REMETTRE LES SÉNÉGALAIS SUR LES RAILS DE L’ÉTHIQUE ET DU PATRIOTISME

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L’heure d’une introspection collective autour des principes sacro-saints de respect et considération de la République a sonné.

«La spéculation des consciences collectives de toute une société les acheminant vers l’échafaud de la déchéance morale, est pire que celle foncière. Refusons de nous faire manipuler par les lobbies politiques, religieux et privés en nous assumant comme êtres pensants, donc responsables». 

Al-Hassan rapporte que l’Envoyé de Dieu – que Dieu lui accorde la Grâce et la Paix – a dit : « Lorsque Dieu veut du bien pour un peuple, Il confie ses affaires à des sages et place l’argent dans les mains des généreux. Et lorsque Dieu veut du mal à un peuple, Il confie ses affaires aux cyniques et place l’argent dans les mains des avares » (Abû Dâwud). Parmi les paroles de l’Imâm Ibn Taymiyya, il y a celle-ci qui atteste notre propos : « Il arrive que Dieu institue l’Etat juste même s’il est mécréant, de même qu’Il institue l’Etat tyrannique même s’il est musulman ». Ibn Abû Hâla disait : « Il gardait le silence pour quatre choses : par magnanimité, par prudence, par égard et par réflexion ».

Toutes les richesses de la vie d’ici-bas lui ont été offertes, mais il s’est détourné de leurs attraits et mourût en ayant son bouclier hypothéqué chez un juif en échange de dépenses en faveur des siens. Le Messager de Dieu (Paix sur lui) s’est exclamé par trois fois : « Par Dieu ! Il n’est pas croyant ! » On lui demanda de qui il s’agissait. Il expliqua : « Celui dont le voisin ne se sent pas à l’abri de sa nuisance ! » (Hadith rapporté par Boukhâri). Le Messager de Dieu a déclaré également : « Un noble caractère dissout les péchés de la même manière que l’eau fait se dégeler la glace ; et un mauvais caractère altère une action comme le vinaigre altère le miel ! » (Hadith rapporté par Al-Baïhaqi). Le vivre ensemble dans une communauté doit toujours obéir à des principes fondamentaux de convivialité et de respect mutuel pour raffermir davantage le bon voisinage.

REBÂTIR OU RÉINVENTER UN NOUVEAU TYPE DE CITOYEN SÉNÉGALAIS

Certaines valeurs humaines intrinsèques auront toujours caractérisé notre seul modèle et référence, le sceau des prophètes et la meilleure des créatures. Des valeurs auxquelles aucune créature ne pourra s’en approprier sans préalablement avoir consenti personnellement d’énormes efforts puisés à partir de sa seule foi. De ce fait, l’amélioration de l’âme est la pierre angulaire pour faire triompher le bien dans cette vie. Car, si les âmes ne s’améliorent pas, les horizons sont obscurcis et la discorde envahit le présent et l’avenir des hommes.

C’est pourquoi Dieu – qu’Il soit exalté – dit : « Dieu ne modifie rien en un peuple avant que celui-ci change ce qui est en lui. Quand Dieu veut un mal pour un peuple, nul ne peut le repousser : il n’y a pas pour lui de défenseur en dehors de Dieu » (Sourate Ar-Ra’d-Le tonnerre-verset:11). Pour justifier la perdition des peuples corrompus, Dieu dit : « Tel fut le sort des gens de Pharaon, et de ceux qui vécurent avant eux. Ils ne crurent pas aux signes de Dieu. Dieu les a saisis dans leurs péchés. Dieu est fort et terrible dans son châtiment. Il en est ainsi, parce que Dieu ne modifie pas un bienfait dont Il a gratifié un peuple avant que ce peuple change ce qui est en lui ». (Sourate Al-Anfâl-le Butin-versets:52-53).

Pour soigner l’âme, afin de l’améliorer, l’Islam la regarde sous deux angles : d’une part, il y a en elle une bonne disposition naturelle (fitra) qui aspire au bien, se réjouit de l’atteindre, s’attriste devant le mal et répugne à le commettre, et qui voit dans la vérité le prolongement de son existence et la solidité de sa vie ; d’autre part, elle renferme, à côté de ces aspects, des tendances pernicieuses qui l’éloignent de la bonne voie, lui inspirent de commettre des actes préjudiciables et la poussent vers le grand abîme. Dieu – Qu’Il soit exalté – a dit : « Par une âme ! Comme Il l’a bien modelée en lui inspirant son libertinage et sa piété. Heureux celui qui la purifie !

