LE FAIT DU JOUR – Le Fin, le Fautif et le Faussaire

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Ils se sont enfilés comme des déflagrations  de pétards  par une nuit de la Saint Sylvestre. Même si cette soirée du 14 février emmitouflée dans les oripeaux du couvre-feu et ambiancée par la funeste danse de la mort du virus n’avait rien de festive. Trois communiqués juste séparés les uns des autres par le temps qu’il a fallu pour les écrire ont  providentiellement  agrémenté la  maussade nuit de la Saint Valentin des internautes.

Le premier émane du président Abdoulaye Wade dont on sait qu’il ne passe jamais par quatre chemins pour sortir le fond de sa pensée. Donnant son avis sur les accusations de viol dont le leader de Pastef fait l’objet, il  écrit :

«J’ai le sentiment que SONKO a manqué de prudence et a été piégé. Apparemment, son inexpérience a été exploitée par un adversaire puissant et futé qui connaît ses faiblesses. »

Le second communiqué tombera moins d’une heure plus tard. Il est censé émaner du service de communication de Pastef :

 « C’est avec désolation que nous avons lu la déclaration de Abdoulaye Wade, secrétaire général du PDS . Nous avons le regret de constater que le président Wade accuse notre leader. Toutefois nous ne sommes nullement surpris par sa position car Me Wade n’a jamais aimé Sonko et cela ne date pas d’ aujourd’hui (…) et nous le soupçonnons d’être une pièce dans cette chaine de comploteurs dressés contre Sonko  politiquement plus méritant  que son fils Karim Wade en fuite au Qatar. »

La réponse du Berger à la Bergère de prime abord.

Un peu plus d’attention permet pourtant de constater que le tableau est plus faux qu’une vulgaire reproduction de la Joconde par un dessinateur de dimanche.

Autant dans le fond que  la forme. L’amateurisme qui suinte du  texte montre qu’il n’a pas été rédigé  par des communicants professionnels.

Sa grossièreté ne reflète pas non plus le respect que Sonko voue à Abdoulaye Wade. Si le communiqué  était de Pastef,  la phrasée aurait été différente  de celle-ci.

Elle aurait été plus vernie, plus lissée.

Par contre ces mots décrivent exactement le vil dessein  de celui qui a rédigé  le texte : voir les militants du  Pds et  de Pastef commencer une querelle de borne fontaine et se déchirer à coups de trivialités, de crudités et de malséance pour  s’en lécher les babines.

D’où la célérité  de Ousmane Sonko qui a tenu à circonscrire rapidement le feu avant que le mal ne soit fait :

« Le communiqué (…) daté ce jour et qui serait signé par l’ Administrateur Général du parti et dans lequel le président Abdoulaye  Wade  est cité est un Fake. Pastef condamne avec la dernière énergie cette campagne de manipulation visant à diviser l’opposition et alerte toutes les forces vives. » 

La quintessence de ses trois missives, reste toutefois la voix de l’expérience de celui qui sait de quoi il parle : « J’ai le sentiment que Sonko a manqué de prudence et a été piégé. »

En effet, même si on subodore  qu’il était de bonne foi, il y a d’autres lieux plus indiqués pour soulager ses douleurs lombaires qu’un salon de massage dont on sait que la majorité sont  des lupanars tenus par des péripatéticiennes plus aimantées par le lucre que soucieuses de la bonne moralité et de l’avenir d’un homme politique.

Serigne Mbacké Ndiaye

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