LE FAIT DU JOUR – Après  « l’Africain qui  n’est pas assez  entré dans l’histoire » : Sarkozy dresse  un Wade «  cyclothymique et assez désorganisé dans sa pensée. »

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Sous ses airs de  petit gars surexcité,  l’ex président Français cache l’âme  sereine d’un intellectuel qui aime penser le monde. On a peine à y croire tant l’homme ressemble à une boule de feu, il a pourtant trouvé  les moyens de refréner ses ardeurs pour écrire  5 livres.  Nicolas Sarkozy  est certainement le chef d’état Français le plus brocardé en Afrique. Son intervention en Libye le 19 mars 2011  et  son fameux discours de Dakar  le 26 juillet 2007 sont passés par là. 

Plagiant  le philosophe Hegel qui estima que  l’Afrique n’a pas d’histoire, mais a plutôt subi l’histoire, Nicholas Sarkozy s’était  lancé  dans une tirade intellectuelle dont les ondes de choc se font encore sentir :

« Le drame de l’Afrique (…)  c’est que l’homme Africain  n’est pas assez entré dans l’histoire. (…) Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance (…) Dans cet imaginaire où tout recommence  toujours, il n’y a pas de place  ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès. »

Un discours  systémique qui aura marqué l’homme tant les secousses furent nombreuses et violentes sur le continent . 

Dans son dernier ouvrage ‘’ Le temps des tempêtes ‘’ Nicolas Sarkozy y revient d’ailleurs en dressant au passage le tableau du président de l’époque Abdoulaye Wade :

  « J’avais choisi Dakar pour son importance politique, économique, et symbolique. À l’époque, le Sénégal était présidé par une aussi étrange qu’intéressante personnalité, Abdoulaye Wade. Plus qu’étrange, en fait, l’homme était surtout paradoxal. Érudit, titulaire d’une agrégation d’économie obtenue sur les bancs de l’université française, et en même temps assez désorganisé dans sa pensée. Suivre une conversation avec lui exigeait un très grand effort de concentration. Gros travailleur, il pouvait être impressionnant lorsqu’il décrivait ses projets de développement, et en même temps complètement cyclothymique. Il lui arrivait de se renfrogner dans un mutisme complet comme de partir dans des colères homériques. Incontestable démocrate pour 90 % de son activité, il pouvait céder à une des pulsions de son tempérament et envoyer un de ses opposants en prison.

En résumé, le calme n’était pas son point fort et son imprévisibilité notoire nous faisait toujours redouter le pire. Je l’aimais bien cependant, car j’admirais ce très long parcours au service de son pays, et l’aspect ascétique de sa personnalité. Au fond, il n’aimait et ne vibrait que pour son travail. En cela, il était très loin du portrait caricatural du président africain aimant à jouir de toutes les bonnes choses de la vie. »

Serigne Mbacké Ndiaye 

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