Mosquée

EDITORIAL : Une double peine

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Tel est pris qui croyait prendre. Le Président Macky Sall a adroitement évité le stratagème dans lequel certains passionnés et jusqu’au-boutistes de la religion voulaient l’enserrer et le faire tomber en le faisant passer comme l’empêcheur des prières en groupe dans les lieux de culte.

Dans notre charmant pays où la confusion est savamment entretenue par des obscurantistes et de piètres populistes, l’amalgame a été très simple à établir entre le respect des gestes barrière contre le coronavirus et l’interdiction de prières dans les lieux de culte. Certes, ce n’est pas qu’une différence de sens et de nuance que de distinguer le fait d’éviter les regroupements dans les lieux publics et la poursuite de ses dévotions cultuelles.

Des prières  que l’on peut pratiquer dans la sphère privée avec autant de ferveur et de religiosité que si l’on s’y adonnait dans les lieux publics.

Manifestement, la maestria que la Président Macky Sall a déployée depuis le début de cette crise sanitaire au Sénégal a fait voir rouge à ses détracteurs tapis dans les arcanes de la religion et les méandres de la politique qui ne s’attendaient pas à la popularité actuelle de ce dernier. 

Ainsi, si le Président n’a pas fait revenir l’Etat-providence il a tout de même instauré un Etat-solidaire et enclenché une régulation sociale pour aller au secours des citoyens ayant le plus besoin de compassion et d’assistance en ces périodes d’épreuves. Ce parcours, presque sans faute du Président Macky Sall, malgré son coût économique exorbitant pour les finances publiques, a donc fait voir rouge à ces boutefeux de la critique permanente et de la contestation facile.  Ces bons samaritains et justiciers de la foi avaient enfourché le cheval de la fermeture des lieux de culte pour se lancer au secours d’un Islam bafoué sous nos cieux et prendre la défense de talibés sevrés de fréquentation à la mosquée.

La décision prise par l’Autorité de lever l’interdiction portant sur les regroupements, entraînant de facto la possibilité de réouverture de tous les lieux publics y compris les lieux de culte, est un appel à la responsabilité de tous. Cela est une attestation que le locataire du palais est attentif et reste à l’écoute de ses populations et de  tous les bruits de la Cité. Ainsi, prend-il en compte toutes les variations de l’opinion publique dans ses actes de gouvernance publique. Au passage, les détracteurs de Macky Sall lui ont rendu un fier service avec cette agitation menée contre la fermeture des lieux de culte. La levée de ces interdictions lui permet d’éviter une colère sociale lourde de danger qui menaçait et dont les premiers bruits se faisaient entendre ça et là. On pourrait craindre un débordement avec ce semi confinement qui pèse si durement sur les bourses et revenus, sur des secteurs économiques comme l’informel, le transport, le commerce et l’agriculture qui se voyaient atteints de plein fouet par l’application stricte de cette riposte contre le coronavirus

Le Sénégal n’est pas un pays simple et facile et il n’est pas aisé de le gouverner. Cela est tout autant,  un art difficile pour les démagogues et les extrémistes d’y prospérer. Y avoir la fibre populiste et démagogue exige du talent comme en a tant  Ndiombor, le Pape du Sopi que malheureusement ces apprentis sorciers de l’agitation sociale ne possèdent pas. S’exercer autant à l’exégèse du Coran et des préceptes de la religion requiert l’érudition comme en possédait tant le défunt Al Makhtoum en plus d’une véritable maîtrise de la rhétorique. Et là aussi, les prêcheurs religieux qui s’illustrent le plus dans l’audiovisuel et les réseaux sociaux comme les paragons de la droiture islamique semblent en être grandement démunis pour le plus grand plaisir de leur détracteur principal Ahmed Khalifa Niasse qui est lui, un véritable exégète. 

Macky Sall vient de mettre ses contempteurs au pied du mur et les rend responsables des ravages et de la désolation que la contagion du coronavirus va faire subir aux populations et à l’économie du pays. Car le covid 19 n’en a pas encore fini sous nos cieux. Tant que le pic ne sera pas atteint, l’épidémie va sévir, prolongeant ainsi la désolation.

Ce n’est qu’avec la médecine et la raison que l’on pourra vaincre le covid-19 et non par la passion et la démagogie.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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