LE FAIT DU JOUR – Invalidation de la candidature de Khalifa Sall et Karim Wade : La tache indélébile

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Rien  ne parviendra à effacer tant soit peu la tache que constitue le rejet de la candidature de Karim Wade et de Khalifa Sall lors des présidentielles de 2019. Ni le temps qui passe, encore moins une amnistie ou toute autre mesure apaisante ou de prétendue  demande sociale. Pour la bonne et simple raison que rien ne justifiait ces invalidations sinon le fait du prince.  

Les observations du Comité des droits de l’homme  de l’Onu publiées ce jeudi 7 octobre 2019 sur le 5e rapport périodique que le  Sénégal avait présenté les 14 et 15 octobre dernier à sa 127e session  à Genève  sont sans appel :

« Le Comité est à ce point préoccupé par la décision du conseil constitutionnel du 20 janvier 2019  invalidant la candidature des deux principaux opposants politiques Khalifa Sall et Karim Wade. »

Une invalidation contraire aux recommandations du Comité des droits de l’homme du 23 octobre 2018, alors que « l’article 98 de la constitution du Sénégal  consacre la primauté des traités internationaux sur la législation interne. »

Enfin une invalidation  qui verrouille  l’avenir politique de  Khalifa Sall et Karim Wade  en les empêchant d’être candidats lors des futures élections présidentielles  ou autres :

« Le Comité est à ce titre préoccupé par la décision du conseil constitutionnel du 20 janvier 2019  (…)  sans qu’une limite temporelle à la déchéance de leur droit d’être éligible  ait été prévue. »

C’est pourquoi le Comité demande à l’état du Sénégal de « mettre sa législation en conformité avec le Pacte et définir clairement  les catégories de condamnés se voyant privés de l’exercice de leurs droits politiques et la durée de la suspension des ces droits. » 

La question qui se pose maintenant est de savoir si l’état  fera preuve de sagesse en remettant Khalifa Sall et Karim Wade dans  leurs droits ou comme à l’accoutumé il nous sortira l’éternelle rengaine :

« Le Sénégal est un état souverain et le Comité des Droits de l’homme de l’Onu n’est pas une juridiction et que par conséquent, ses décisions  ne sont pas imposables. »

Serigne Mbacké Ndiaye 

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