Mais celui qui la corrompt est perdu ! » (sourate Ash-Shams-Le Soleil-versets : 7-10).  Alors que ces prix glanés par-ci et par-là, des titres de champions du monde de lecture de coran emportés par des jeunes filles et garçons sénégalais ne soient pas l’arbre d’une minorité d’instruits en culture islamique et coranique qui cache la forêt de millions de sénégalaises et de sénégalais qui ignorent tout de leur religion. Ayons le courage de nous dire la vérité en acceptant et reconnaissant avec modestie toutes nos insuffisances dans ce domaine. Il nous reste encore beaucoup à faire dans la quête et la parfaite maîtrise des connaissances de ces piliers fondamentaux dans la régulation d’une société. L’Islam ne se limite pas à avoir un marabout, chanter les louanges de toute sa généalogie, de vanter ses miracles. Des miracles, rien que des miracles qui ne nous mèneront nulle part. 

Apprenons à mieux connaître Dieu et son prophète en nous appropriant exclusivement comme bréviaire le coran et les hadiths du prophète (Psl). J’ai tantôt évoqué dans une de mes contributions l’implication de nos guides spirituels pour soutenir la France, alors puissance coloniale, dans l’effort des guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945 en faisant don de leurs progénitures jusqu’au sacrifice suprême, de leur bien en nature et en argent, sans surtout oublier les crises économiques et financières. Ce qui m’aura surtout séduit dans leurs multiples démarches de l’époque, malgré leurs sommités spirituelles et leurs prestances temporelles avérées, c’est leur esprit civique, leur hauteur de vue, leurs capacités d’analyses et surtout leur degré de perception devant n’importe quelles situations auxquelles la communauté faisait à chaque fois face. Je louerai toujours leur esprit allant dans la démarche consensuelle, leur sens de responsabilité pour ces millions de fidèles dont Dieu avait placé leur vie entre leurs mains.

Des vies entières auront été épargnées grâce à leur intelligence et leur ouverture d’esprit jusqu’à réussir à fédérer les esprits et les cœurs naguère hostiles au pouvoir colonial. Alors il est indéniable de reconnaître le rôle de courroie de transmission que le pouvoir religieux aura joué pour assainir les rapports entre les autorités coloniales et les populations. Le pacte entre ces deux forces centrifuges (colons et marabouts) reposait sur deux conditions : le temporel aux colons et le spirituel aux marabouts. Ainsi la paix des braves venait d’être observée, signant et scellant définitivement le pacte de la relation de confiance et de respect mutuel entre autorités coloniales et le pouvoir maraboutique d’une part, et les bons rapports entre les guides religieux qui parlaient tous d’une même voix sous le contrôle exclusif de l’autorité coloniale. Tout le mérite revenait aux guides religieux d’obédiences confrériques différentes qui auront réussi à se défaire des pièges que les autorités coloniales leur auront toujours tendus pour uniquement se concentrer sur ce qui les préoccupait tant : l’adoration d’un même Dieu, le respect scrupuleux de la Sunna d’un même Prophète et l’éducation des fidèles. Certains passés douloureux et non fructueux chez leurs devanciers leur serviront d’expériences utiles. Une large symbiose de vue caractérisait tous les guides religieux de l’Afrique occidentale française (AOF) qui parlaient tous d’une même voix. 

Surtout dans l’interprétation et la perception du croissant lunaire pour célébrer les fêtes religieuses. Comment l’autorité coloniale a pu parvenir à dissuader les guides religieux à accepter d’un commun accord (les archives sont là), faire acte d’allégeance chaque période de l’année à l’autorité coloniale? Mais qu’est ce qui aura changé entretemps jusqu’à ce que l’autorité politique à partir de 1960 date de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale ne parvienne plus à contrôler le pouvoir confrérique qui continue à prendre en otage la République? 

