a pas la technicité et n’est pas au même niveau d’information et de formation. Cette désinformation cause plus de problèmes même, que le contact entre les populations et les sociétés. Les gens parlent de choses qu’ils ne maitrisent pas. Maitriser les sujets qu’on discute, au lieu de créer de fausses informations qui créent plus de faux problèmes à régler que de vrais. »

4• Le Mardi 6 novembre 2018

Le Cabinet Grant Thomton publie, à l’occasion des Rencontres sur la Modernisation de l’administration Publique, les résultats de son étude sur la Transformation de l’action Publique au service de l’émergence du Sénégal.

Un de ses membres, Mansour Gaye, présente une Diapositive sur ce qu’il appelle un Pèlerinage en Estonie et dans laquelle il met en exergue les réussites de ce pays dans le domaine de l’administration, notamment le secteur de l’économie et de la digitalisation des procédures Administratives, et ceci comparativement au Sénégal.

Piqué au vif, le premier ministre Boun Abdallah Dionne qui présidait les rencontres entra dans une colère noire : «Il faut qu’on remette les choses dans leur contexte. Il faut se féliciter de la qualité de notre Administration. Il faut qu’on arrête de dire que nous avons une mauvaise Administration. Nous avons une excellente Administration. Il faut qu’on distingue le phénomène de l’épiphénomène. Peut-on comparer l’Estonie du Nigéria ? Il faut qu’on se pose aussi les bonnes questions pour trouver les bonnes réponses.»

Les membres du Gouvernement, Boun Abdallah Dionne en tête, semblent ainsi complètement réfractaires et allergiques aux critiques.

La virulence de leur réaction et leur constance dans la dénégation, révèlent plus leur insuffisance que leur aptitude à gouverner.

Serigne Mbacké Ndiaye.

Partager

Une pensée sur “Devise du Gouvernement de Boun Abdallah Dionne : On nous flatte, mais on ne nous critique pas!

  • 9 novembre 2018 à 16 h 16 min
    Permalink

    I am continually invstigating online for ideas that can facilitate me. Thank you!

Commentaires fermés.