LE FAIT DU JOUR – CFA, annonce d’une disparition certaine

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Le Président Patrice Talon du Bénin vient de lâcher le morceau. Les pays de l’Uemoa ont décidé de disposer pleinement de la totalité de leurs réserves de change jusque là domiciliées auprès du Trésor public français. L’heure de la disparition du franc CFA zone Afrique de l’Ouest a donc sonné.

Cette décision des Chefs d’Etat ouest-africains francophones tombe au moment où le projet de monnaie unique, l’Eco est annoncé pour 2020 à la CEDEAO. Elle est l’annonce d’un changement de cap pour une nouvelle orientation panafricaine des Autorités de l’Uemoa.

Les liens hégémoniques de la France qui  contrôle les pays francophones à travers un Franc CFA assujetti et sous contrôle de son Trésor public  commencent à céder et à rompre. Le combat d’économistes, de banquiers, de financiers, d’intellectuels et de mouvements comme Frap/France dégage, même si cela a été fait ici et là avec véhémence, ont beaucoup contribué à cette rupture des chaînes et barrières. Certes, ce n’est pas pour autant que le problème de la monnaie, instrument de souveraineté, est résolu.

Tout de même, près d’un demi siècle après l’ère des indépendances, cela était incongru, inadmissible et encore moins inacceptable que la France, ex-puissance coloniale continue à maintenir son magistère et à être la tutrice de la monnaie nationale de pays dits indépendants. Le début de  la fin d’un système de véritable protectorat.

Reprendre la main sur la gestion de nos avoirs extérieurs est une chose. Bâtir une nouvelle monnaie solide et parvenir à en faire une devise cotée auprès des monnaies de référence assurant toutes les transactions  financières et commerciales dans le commerce international est une autre paire de manche. D’autres facteurs et paramètres entrent en ligne de compte pour la fabrication d’une monnaie et sa bonne tenue afin qu’elle puisse être autant à la fois un instrument de souveraineté qu’un élément de compétitivité pour l’Economie (ou les économies) qui s’en sert.

L’Afrique dispose de toutes les intelligences et de toutes les compétences requises pour la fabrication et la gestion d’une monnaie. Néanmoins la monnaie seule ne saurait être une panacée et rendre une économie dynamique ou compétitive. Le Nigeria avec le Naira, le Ghana avec le Cédi, disposent de monnaies nationales et pourtant, cela n’en a pas fait pour autant des impulseurs de leurs économies.

Le nouveau cap indiqué par le Président Talon du Bénin atteste que les dirigeants politiques ont pris la bonne mesure de la situation et acceptent les réformes et les ruptures du legs colonial. Il reste au secteur économique et aux forces productives à se mettre à niveau . C’est par la compétitivité et l’augmentation de la productivité que la monnaie se pare de ses meilleurs atouts  et devient ainsi une devise.

Nhnews

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