INTRODUIRE LES ENSEIGNEMENTS CATHOLIQUES ET ISLAMIQUES DANS LES PROGRAMMES SCOLAIRES

« Dis-moi quels dirigeants tu as, je te dirai comment ta jeunesse sera». L’éducation est un pan très important chez la jeunesse d’un pays. Sans pour autant négliger d’autres secteurs dont la santé et la sécurité, l’éducation est la mère de tous les fondamentaux liés au développement d’un pays. Pour ne pas subir certaines conséquences malheureuses liées à un enseignement qui n’est ni contrôlé, ni suivi, ni accompagné, ni encadré, sans aucun suivi-évaluation; l’Etat a l’impératif devoir de souveraineté sur tous les programmes scolaires et universitaires.

Car, l’éducation, l’instruction et la formation demeurent des valeurs sûres, fondamentales pour booster l’élan économique d’un pays garantissant ainsi son niveau de développement.

Dès lors, les programmes scolaires devraient être renforcés ou revus à la baisse en éliminant des matières sans grande importance et puis introduire sans délai les enseignements catholiques, islamiques et l’instruction civique à partir de la maternelle, puis au primaire, et jusqu’en terminale avec de très forts coefficients pour motiver davantage les apprenants à mieux s’approprier les valeurs religieuses et civiques.

Une fois cette cohorte de jeunes, atteignant l’âge mature (18-20 ans) niveau du baccalauréat, déjà bien armés des valeurs comme la mansuétude, la décence et la modération,  seraient potentiellement aptes à conduire avec magnanimité les destinées du pays, de la manière la plus responsable, la plus patriotique, la plus digne qu’il soit. Ces nouveaux types de citoyens, déjà imbus des connaissances enseignées par l’islam et le christianisme sur l’éthique, le civisme, le respect de l’autre, le sens de l’honneur, le respect de la parole donnée, entre autres valeurs socio-économiques et socio-humaines, porteront très haut le flambeau d’une émergence tant rêvée vers l’horizon 2035 pour atteindre le niveau de pays avancé.

Ces jeunes, une fois arrivés à l’âge de la maturité devraient obligatoirement faire leur service militaire pour une durée de 24 mois dans les nombreux centres de formation d’instruction militaire érigés à travers le pays par les experts et personnels militaires d’encadrements. C’est à l’issue de leur durée légale qu’ils seront orientés dans leurs facultés respectives. 

RENDRE LE SERVICE MILITAIRE OBLIGATOIRE POUR TOUS LES SÉNÉGALAIS (filles et garçons)

Le service militaire obligatoire pour tous les jeunes sénégalais de toutes les couches sociales et sans exception,  âgés de 18 à 20 ans, filles comme garçons, médicalement aptes, serait la voix salutaire pour bâtir ce nouveau type de citoyen sénégalais tant rêvé d’ici l’horizon 2050. Exception faite aux élèves qui se seront particulièrement distingués au baccalauréat et au concours général avec des mentions « très bien » et « bien » et bénéficiant de bourses étrangères.

Il ne saurait y avoir d’appréhensions en termes de choix et d’urgence entre bâtir un nouveau citoyen sénégalais et entretenir un clientélisme politique. C’est plus qu’un impératif de rendre le service militaire obligatoire, un tel choix ne devrait souffrir d’aucune contrainte budgétaire liée à l’absence de fonds. Il suffira tout simplement de supprimer plusieurs institutions budgétivores puis réduire drastiquement les budgets alloués aux caisses noires de l’Assemblée nationale et de la présidence pour rendre ce projet hautement citoyen et patriotique possible et effectif.

Cette manne financière une fois réunie, pourrait servir à équiper les centres de formation et d’instruction déjà ciblés dans les régions de Tamba, Kédougou, Kaolack, Ziguinchor, Kolda, Louga, Matam et Sédhiou. Une formation qui durera six (06) mois où des modules sur l’instruction civique sur les notions de république, de nation, de peuple, d’Etat, patrie et civisme seront au cœur de la formation. À l’issue de cette formation, les bacheliers qui voudraient poursuivre une carrière militaire seront maintenus. Tandis que d’autres qui voudront poursuivre des études supérieures devront être soumis à des tests d’entrée et les autres qui ne seront pas retenus, vont être orientés dans les écoles de formation professionnelle ou iront faire des concours professionnels correspondant à leur niveau.

