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Jet privé et passeport diplomatique, la saga du retour au Mali de Rokia Traoré

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Malgré la fermeture des frontières pour cause de pandémie de coronavirus, l’artiste franco-malienne, sous contrôle judiciaire à Paris, est parvenue à rallier Bamako.

Il est 17 h 50 ce samedi 9 mai, à Bamako, quand un jet privé se pose sur l’une des pistes de l’aéroport international Modibo-Keïta-Sénou. Le bimoteur blanc avec de longues bandes rouges et grises sur le fuselage s’immobilise sur le tarmac brûlant de la capitale malienne. L’appareil, un Hawker 900XP immatriculé F-HFCS de la compagnie française Valljet, a décollé six heures plus tôt du Bourget, près de Paris, en dépit de la fermeture des frontières liée au coronavirus. A son bord a pris place la célèbre chanteuse et compositrice de nationalité malienne et française, Rokia Traoré.

L’artiste de 46 ans, visée par un mandat d’arrêt européen émis par un juge de Bruxelles, est pourtant sous contrôle judiciaire en France, interdite de quitter le territoire, dans l’attente d’une éventuelle extradition vers la Belgique.

La brume de chaleur qui flotte sur l’aéroport de Bamako ne dissipe pas les ennuis judiciaires de la diva de la musique malienne. Cette dernière risque jusqu’à cinq ans de prison pour avoir refusé de remettre sa fille de 5 ans à son père, le dramaturge belge Jan Goossens, directeur artistique du Festival de Marseille. Mme Traoré s’oppose à la garde alternée décidée en 2019 par la justice belge. Car elle accuse son ancien compagnon, contre lequel elle a porté plainte – classée sans suite en Belgique –, d’attouchements sexuels sur l’enfant qui vit avec elle au Mali.

A Bamako, son autre fils, âgé de 14 ans, se retrouve seul et son père, un citoyen français, avait décidé de le faire rapatrier. « En tant que mère, elle s’est retrouvée au cœur d’un double combat pour garder ses enfants. Elle a décidé de partir, qu’importe le prix à payer », explique un proche.

Rokia Traoré ne se considère pas en cavale. « Ce n’est pas du tout son genre et elle s’est toujours présentée aux convocations de la justice », insiste-t-on dans son entourage. C’est pourtant en toute discrétion qu’elle doit organiser son plan de départ de Paris, en jet privé.

La compagnie française Valljet, spécialisée dans les vols d’affaires à la demande avec un service sur mesure, semble capable de la transporter de l’aéroport de Paris-Le Bourget à Bamako. Selon des sites spécialisés, la location horaire d’un Hawker 900XP, un jet de taille moyenne, se négocie entre 3 600 euros et 4 000 euros, ce qui situe le voyage de Rokia Traoré à Bamako dans une fourchette de 22 000 euros à 24 000 euros, entièrement réglés, semble-t-il, par des amies. « Elle a bénéficié d’une incroyable chaîne de solidarité féminine », confient plusieurs de ses proches.

Le Monde 

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