Le cri d’alarme du prix Nobel Denis Mukwege

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En recevant son prix Nobel de la paix, Denis Mukwege a appelé à ne plus ignorer les victimes de violences sexuelles et à sortir de l’indifférence face à cette tragédie à l’échelle planétaire.

 

« Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard. »

C’est en ces termes que Denis Mukwege, cet après-midi à Oslo, a appelé la planète à cesser d’ignorer les victimes de violences sexuelles en temps de conflit, estimant que la seule guerre qui vaille est celle qui consiste à « combattre l’indifférence ».

La joie à Bukavu

Même loin d’Oslo, où le prix a été remis au docteur Mukwege, les habitants de Bukavu en République démocratique du Congo (RDC), se sont mobilisés pour célébrer leur héros.

L’Eglise de Bukavu, aménagée pour suivre l’événement en direct sur grand écran, a fini par être trop petite pour contenir la foule. Si beaucoup se réjouissent de ce prix, il a une dimension encore plus particulière pour les patientes du docteur Mukwege, comme cette femme en fin de traitement à l’hôpital de Panzi et qui a préféré garder l’anonymat.

« Je suis infiniment reconnaissante à papa Mukwege pour ce qu’il a fait pour moi et je suis sûre que c’est le même sentiment pour toutes les autres femmes qui sont ici. Je souffrais dans mon corps nuit et jour mais dorénavant je me sens mieux et je remercie mon Dieu. Si je voyais à cet instant même le docteur Mukwege, je ne sais pas si je devrais me mettre à danser pour lui ou carrément le porter sur mon dos, tellement il m’a sauvé alors que je souffrais beaucoup. »

L’oeuvre de Mukwege

Malgré les crises répétitives et les conflits armés, Denis Mukwege n’a pas quitté sa ville. Il y a créé l’hôpital de Panzi à Bukavu.

L’hôpital, conçu à l’origine en 1999 pour permettre aux femmes d’accoucher dans de bonnes conditions, est devenu un centre d’accueil et de soins pour les nombreuses femmes victimes de viol, alors que le Kivu sombrait dans l’horreur de la deuxième guerre du Congo entre 1998 et 2003.

En ce mois crucial pour la RDC qui se prépare à tourner une page de son histoire avec l’élection présidentielle prévue le 23 décembre, les jurés du prix Nobel ont aussi récompensé une voix parmi les plus sévères envers le régime du président Joseph Kabila. Une voix davantage entendue à l’étranger que dans son propre pays.

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