LE FAIT DU JOUR – Choisi par Boughazelli pour le défendre, El hadji Diouf hésite : La patate serait-elle trop chaude ?

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il nourrit une grande appétence pour les dossiers à scandale et  sulfureux. Et  certainement pour être  en symbiose avec les cas qu’il défend,  son vocabulaire  est au diapason. Un langage dont la verdeur fait tache dans l’univers aseptisé des juristes.

« Il n’a aucune limite et la vulgarité  de ses sorties salit la profession »  se désole un de ses collègues.

Même témoignage de la part de ses  ex confrères députés : « Tu es vilaine, tu es sale ! Espèce d’ordure ! » Relatait  en 2017 la députée Aissata Diouf dans Jeune Afrique.

Mais El hadji Diouf n’en a cure des états d’âme de ses confrères : «  Je suis une arme non conventionnelle » se targue t-il.

Une arme qui rate parfois ses cibles.

Avocat du dictateur Yayah jammeh, il verra son client chassé du pouvoir le 21 janvier 2017 :

« Le mensonge l’a emporté sur la vérité. On ne jugeait  pas son régime mais un contentieux électoral et Yayah Jammeh avait parfaitement le droit de former un recours devant la cour suprême. »

Comme aimanté par le souffre, il a également défendu  le Tchadien Hisséne Habré avant de se brouiller avec lui.

Ce dernier sera condamné le 17 avril 2017 à la prison à perpétuité pour crime contre l’humanité.

Il est également choisi par  Franck Timis  impliqué dans l ‘ affaire Aliou Sall et la  BBC pour défendre ses intérêts.

« Lorsqu’un dossier a un potentiel médiatique, il finit toujours par s’en mêler »  ironise une de ses consoeurs  toujours dans Jeune Afrique.

En effet, maitre El hadji Diouf  adore  les cas,   sinon désespérés, tout au moins impopulaires, honnis par l’opinion publique, donc médiatisés.

Les pluies d’injures   qui se sont abattues sur lui depuis qu’il a pris la défense de Mamour Diallo  ex  Dg des Impôts et Domaines  ne l’ont point refroidi.

Elles semblaient même avoir ruisselé sur sa carapace d’indifférence :

Alors qu’il déposait  ce 14 octobre 2019 la plainte de ce dernier contre Ousmane Sonko qui l’accuse d’avoir détourné 94 milliards F CFA, l’avocat est accueilli  au tribunal de Dakar par des hués :

« Maitre Diouf violeur ! Maitre Diouf  violeur !  « 

Relevant le défi, le truculent El hadji Diouf fait face à ses pourfendeurs :

« Ils avaient juré sous tous les cieux que Me Diouf ne déposera jamais  de plainte. Aujourd’hui j’ai déposé la plainte. C’est une honte pour eux.  Ils sont morts. Morts de honte. Quelle indignité ! May Elhadji Diouf. Kouma saga ma saga sa Ndeye. Ils sont venus pour saboter ma plainte parce qu’ils n’ont pas d’arguments. On demandera l’emprisonnement des menteurs et de Ousmane Sonko »

Point de surprise donc que le député Boughazelli impliqué dans un vaste réseau de trafic de faux billets et sur qui on aurait retrouvé pour 32 milliards de faux billets en euros ait pensé à lui.

Interpelé  ce jeudi 14 novembre 2019 par la section de recherche de la gendarmerie, Boughazelli a cité El hadji Diouf comme avocat.

Connu pour sa hargne et sa fougue, l’avocat  a paradoxalement opté cette fois pour la prudence :

« Il m a contacté, mais on ne s’est pas encore vus pour que je me prononce sur ce dossier. Il veut que je me constitue, mais moi je ne me suis pas encore engagé. Je ne peux donc rien savoir de ce qui se passe. Il m ‘ a choisi, mais c’est moi qui décide » a t-il confié à nos confères Le Quotidien.

Etrillé sur les réseaux sociaux à cause de l’affaire des 94 milliards, en rajouter une couche avec celle de Boughazelli qui scandalise  déjà l’opinion,  serait en effet suicidaire pour l’avocat.

Si impétueux soit-il.

Serigne Mbacké Ndiaye

%d blogueurs aiment cette page :