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L’Algérie après Bouteflika

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Le Conseil constitutionnel algérien a entériné la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Maintenant, il faut songer à la transition.

La nouvelle de la démission d’Abdelaziz Bouteflika a été accueillie dans la liesse par les manifestants, descendus en masse, mardi soir, dans les rues pour fêter l’événement. Mais le départ du président qui a dirigé le pays pendant vingt ans laisse un vide qu’il va falloir désormais combler. 

La démission du président ne suffit pas

La vidéo diffusée par la télévision nationale, qui montre le président affaibli remettre sa démission au président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, tourne sur les réseaux sociaux. Le président du Conseil de la nation, la chambre haute du Parlement, était également présent. Celui-ci est censé assurer la transition jusqu’à l’organisation de la présidentielle, sous 90 jours : Abdelkader Bensalah.

Les scénarios envisagés par les manifestants

Mais pas sûr que cette démission suffise. Les manifestants veulent un changement profond. « Il y a un consensus clair sur la nécessité d’installer une présidence soit personnelle soit collégiale et un gouvernement de transition qui soit hors partis politiques et hors représentants du système, qui va gérer une période de transition et permettre l’installation d’une commission indépendante d’organisation des élections et aussi enclencher un débat national sur les étapes suivantes », explique Abdelmoumène Khalil, le secrétaire-général de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, également membre du Collectif des jeunes engagés pour l’Algérie.

Abdelkader Bensalah (picture-alliance/AA/Y. Gaidi)
Abdelkader Bensalah n’est pas le chef de la transition souhaité par la rue


« Là il y a débat : certains pensent qu’il faut aller à une élection présidentielle rapidement, d’autres pensent qu’il faut aller vers l’élection d’une assemblée constituante qui aurait la tâche d’élaborer la constitution d’une nouvelle république », poursuit-il. Abdelmoumène Khalil explique que le cadre constitutionnel actuel ne permet pas, selon les manifestants, d’envisager une réelle transition en-dehors du personnel politique au pouvoir ces vingt dernières années.

Selon lui, les manifestants appellent de leurs vœux une transition qui pourrait être dirigée par des intellectuels ou des membres de la société civile, représentatifs de l’ensemble de la population, y compris les Algériens qui ne sont pas organisés dans des structures politiques.
Tout va se jouer dans les prochains jours et les prochains mois…

Erneut Proteste in Algerien trotz Rücktrittsankündigung (picture-alliance/dpa/A. Belghoul)
Manifestations du 2 avril à Alger


Il va désormais falloir que les manifestants et leurs représentants dans les collectifs de la société civile parviennent à négocier avec le gouvernement sortant, pour une transition qui reste pacifique. 

Le géopolitologue Brahim Oumansour, associé à l’IRIS et spécialiste du Maghreb, ne croit pas à une résurgence des islamistes, dont les mouvements ont soit été interdits (comme le FIS), soit ont participé au soutien du régime Bouteflika. En revanche, le chercheur estime que le choix de la ou des personnes qui assumeront la transition sera déterminant pour la suite. « La maturité politique de la population algérienne l’immunise en quelque sorte des anciennes manipulations, elle ne va pas se laisser marginaliser encore – ça m’étonnerait », estime-t-il. « Et toute mesure dans le futur qui induira un sentiment de déception pourrait radicaliser les positions des Algériens, voire pousser à des dérapages. »

Une façon de mettre en garde tous ceux qui seraient tentés de récupérer la contestation populaire. D’ailleurs, la pression est maintenue et vendredi prochain, les Algériens sont de nouveau appelés à descendre dans la rue.

Avec Dw

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