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L’Education Nationale Cet abcès qu’aucun gouvernement n’ose crever

La poussière et l’odeur de renfermé générées par les trois mois de vacances scolaires n’ont pas encore fini d’être dissipées par l’air de la rentrée des classes, que les enseignants menacent déjà d’aller en grève.

 

Et nul n’a besoin de demander les raisons de cette nouvelle poussée d’adrénaline.

Elles reviennent tous les ans, répétées, radotées, ressassées, rabâchées, remâchées, ruminées, serinées, ergotées, ronronnées, à vous en donner la nausée : «L’état n’a pas respecté ses engagements de l’année dernière.»

Pendant que le président Macky Sall inaugure 6 nouveaux pavillons pouvant accueillir 4000 lits à l’ Université Cheikh Anta Diop, les repreneurs refusent d’ouvrir les restos, car l’État leur doit 6 milliards FCFA. Conséquences, le Campus Social reste fermé.
Khalifa Diagne, chef du département de la gestion des Cités Universitaires :
« Je préfère faire face à la revendication des étudiants, que d’ouvrir le Campus sans pouvoir assurer la restauration, l ‘entretien des pavillons et la prise en charge médicale des étudiants. »

Prévue pour le 2 octobre dernier, l’ouverture du Campus Social de l’Université de Saint Louis a été également reportée, et pour les mêmes raisons. L’indisponibilité des restaurants que les repreneurs refusent d’ouvrir car le Centre Régional des Œuvres Universitaires de Saint Louis leur doit prés de 2 milliards FCFA.

Les établissements privés refusent de reprendre les étudiants inscrits par l’état : ce dernier leur doit 16 milliards de FCFA.

L’éducation nationale au Sénégal est une litanie d’hiatus qu’il serait fastidieux, voire impossible d’égrener de façon exhaustive. Elle capitalise pourtant chaque année, une part léonine du Budget National : 352, 5 milliards FCFA en 2013, soit 6% du PIB, 377 milliards CFA en 2016, soit 6,87% du PIB et 402 milliards en 2017.

Alors que la moyenne en Afrique est de 4% du PIB, le Sénégal consacre 7% de son PIB à l’éducation nationale.

Pourquoi notre école n’arrive t-elle pas alors à sortir du bourbier, malgré les sacrifices colossaux consentis par l’état ?
Il faut d’abord voir où est drainée cette manne financière.

En 2013, 87% du Budget de l’éducation nationale furent consacrés au paiement des salaires et indemnités, 80% en 2016 et autant en 2017.
Autrement dit, seule une portion congrue de l’argent est consacrée à l’investissement. Il se pose donc un grave problème d’affectation et de répartition des ressources.

Vient ensuite un autre chapelet de questions et de problèmes:
– Faut-il recruter tous ceux qui sortent de l’école nationale supérieure et autres écoles de formation d’enseignants ?

– L’enseignement supérieur est-il un droit pour tous, quand on sait que les universités sont dans l’incapacité d’absorber tous ces milliers de nouveaux bacheliers, obligeant l’état à les drainer vers le privé, quitte à être dans l’impossibilité d’honorer ses engagements financiers ?

– La prolifération des universités et autres écoles de formation supérieure privées, qu’on voit maintenant à tout coin de rue.

– La pertinence des formations et des filières (Commerce International, Banque- Finances, Gestion des Ressources Humaines, Droit Maritime..) eu égard aux besoins du marché.

– Comment l’état peut-il permettre aux enseignants de cumuler plusieurs emplois, en donnant des cours dans plusieurs écoles, et souvent à la fois publiques et privées en sachant que ce sera au détriment de la qualité ?

Autant de problématiques qui expliquent la déliquescence de notre système éducatif et qui interpellent de façon cruciale, mais qu’aucun ministre n’a jamais osé attaquer courageusement et frontalement. Des questions qu’on préfère esquiver en gérant les affaires courantes avec plus ou moins de bonheur, et en réservant la patate chaude à son successeur.

Serigne Mbacké Ndiaye

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