Le banquet du partage et la bonne gouvernance

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Le Ministre français de l’Ecologie, François de Rugy, ancien Président de l’Assemblée Nationale, est en plein dans la tourmente. Accusé qu’il est  par le site « Médiapart » d’avoir succombé aux délices du pouvoir car ayant goulûment cédé à des excès gastronomiques et à des dépenses somptuaires lors de son passage à l’Assemblée Nationale.

Après l’affaire Benalla, toute la Macronie tremble à nouveau des conséquences que ces travers d’un ministre de la République pourraient susciter auprès de l’opinion publique française.

Il est à noter que les opinions publiques en Europe ne souffrent plus d’un excès ou d’un abus de pouvoir dont l’auteur serait un homme politique. Que ce soit en Suède, en Hollande, en Espagne ou en Allemagne et Italie, dans un passé récent, plusieurs pontes de la République (élus ou nommés) ont été contraints à la démission et à des remboursements pour avoir été accusés d’avoir confondu les biens publics avec leurs biens ou intérêts personnels.

Cette vigilance doublée d’une exigence de bonne gestion à la fois sobre et vertueuse n’épargne aucun dirigeant dans ces sociétés-là et les révélations de la presse suffisent  souvent à l’application  des premières mesures de correction comme la démission ou le remboursement de sommes indûment dépensées ou perçues avant même que l’action judiciaire ne soit déclenchée.

La démocratie d’opinion a ses exigences sous ces cieux et oblige tous les prétendants à la direction des affaires publiques à s’inscrire sur un code de conduite et une éthique de valeur.

L’afro-baromètre sur les indices de corruption sur le continent africain dont les données les plus récentes mettent à l’index au Sénégal la Police, la classe religieuse et le Gouvernement est un indicateur que nos sociétés en Afrique sont encore loin de la posture de celles  européennes.

La réplique que la présidente de l’Ofnac, Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, a faite à l’injonction du Procureur de la République Bassirou Gueye sur les dossiers du Coud est un cas de figure intéressant à noter tout comme les révélations que la presse nationale avait eu à faire déjà sur des dossiers comme ceux du Port Autonome de Dakar ou du Prodac.

Malgré les dysfonctionnements notés çà et là et les écarts de gestions relevés, rien n’avait suivi après les révélations de la presse de ces travers de gestion ou détournements subodorés.

D’autres cas similaires existent et entre les rapports de la Cour des Comptes, les audits  de gestion de l’Inspection Générale d’Etat, les délits douaniers ou fiscaux relevés par l’Administration des Impôts  et des Douanes sans compter la dilapidation des ressources par des Ministres, Hauts fonctionnaires ou élus locaux, il n’y a presque jamais de sanctions légales et coercitives.

Mieux ou pire, on assiste souvent à des jeux de chaise musicale et à des promotions au profit de ceux qui sont accusés de malversation comme si on les récompensait pour avoir réussi leur coup.

La mise en place de l’Ofnac et l’obligation de la déclaration de patrimoine à l’entrée comme à la sortie de certaines fonctions venues renforcer la Cour de Répression et de l’Enrichissement Illicite dans l’arsenal de répression contre la mauvaise gestion et les pratiques corruptrices apparaissent comme des mesures cosmétiques.

La République est encore une bonne fille pour tous ceux qui parviennent à obtenir des places influentes au sein de l’Etat et obtiennent une part du gâteau dans le cadre de l’accaparement des richesses publiques.

C’est la bamboula des « En hauts de en haut » au grand détriment des populations exclues à ce banquet du partage.

En Europe, cela n’est plus possible, ici cela a encore cours.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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