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Intégration régionale : la Communauté des Etats sahélo-sahariens ressuscitée à N’Djamena

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Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) se sont réunis en sommet extraordinaire ce samedi 13 avril à N’Djamena afin de redynamiser l’organisation d’intégration. En léthargie depuis la chute de Kadhafi, la CEN-SAD a par le passé servi à résoudre certains conflits et à promouvoir les investissements. Des défis sécuritaires et économiques plus que jamais ambiants dans le vaste espace que couvre l’organisation dont le siège vient d’être transféré de Tripoli à N’Djamena.

C’est la preuve de la longue léthargie dans laquelle la CEN-SAD est entrée depuis la chute de Kadhafi. La dernière fois que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation se sont réunis, remonte à 2013 et précisément dans la capitale tchadienne, ce qui a amplifié de fait la longue hibernation dans laquelle était plongée depuis belle lurette l’organisation dans une hibernation de longue durée. C’est la raison pour laquelle le sommet extraordinaire qui s’est tenu dans la capitale tchadienne a été placé sous le signe de la redynamisation des activités de cette organisation d’intégration économique.

Sur la vingtaine de membres que compte la CEN-SAD, près de 25 pays ont envoyé des délégations de haut niveau, mais seuls trois chefs d’Etat ont fait le déplacement chez le président tchadien Idriss Déby Itno, qui est l’hôte du sommet et président en exercice de l’organisation. Il s’agit des présidents Issoufou Mahamadou du Niger, Faure Eyadéma du Togo et Muhammadu Buhari du Nigeria. Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a également fait le déplacement de N’Djamena afin d’apporter le soutien de l’organisation continentale à la relance de la CEN-SAD.

Sommet de refondation

Dans le discours officiel d’ouverture du sommet, le président Déby a rappelé les missions assignées à l’organisation ainsi que la nécessité de revitaliser sur de nouvelles bases, la CEN-SAD. «La mise en œuvre de grands chantiers de la refondation de la CEN-SAD, exige un rythme accéléré des reformes en cours et une mobilisation conséquente des ressources», a plaidé Déby en ajoutant être persuadé que «cet objectif est à notre portée et que nous sommes tous décidés à l’atteindre ensemble».

Pour le président en exercice de la CEN-SAD, la refondation de cette organisation est devenue plus qu’une nécessité, une urgence, en raison notamment des défis sécuritaires qui assaillent la bande sahélo-saharienne mais aussi la persistance des conflits majeurs dans bon nombre de pays membres.

«Je nous invite tous à nous pencher sérieusement sur les voies et moyens durables à renforcer la dynamique de la paix et de la stabilité en liaison avec le développement durable à l’échelle de notre espace commun», a poursuivi le président tchadien avant d’ajouter que l’organisation a besoin «d’une véritable mutualisation de nos moyens et de nos énergies, dans un élan de solidarité et de complémentarité pour mieux affronter les graves défis communs de l’heure».

«Il est évident que sans la sécurité, la paix et la stabilité, il n’y a point de développement, ni de prospérité. Malheureusement, force est de constater que bon nombre de pays de l’espace sahélo-saharien sont en butte à la menace terroriste de plus en plus grandissante et à des trafics illicites en tous genres, sans compter les conflits armés. La situation qui prévaut actuellement dans certains pays de la CEDEAO et du Bassin du Lac-Tchad, ainsi qu’en Libye, constitue une source de grave préoccupation pour notre communauté et pour chacun de nos Etats», a estimé le président en exercice de la CEN-SAD, Idriss Deby.

Paix et sécurité

En plus de la refondation de l’organisation, le sommet se tient dans un contexte marqué par l’amplification des défis sécuritaires dans l’espace commun avec plusieurs foyers de conflits qui menacent la stabilité des pays membres et au-delà, du continent. «Ce Sommet se tient dans un contexte marqué par plusieurs défis au nombre desquels les menaces à la paix, à la sécurité et au développement durable», a souligné, en marge du sommet, le secrétaire général par intérim de l’organisation, Ibrahim Sani Abani.

En amont du conclave des chefs d’Etat, les experts et ministres des affaires étrangères des pays membres de la CEN-SAD ont balisé le terrain avec l’élaboration d’une feuille de route pour la relance des activités de l’organisation, la mise en place d’un nouveau secrétariat exécutif pour un travail en plein temps, l’évaluation de la situation financière de la CEN-SAD, ainsi que les éléments d’orientation qui ont été soumis au conseil exécutif de l’organisation.

Les chefs d’Etat se sont réunis à huis clos, peu après l’ouverture solennelle du Sommet, pour adopter les principales conclusions et au rang des décisions attendues, le nouveau siège de la CEN-SAD a été transféré de Tripoli à N’Djamena. Le secrétariat exécutif dans sa nouvelle version a été à nouveau confié au Niger pour quatre nouvelles années et un nouveau poste de secrétaire général adjoint a été créé et confié au Maroc.

La CEN-SAD a été créée le 4 février 1998 à la suite de la Conférence des leaders et chefs d’Etats qui s’est tenue à Tripoli (Libye). Elle a été reconnue comme l’une des communautés économiques régionales au cours de la 36e session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ex-Organisation de l’unité africaine (OUA) de juillet 2000 à Lomé au Togo. La CEN-SAD a également obtenu le statut d’observateur à l’Assemblée générale de l’ONU et vise comme principal objectif, la promotion de la paix et de la sécurité dans l’espace commun ainsi que le renforcement de l’intégration économique à travers la facilitation des échanges commerciaux et la promotion des investissements.

Par le passé, elle s’est montré efficace en matière de médiation et de résolution de plusieurs conflits comme c’est le cas au Tchad, au Soudan et au Darfour. De quoi conforter l’ambition des chefs d’Etat de lui rendre son lustre d’antan, même si certains pays de la zone rechignent toujours à l’intégrer comme c’est le cas de l’Algérie.

[ Liste des pays membres actuels de la CEN-SAD : le Bénin, le Burkina Faso, la République centrafricaine, le Tchad, la Côte d’Ivoire, Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, la Gambie, le Ghana, la Guinée Bissau, le Liberia, la Libye, le Mali, le Maroc, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Togo et la Tunisie.]

Avec Lta

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