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Invité sur France 24 Le président Macky Sall jette la CEDEAO, l’ONU ET Amnesty International à la poubelle

Tout avait pourtant si bien commencé. Répondant aux questions du journaliste Marc Perelman, le président Macky Sall, d’un calme olympien, s’est épanché sur le triste sort qui frappe le Mali et le Burkina Faso, gangrénés par le terrorisme. Appelant même la communauté internationale à faire preuve de plus de solidarité financière pour soulager ces deux pauvres pays de la pression que la lutte contre la mouvance Djihadiste exerce sur leur faible économie.

Cependant, quand il s’est agi de parler de son propre pays le Sénégal, l’atmosphère se chargea tout d’un coup d’électricité. Macky Sall se crispa, et un sourire à la fois goguenard et un tantinet narquois, peignit le visage du journaliste.

« Il y a une élection dans votre pays. Beaucoup d’observateurs affirment qu’elle a déjà été verrouillée, parce que vos principaux adversaires, Karim Wade et Khalifa Sall auraient déjà été éliminés par votre volonté. »

L’attaque est directe et frontale. Surtout, elle fait mouche.

« Ça, c’est vous qui le dites. » Se défend maladroitement le président Sénégalais, avant de retrouver son allant : « Le Sénégal est une démocratie qui ne date pas de ma présence à la tête de l’État. C ‘est connu, nous avons une justice qui est certes perfectible, comme toutes les justices du monde, mais nous avons une justice responsable. Pourquoi voulez-vous, lorsqu’il s’agit de l’Afrique, chaque fois que la justice se prononce, vous dites que c’est la volonté du président de la république ? »

Le ton monte. L’irritation du président est maintenant manifeste.

Finis, le ton courtois et les échanges de bons procédés.

Le journaliste veut placer un mot :
« Monsieur le président de la république… »

Macky l’arrête : « Je termine. J’ai vu ici en France, lorsque les gens étaient en pleine campagne, des candidats qui ont été mis en examen. Ça ne choque personne. On ne dit pas pour autant que la justice Française est sous le couvert des politiques. »

Marc Perelman lève une nouvelle fois la main pour demander la parole. Peine perdue. Macky Sall poursuit sa harangue : « Je ne peux pas, moi, accepter ce genre d’arguments. Personne n’a été éliminé volontairement. La preuve, il y a 100 et quelques candidats déclarés qui ont retiré leurs dossiers. Ils seront candidats, s’ils remplissent les critères. »

Profitant d’un moment de répit providentiel, le journaliste glisse une question : « Monsieur le président, vous savez que le Sénégal a été critiqué par l’ONU et par la Cour de justice de la CEDEAO.. . »

Malheureusement, il ne terminera pas sa phrase, le président Sall l’interrompt, agacé.
« L’ONU n’a jamais critiqué le Sénégal, je suis désolé. L ‘ ONU, c’est des institutions. Vous me direz l’ Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité… »

« Le Groupe de Travail », précise le journaliste.

Le président Macky Sall balaie cette institution Onusienne d’un revers de main : « Les Groupes de Travail, y ‘ en a dans tous les secteurs. Ça va dans tous les sens. »

« La Cour de justice de la CEDEAO » propose alors Marc Perelman.

Sans plus de succès.

« La Cour de justice de la CEDEAO n’a jamais condamné le Sénégal. Je suis désolé. Les gens prennent des arrêts, ils prennent les aspects qui les intéressent. La Cour de justice de la CEDEAO n’a pas condamné le Sénégal, encore une fois, sur ce dossier. Il y a beaucoup d’amalgames et de confusions »

Marc Perelman abattit alors son argument massue : « Les Organisations Internationales des Droits de l’Homme affirment que le Sénégal doit faire des procès équitables et mettre immédiatement un terme, je cite Amnesty International, aux manœuvres d’intimidation et de harcèlement des dirigeants de l’opposition. »

Macky esquive et contre-attaque : « Amnesty International gagnerait d’abord à revoir le statut de ses représentants chez nous. Je respecte Amnesty, comme toutes les ONG qui luttent quotidiennement et vaillamment pour les Droits de l’Homme. Mais lorsque les représentants de ces Droits de l’Homme marchent avec l’opposition, vont voter lorsqu’il s’agit d’un référendum, dans le camp de l’opposition contre le pouvoir, ses avis n’ont aucun intérêt à mes yeux. Ils sont politisés. Ceux-là gagneraient à quitter les Organisations pour entrer dans l’opposition, et là on est à l’aise. Quelqu’un qui manifeste avec l’opposition ne peut pas me donner un avis de Société Civile ».

« Vous pensez gagner dés le premier tour ? » lui demande le Journaliste.

Le président Macky Sall, qui sent qu’il est enfin sorti de la zone de turbulence, retrouve sa sérénité et répond posément : « C’est mon objectif politique, très clairement, et bien sûr, je demanderais à tous ceux et à toutes celles qui veulent que cette expérience qui a démarré, puisse se poursuivre, de m’accorder leur confiance pour continuer ce combat. »

« Dés le premier tour ? » demande de nouveau Marc Perelman, incrédule.

« Dés le premier tour, bien sûr », répond le président Macky Sall, afin apaisé et imperturbable.

Serigne Mbacké Ndiaye

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