LE FAIT DU JOUR – Affaire Sonko /Adja Sarr : Et Si le Secret de l’Instruction Portait Aussi Plainte pour viols répétés ?

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Au rythme auquel les auditions et analyse médicale se retrouvent dans les journaux, on se demande  pourquoi ne pas organiser les entretiens directement sur la place publique plutôt que dans les bureaux et en comité restreint justement pour sauvegarder leur caractère confidentiel.

Toutes les parties prenantes (officiers judiciaires, magistrats instructeurs et même avocats sont pourtant soumis au même devoir de réserve et de confidentialité symbolisé par l’expression : L’Affaire est pendante devant la justice.  

Ils ne doivent ni commenter ni révéler ce qui se dit concernant une affaire en cours.

L’ Imam Ndao s’en était d’ailleurs ému lors de son procès pour terrorisme : qui distillait dans les journaux les informations relatives  à son dossier pendant les 3 ans qu’a duré l’enquête le concernant ?

Des sources « judiciaires » ou « policières »  citées par les journaux qui faisaient état de ses champs transformés en terrains d’entrainement pour djihadistes ou d’importantes sommes d’argent et de cache d’armes retrouvées dans sa maison. 

Au point que l’opinion publique qui ne doutait plus de sa culpabilité, l’avait déjà condamné  bien avant son procès.

Toutes ces « informations »  distillées par la presse nationale et internationale se révéleront pourtant absolument fausses car l’Imam sera lavé de toute accusation  et acquitté des charges de terrorisme qui pesaient sur lui.

La loi est pourtant sans ambiguïté en l’espèce. 

A l’image de la charge de la preuve qui incombe à l’accusateur et du double degré de juridiction, le secret de l’instruction fait partie des principes généraux du droit.  

L’instruction est secrète, et ce secret  s’impose aux personnes qui y concourent : magistrats, greffiers, policiers, gendarmes.

Les avocats qui n’ y concourent pas ne sont pas concernés par le secret de l’instruction proprement dit, mais tenus par le secret professionnel dont le garant est  le bâtonnier de l’ordre des avocats.

Idem pour les spécialistes dont l’expertise est parfois requise pour la manifestation de la vérité.

Le secret médical interdit par exemple que les résultats d’une analyse  soient divulgués. Celles gynécologiques d’ Adja Sarr se sont pourtant retrouvées sur les réseaux sociaux.

Toutes ces règles édictées pour la bonne marche de la justice sont  allègrement violées dans l’affaire qui oppose Sonko et Adja Sarr.

Les avocats se répandent dans les médias, les dossiers médicaux se retrouvent sur la place publique et même ce qui s’est passé hier dans le secret du 8e cabinet  du juge d’instruction entre Adja Sarr et le juge Mamadou Seck nous ait conté par les journaux  dans les moindres détails.

Le seul viol prouvé dans cette affaire scabreuse, c’est celui du secret de l’instruction.

Serigne Mbacké Ndiaye

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