LE FAIT DU JOUR – Violés ou exploités sous couvert de la Religion : Le rendez-vous souvent manqué entre Dieu et les enfants

Spread the love

« Nous avons entendu la voix des personnes victimes, entendu leur nombre. Leur voix nous bouleverse, leur nombre nous accable. Il dépasse ce que nous pouvions supposer »,  suffoque le président de la Conférence des évêques Eric de Moulins-Beaufor

« L’avenir de l’Église en France se joue aujourd’hui. Si nous minimisons ce rapport de la Ciase, alors l’Église du Christ en France n’a plus d’avenir, sinon sous la forme d’une petite secte moralisatrice. » halète  l’archevêque de Strasbourg, Mgr Luc Ravel, 

Quant au Pape qui a exprimé sa douleur,  « ses pensées se tournent en premier lieu vers les victimes, avec un immense chagrin pour leurs blessures et gratitude pour leur courage de dénoncer. Elles se tournent aussi vers l’Eglise de France, afin que, ayant pris conscience de cette effroyable réalité, elle puisse entreprendre la voie de la rédemption »,  confesse  le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni. 

La nouvelle est en effet cataclysmique et ébranle L’Eglise Catholique jusque dans sa Cosmogonie.

Un Clergé  qui a manifesté  « jusqu’au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l’égard des victimes » de pédocriminalité,  selon  Jean-Marc Sauvé.

C’est pour mettre un terme à ce silence  qui devenait de plus en plus insupportable que l’Institution religieuse avait commandé un rapport sur un sujet plus que tabou : Les abus sexuels dont sont victimes les enfants de la part des hommes d’église.

Après deux ans et demi de travaux acharnés, Jean-Marc Sauvé a donc rendu son rapport ce 5 octobre 2021.

Et il n’est pas accablant, mais Apocalyptique.

Plus de 330 000 enfants  (dont plus de 85% de garçons) ont été abusés sexuellement par des hommes d’église depuis 1950 en France. 

Un chiffre  Astronomique pourtant bien en-deçà de la réalité si l’on compte  les victimes décédées entretemps ou qui n’ont pas témoigné.

La Pédocriminalité, un phénomène  qui n’est pas propre à la France mais mondial et qui gangrène l’Eglise depuis des décennies mais sur lequel la Hiérarchie continue de  jeter  un voile de pudeur, voire de complicité de corps pour ne pas éclabousser l’Institution.

Une Omerta que certains  hommes d’église tentent de justifier   par le secret de la confession  

Le secret de la confession « ne peut pas être opposé à l’obligation de dénoncer les atteintes graves sur des mineurs ou des personnes vulnérables, conformément au droit de la République », rétorque  Jean-Marc Sauvé.

Des prêtres qui ont  choisi de faire la sourde oreille devant les cris des enfants violés et abusés.

« La commission a longuement délibéré et elle est parvenue à une conclusion unanime : l’Eglise n’a pas su voir, n’a pas su entendre, n’a pas su capter les signaux faibles » devant un phénomène   «  au caractère systémique. »

En effet dit le rapport,   « les victimes ne sont pas crues, entendues, on considère qu’elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé »,

Le rapport Sauvé qui recommande de « réformer le droit de l’Église qui  n’a pas contribué comme il aurait pu, comme il aurait dû, au traitement approprié des violences des agressions sexuelles dans l’Église ».

En effet, le viol des enfants par les hommes d’église  était  jusque-là  puni par le chapitre 6 du droit Canonique : Tu ne commettras point l’Adultère.

Comme si abuser sexuellement d’un enfant relevait  de l’adultère.

Une maltraitance et une négation de l’humanité de l’enfant qui ne s’exerce  pas uniquement sous couvert de  l’Eglise, mais aussi de l’Islam.

  « Le versement journalier [fixé par le marabout] était de 500 francs CFA [0,90 dollar US]… Je n’aimais pas le daara parce qu’on nous frappait tout le temps – si on ne mémorisait pas les versets du Coran ou si on ne rapportait pas d’argent. Au daara, on se fait battre jusqu’à ce qu’on croie mourir. »

« Le versement était de 500 francs CFA, et de 550 CFA le vendredi [le jour saint des musulmans] », a-t-il indiqué. « Si on ne rapportait pas cet argent, le marabout nous fouettait avec un câble. C’est comme ça qu’une fois, j’ai été blessé au ventre. »

Ces deux  témoignages  recueillis par Human Right Watch  reflètent fidèlement l’enfer dans lequel se meuvent  les enfants Talibés au Sénégal.

Si les abus sexuels sont sans commune mesure avec les enfants de chœur ( ou autres ) dans l’église, la maltraitance physique et psychologique est leur lot quotidien.  

Déguenillés, vêtus de oripeaux, transis de froid en hiver   ou baignant dans leur sueur l’été, la peau sous une épaisse couche de saleté, ils arpentent les rues la peur dans le ventre. 

Obligation leur est en effet faite de rapporter au minimum 500 f par jour sous peine de sévices corporels  qui débouchent souvent sur une issue fatale, la mort.  

 « Tout le monde sait qu’il y a une souffrance énorme dans certains daaras. Il est temps que le gouvernement prenne des mesures concrètes pour protéger les enfants talibés et pour mettre fin aux abus. » s’offusque  Mamadou Wane, coordinateur de la PPDH.

Un appel qui a peu de chance d’être entendu.

Comme pour les prêtres Catholiques, les marabouts tortionnaires et esclavagistes bénéficient de la loi de l’Omerta et de la protection de la Hiérarchie religieuse.  

Les enfants  bénéficient pourtant d’une protection particulière  au Sénégal.

Ainsi  le Code pénal  stipule : « Quiconque aura volontairement fait des blessures ou porté des coups à un enfant au-dessous de l’âge de quinze ans accomplis, ou qui l’aura volontairement privé d’aliments ou de soins au point de compromettre sa santé ou qui aura commis à son encontre toute autre violence ou voie de fait, à l’exclusion des violences légères, sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 25.000 à 200.000 francs. 

Serigne Mbacke Ndiaye 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *