La Chronique de Serigne Mbacké Ndiaye – Sabre d’El hadji Omar Tall : La France ne le restitue pas mais le prête au Sénégal

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Peut-être est-ce dû à l’enthousiasme de voir enfin cet objet inestimable de notre patrimoine culturel et historique revenir dans nos murs. En effet, ils ne sont pas nombreux à s’être interrogés sur les modalités de ce retour.

On s’est juste focalisé sur le « retour » du sabre, symbole de la résistance contre le colonisateur.

Chacun y est donc allé avec son mot : restitue, revient, rend…

La précision sémantique est pourtant d’une importance capitale, car en ce qui concerne le sabre, le différend reste entier : La France ne nous rend pas notre bien volé  après la défaite d’El hadji Omar Tall en 1893, et jusque-là exposé au musée des invalides… Elle  le prête  pour cinq ans au musée des civilisations noires de Dakar.

Un procédé très fréquent entre les musées du monde qui se prêtent des œuvres pour une durée plus ou moins longue.

Qui plus est, ce n’est pas la première fois que la France nous le prête, mais la troisième fois.

«  Le sabre d’El hadji Omar Tall. Cela fait la troisième fois qu’on nous le prête. C’est la troisième fois que la France nous prête ce qui nous appartient » se désole Hamady Bocoum, directeur du musée des civilisations noires.

Ce sont aujourd’hui 80 à 90% du patrimoine Africain qui serait en dehors de l’Afrique, dont une grande partie en France.

D’ailleurs un vaste mouvement dont l’objectif est d’exiger de la France la restitution de ces objets a vu le jour en Afrique depuis quelques années.

Le Bénin est à l’avant-garde de cette lutte. Son président Patrice Talon a créé le mercredi 12 septembre 2018 un comité d’experts chargé de travailler en synergie avec une équipe mise sur pieds par le président Français Emmanuel Macron sur les modalités de restitution des œuvres d’arts.

Seulement, le vote d’une loi est nécessaire  pour que le retour de ces objets volés par la France puisse être effectif. Ce qui est loin d’être gagné, car nombre de députés Français s’y opposent.

Certains estiment que ces œuvres  sont des trésors de guerre  et qu’elles appartiennent donc à la France alors que d’autres justifient leur refus par le fait que les états Africains soient  incapables de prendre soin des objets.

La bataille pour le retour définitif du sabre d’El hadji Omar Tall n’est donc pas encore gagnée.

Serigne Mbacké Ndiaye

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