RÉPUBLIQUE : J’appelle donc république tout État régi par des lois (…) car alors seulement l’intérêt public gouverne, et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain (…) (En note) : Je n’entends pas seulement par ce mot une aristocratie ou une démocratie, mais en général tout gouvernement guidé par la volonté générale, qui est la loi (…) alors la monarchie elle-même est république. Forme de gouvernement où le pouvoir et la puissance ne sont pas détenus par un seul, et dans lequel la charge de chef de l’État (Président) n’est pas héréditaire; État ainsi gouverné.

NATION; Groupe* humain, généralement assez vaste, qui se caractérise par la conscience de son unité et la volonté de vivre en commun. En ce sens, il convient de distinguer la nation et l’État. « L’idée de Nation implique une idée de spontanéité; celle d’État, une idée d’organisation qui peut être plus ou moins artificielle. Une nation peut survivre, même lorsqu’elle est partagée entre plusieurs États; et un État peut comprendre plusieurs nations » (Cuvillier, Précis de philosophie, t. II, p. 395).

PEUPLE : Ensemble d’humains vivant en société, habitant un territoire défini (Habitant) ayant en commun un certain nombre de coutumes, d’institutions, et parfois, une communauté d’origine. Ensemble d’hommes qui, ayant même origine ethnique, même religion…, ont le sentiment d’appartenir à une communauté (bien qu’ils n’habitent pas le même territoire).

ÉTAT: Manière d’être (des hommes réunis en société). Autorité souveraine s’exerçant sur l’ensemble d’un peuple et d’un territoire déterminés. L’État est la personnification juridique d’une nation, consécutive à la centralisation politique, économique, juridique des éléments de la nation, réalisée en vue de la création du régime civil. M. Hauriou, Droit public, p. 304 (éd. de 1916).

PATRIE: Nation, communauté politique à laquelle on appartient ou à laquelle on a le sentiment d’appartenir; pays habité par cette communauté. La patrie est une société naturelle, ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif reste la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie. — la terre de ses pères — que l’on ne choisit son père et sa mère. Ch. Maurras, Mes idées politiques, La Patrie, p. 252.

CIVISME: Ce civisme (…) ce dévouement à la chose publique, en vertu desquels chacun, tout en revendiquant son quant-à-soi, estime devoir s’encadrer dans la communauté et collaborer à la vie sociale. André Siegfried, l’Âme des peuples, IV, ii, p. 96.

Pour conclure, je dirai que la seule urgence qui vaille est de faire porter les valeurs républicaines dans le subconscient des citoyens sénégalais, une démarche opportune pour la stabilité du pays. Une fois toutes ces étapes sur le processus d’apprentissage pour l’acquisition des notions d’éthique, à travers les enseignements religieux et du service militaire obligatoire, le pays pourra enfin se vanter d’avoir porté sur les fonts baptismaux à l’horizon 2050 un Sénégal vraiment émergent. Une fois cet objectif atteint, certains comportements indignes, avilissants comme la corruption, la concussion, le vol, chez les fonctionnaires en mission dans la circulation, dans les services aéroportuaires, portuaires, dans les frontières, dans les coins et recoins des services administratifs, dans les services privés, dans les mosquées et églises, dans les organisations associatives et culturelles, dans les hôpitaux, dans tous les secteurs économiques générant des fonds pour renflouer les caisses de l’Etat, disparaitront définitivement de toutes les sphères économiques, sociales, environnementales, culturelles et religieuses du pays. Ce qui nous réunit autour de la république, ne vaudrait-il pas mieux que ce qui nous divise? L’union sacrée autour de la république qui est une et indivisible serait la seule constante qui vaille. C’est un facteur d’équilibre social. Car le prophète de l’Islam nous l’aura recommandé dans un hadith : « Houbboul wattani minal imane » (aimer sa patrie est un acte de dévotion). L’heure de reconfigurer ou de désinstaller notre logiciel mental pour sauver le pays a vraiment sonné. 

Adjudant à la retraite Ndiapaly Gueye, journaliste indépendant  

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