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Opposition et Société Civile : La danse à deux temps de Macky Sall

Est-ce le résultat de recommandations de dirigeants occidentaux, Français en tête, lors du sommet sur la paix à Paris, qui avait réuni le 11 novembre dernier, 85 chefs d’état et de gouvernement ? Toujours est-il que, le président Sénégalais, après des mois de bras de fer avec l’opposition, semble tout d’un coup vouloir lâcher du lest.

Après la probabilité d’une amnistie pour Khalifa Sall et Karim Wade, il vient d’accéder à l’une des principales exigences de l’opposition réunie autour du Front de Résistance Nationale.

Le ministre de l’intérieur, également chargé de l’organisation des élections, Aly Ngouille Ndiaye a invité les leaders de l’opposition à désigner des représentants pour une vérification du fichier électoral.

Message aussitôt reçu. Omar Sarr, l’un des ténors de cette opposition, et par ailleurs coordonnateur du Parti Démocratique Sénégalais, a dans un communiqué pris acte de l’ouverture :
« Le FRN prend acte de la décision du ministre en charge des élections de respecter la loi électorale, notamment l’article L 48, nonobstant son refus mainte fois réaffirmé de l’ appliquer jusqu’ à ce jour. Les partis du FRN vont par conséquent désigner dés vendredi leurs plénipotentiaires et se rendront la semaine prochaine à la DAF pour contrôler la tenue du fichier général des électeurs comme le stipule la loi. »

A moins que cette politique de dégel ne relève d’une stratégie politique : puisqu’il est impossible d’être sur tous les fronts, desserrer l’étau autour de l’opposition, pour mieux accentuer la pression sur la société civile.

Macky Sall : « Lorsque les représentants de ces droits de l’Homme marchent avec l’opposition, vont voter lorsqu’il s’agit de referendum dans le camp de l’opposition contre le pouvoir, ses avis n’ont aucun intérêt à mes yeux. Ils sont politisés. Quelqu’un qui manifeste avec l’opposition ne peut pas me donner un avis de société civil. »

Cette conjonction constante entre l’opposition et la société civile, qu’il assimile à une connexion contre sa personne, le Mouvement Y’en a Marre vient d’en faire les frais.

En effet Y’en a Marre a lancé un programme dénommé Parel (Tiens- toi prêt en Wolof), qui, à l’aide de caravanes, incite les populations à aller retirer leurs cartes d’électeur en vue des élections présidentielles du 24 février 2019.

Un programme qui doit rappeler de vieux souvenirs au candidat Macky Sall.

En effet, en 2011, ce même mouvement avait lancé Dass Fananal (Ma carte Mon arme) pour les mêmes objectifs : à travers des concerts populaires, des caravanes dans les quartiers populaires, inciter les citoyens et surtout les jeunes à retirer leurs cartes d’électeur pour « bouter le régime du président Abdoulaye Wade hors du pays.»

Y’en a marre avait ainsi beaucoup contribué à la chute en 2012 d’Abdoulaye Wade et à l’avènement de… Macky Sall.

Très proche du mouvement Y’en a marre avec qui il partageait les mêmes objectifs, à savoir la défaite de Wade, Macky savait qu’il leur devait beaucoup, au point qu’il n’avait pas hésité à leur proposer de le rejoindre pour diriger le pays.

Proposition refusée par les activistes qui avaient préféré rester dans la société civile et leur rôle de veille.

Aujourd’hui, l’histoire semble se répéter, à la différence prés que c’est Macky Sall qui se retrouve dans le rôle de cible.

Conscient de leur pouvoir de nuisance pour les avoir vus à l’œuvre, le candidat Macky Sall a donc décidé de prendre les devants, en les frappant là où il croit que cela fera mal : le portefeuille .

Après avoir servi des mises en demeure à leurs bailleurs de Fonds, Oxfam et Lead Afrique Francophone, Macky Sall vient de retirer son agrément à Lead Afrique Francophone. Cette ONG est priée de cesser ses activités au Sénégal.

Briser cette synergie Opposition- Société Civile qui avait été gagnante en 2012, tel semble être le nouveau challenge du candidat Macky Sall.

Serigne Mbacké Ndiaye

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