Joe Biden proclame le «retour» de l’Amérique et de l’alliance transatlantique

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Lors de son premier grand discours de politique étrangère devant ses partenaires européens ce vendredi 19 février, le président des États-Unis a affirmé son engagement envers l’alliance transatlantique, en accusant Moscou « d’attaquer » les démocraties occidentales.

En rupture avec son prédécesseur Donald Trump, Joe Biden avait promis dès son arrivée au pouvoir le « retour » de l’Amérique sur la scène internationale. Soucieux de restaurer les relations transatlantiques, il a participé ce vendredi au G7 puis, par visioconférence aux côtés de la chancelière allemande et Emmanuel Macron, à la Conférence de Munich, une rencontre annuelle réunissant chefs d’État, diplomates, et spécialistes de la sécurité.

« Je vous parle aujourd’hui comme président des États-Unis, au tout début de mon administration, et j’envoie un message clair au monde: l’Amérique est de retour. L’alliance transatlantique est de retour », a déclaré à cette occasion le 46e président américain depuis la Maison Blanche.

« Le partenariat entre l’Europe et les États-Unis doit, selon moi, rester la pierre angulaire de tout ce que nous espérons accomplir au XXIe siècle, a ajouté Joe Biden. Comme nous l’avons fait au XXe siècle. Donc, laissez-moi lever le moindre doute : les États-Unis vont travailler en étroite collaboration avec leurs partenaires européens, et avec les capitales à travers le continent, de Rome à Riga, pour relever tous les défis auxquels nous faisons face. Les États-Unis sont pleinement engagés au sein de L’Otan. Nous gardons la foi dans l’article 5. C’est une garantie. Une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre nous tous. Nous nous battrons pour nos valeurs communes. »

La Russie dans le collimateur

S’adressant aux partenaires européens parfois malmenés par les États-Unis sous Donald Trump, Joe Biden a aussi accusé la Russie « d’attaquer nos démocraties ». Le président russe Vladimir « Poutine cherche à affaiblir le projet européen et notre alliance de l’Otan. […] Il veut saboter l’unité transatlantique et notre détermination, parce qu’il est beaucoup plus facile pour le Kremlin d’intimider et de menacer des États seuls plutôt que de négocier avec une communauté transatlantique forte et unie », a déclaré Joe Biden.

L’ancien vice-président d’Obama a aussi estimé que dans « beaucoup trop d’endroits », y compris en Europe et aux États-Unis, l’avancée de la démocratie était « attaquée ». « Nous sommes au cœur d’un débat fondamental sur l’orientation future de notre monde. Entre ceux qui soutiennent que – étant donné tous les défis auxquels nous sommes confrontés – l’autocratie est la meilleure voie à suivre, et ceux qui comprennent que la démocratie est essentielle pour relever ces défis. »

Le démocrate a d’autre part réaffirmé son engagement dans la lutte contre le changement climatique, une « crise existentielle mondiale », et appelé à lutter contre les « abus économiques de la Chine ».

Les États-Unis doivent répondre aux « activités déstabilisatrices » de l’Iran au Moyen-Orient, a en outre lancé Joe Biden, sans les détailler. Le président américain a confirmé dans ce même discours la volonté de Washington de relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien en associant tous les pays signataires, y compris l’Iran.

Les alliés européens saluent « un nouveau chapitre »

Le discours de Joe Biden a été bien accueilli par ses alliés européens à commencer par la chancelière allemande qui a évoqué un nouveau chapitre dans la relation transatlantique. Angela Merkel s’est en effet réjouie d’un « multilatéralisme renforcé ». « Nos intérêts ne vont pas toujours converger, je ne me fais pas d’illusions. Il faut parler ouvertement de nos divergences. Mais nous partageons des valeurs communes notamment sur le fonctionnement de la démocratie », a déclaré la chancelière allemande. « Notre objectif ne doit pas être de créer des liens de dépendance avec d’autres pays mais nous devons les convaincre que notre mode de vie, que notre vision de la politique sont les plus pertinents. La perspective transatlantique est pour moi au cœur de cette démarche. »

Réunis auparavant en visioconférence, les chefs d’Etat et de gouvernement du G7 ont proclamé faire de 2021 « un tournant pour le multilatéralisme » après la fin de l’ère Trump. Mais pour les alliés des Etats-Unis, cela signifie également s’engager aux côtés de Washington dans une alliance résolue contre deux concurrents désignés : la Chine et la Russie, rappelle notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Pour l’Allemagne qui s’est battue pour qu’un accord d’investissement entre l’UE et la Chine soit conclu avant l’arrivée aux affaires de Joe Biden fin décembre ou défend le gazoduc germano-russe dénoncé par Washington, le coude-à-coude transatlantique salué par Berlin et Washington pourrait être incommode. Ça n’est peut-être pas un hasard si l’Allemagne à qui ses alliés reprochent régulièrement sa timidité lors d’interventions internationales difficiles a annoncé être prête à rester en Afghanistan.

L’Amérique de retour dans l’accord de Paris sur le climat

Ce vendredi était aussi le jour où les États Unis sont revenus officiellement au sein des accords de Paris sur le climat. Pour fêter ce retour des américains dans le cadre mondial de la lutte contre le réchauffement climatique, un apéritif a été organisé sur Zoom à Washington auxquels ont participé les principaux ambassadeurs européens, mais aussi des experts de l’environnement, et des négociateurs des accords de Paris.

John Kerry, l’envoyé spécial de l’administration américaine pour le climat, était présent, et il a prévenu : un long chemin reste à parcourir, et de grands défis restent à relever, notamment en vue du sommet mondial sur le climat qui aura lieu à Glasgow en novembre prochain. 

« J’aime beaucoup Paris et les accords de Paris, a ainsi déclaré John Kerry, mais ce n’est vraiment qu’un acompte de ce que nous devons faire à Glasgow, et nous le savons tous. Même si nous faisons tout ce que nous avions dit que nous ferions à Paris, et nous ne le faisons pas, cela ne suffira pas. En fait, nous avons déjà reçu des avertissements désastreux. Mais le côté positif, c’est qu’il y a tant de bonnes choses qui peuvent se produire si nous agissons correctement : un air pur, moins de cancers, moins de particules dans l’air, moins d’enfants asthmatiques, plus de sécurité, beaucoup plus d’emplois. La réalité, nous le savons tous, c’est qu’agir nous coûtera moins que de ne rien faire. C’est profondément vrai. Donc c’est le moment le plus important pour réunir des gens rationnels, pour nous mettre au travail et transformer ces vœux en réalité. »

Source Rfi 

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