Banque Mondiale : Riposte à la COVID-19, le point sur la situation et les enjeux à venir

Spread the love

Cela fait maintenant un an que la pandémie de COVID-19 a éclaté, entraînant son cortège d’urgences sanitaires et une crise économique planétaire. Un an que la pandémie répand la maladie et la mort, et qu’elle met en péril les moyens de subsistance, menaçant de plonger 150 millions de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté d’ici la fin de l’année. Et si le développement rapide des vaccins suscite des espoirs, nous savons que la pandémie continuera à dominer nos vies en 2021  et que nous sommes encore loin de la fin de cette crise. C’est pourquoi il est utile de faire le point sur la situation actuelle et de se pencher sur les prochaines étapes.

J’ai participé récemment à une table ronde, diffusée dans le cadre du Development Podcast (a) de la Banque mondiale, afin de dresser un premier bilan de nos avancées et d’aborder les difficultés rencontrées dans la lutte mondiale contre le coronavirus. J’aimerais partager ici quelques éléments de cette discussion.

Le Groupe de la Banque mondiale a tiré une leçon essentielle de la première phase de la riposte : notre action doit être rapide et décisive pour apporter un soutien massif à nos clients des pays en développement.  La Banque mondiale s’est attachée à relever ce défi au cours de l’année écoulée. Nos opérations, habituellement de l’ordre de 42 milliards de dollars par an, sont passées à 71 milliards de dollars en 2020. Celles déployées pour faire face à la COVID-19 ont atteint un montant de 25 milliards de dollars. Nous avons accéléré le soutien apporté par l’intermédiaire de l’IDA, le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, qui fonctionne sur un cycle de trois ans. Enfin, de nombreux projets existants ont été restructurés pour venir en appui des interventions de lutte contre la pandémie.

« Le Groupe de la Banque mondiale et de nombreuses autres organisations se sont engagés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que les nouveaux vaccins parviennent aux populations des pays en développement. »

Cependant, les besoins des pays à revenu faible et intermédiaire sont bien plus importants, au moment où ils sont aux prises avec la COVID et commencent à travailler à leur redressement. Les pays industrialisés ont dépensé jusqu’à 15 à 20 % de leur PIB pour financer des plans de relance, alors que pour les marchés émergents, ce montant est plutôt de 6 % et de moins de 2 % pour les pays les plus pauvres.  Pour accompagner ces pays à la hauteur de leurs besoins, le Groupe de la Banque mondiale devra mobiliser des ressources supplémentaires substantielles, notamment auprès de la communauté des donateurs.

Depuis mai 2020, nous aidons également les pays les plus pauvres dans le cadre de l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD), portée en collaboration avec le FMI et le G20. Cette initiative permet aux gouvernements de libérer des ressources conséquentes pour être mieux en mesure de combattre la pandémie tout en assurant le fonctionnement des autres services essentiels. Nous savons néanmoins que ce n’est qu’un début, car de nombreux créanciers — privés notamment — ne prennent pas part à l’ISSD.

L’initiative a mis en évidence une préoccupation plus fondamentale, à savoir que cette crise mondiale exige davantage de solidarité et d’interventions internationales. Étant donné que la pandémie touche tous les pays simultanément, le risque est grand que les plus riches se concentrent avant tout sur leur propre crise et leur propre relance. C’est compréhensible, car chaque gouvernement est responsable devant son peuple, mais cela accroît la probabilité que les pays les plus pauvres soient laissés de côté.

Les vaccins contre la COVID-19 sont un exemple clair de ce risque. Le Groupe de la Banque mondiale et de nombreuses autres organisations se sont engagés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que les nouveaux vaccins parviennent aux populations des pays en développement.  L’un des outils pour cela est le programme COVAX, un dispositif créé par la communauté internationale pour garantir un accès mondial équitable aux vaccins. Or, à ce stade initial, les pays industrialisés ont acheté la plus grande partie des doses, au détriment de l’approvisionnement des pays en développement.

Si la distribution de vaccins est aujourd’hui aussi pressante que l’urgence sanitaire elle-même, nous devons également faire face aux possibles conséquences à long terme de la pandémie pour les pays en développement.  À commencer par l’enjeu de l’éducation : la COVID empêche les enfants d’aller à l’école partout dans le monde et impose de passer à l’enseignement à distance, ce qui aggrave les inégalités pour ceux qui n’y ont pas accès. Cette situation pourrait durer deux ou même trois ans, et l’on sait déjà que moins d’élèves retournent en classe là où les écoles ont pu rouvrir leurs portes. Il n’est donc pas excessif de dire que le monde risque de sacrifier une génération entière, car les pertes d’apprentissage subies par les jeunes affecteront leurs revenus potentiels à long terme ainsi que la production économique pour les décennies à venir.

Face à des défis aussi colossaux, sur quoi le Groupe de la Banque mondiale et les pays partenaires doivent-ils concentrer leurs efforts à l’avenir ? Quelles sont les pistes les plus prometteuses pour une reprise durable ? Sur le long chemin qui les attend, les pays en développement ont la possibilité de tirer parti de cette phase de reconstruction pour penser autrement leur économie.  Ils peuvent ainsi mettre en place des politiques et des réformes qui élargissent la participation économique, qui s’appuient sur la technologie pour fournir des services essentiels plus efficaces et plus inclusifs, en particulier dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, et qui facilitent la collaboration entre secteurs public et privé au service des objectifs de développement. Les efforts de relance peuvent aussi renforcer les engagements des pays en matière de climat, avec à la clé davantage d’emplois dans des secteurs émergents, plus écologiques.

Les pays en développement sont les plus vulnérables face à cette crise mondiale, et ce sont eux qui auront le plus de mal à la surmonter. Le Groupe de la Banque mondiale reste déterminé à les aider à obtenir les ressources financières et le soutien international durable dont ils auront besoin. C’est un combat qui nous concerne tous, et je suis optimiste quant à la possibilité de voir une réelle amélioration dans de nombreux pays en 2021.

Source Banque Mondiale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *