LE FAIT DU JOUR – Le « Mouride Power »

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Depuis plusieurs années une grande interrogation et de profondes questions sont posées sur l’existence d’un vote mouride. Des analyses sont menées çà et là pour tenter de mesurer son impact ou son influence sur le corps électoral. Existe-t-il aussi dans les autres confréries ? 

Seulement ces questionnements ne masquent-ils pas la véritable nature de la question qu’il faudrait poser ?

 N’ y a-t-il pas plus que cela ?…

La confrérie mouride est une voie religieuse qui prend sa source dans le soufisme du vénérable Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké en plein cœur du Baol à la fin du 19e siècle et se propage vers les zones urbaines sous administration coloniale à partir des années 1900. Cette nouvelle tarikha promeut le respect des préceptes de l’Islam à travers les enseignements du saint Coran et les hadiths du Prophète Mohamed (PSL). « Borom Touba » insiste sur le fait que l’adoration à Allah, le seul Seigneur et Maître passe par la modélisation de son Prophète et Envoyé Mohamed (PSL) et convie à une ardeur et une vaillance pour le Travail qui seul libère et élève l’homme.

Le mouridisme  n’est donc pas un schisme, ni un mouvement réformateur ou réformiste comme l’est le  Wahhabisme.

A l’exemple des chiites en Perse (Iran d’aujourd’hui) et des autres musulmans non arabes de la planète, le mouridisme ne cède pas à l’arabité. Tels les Ismaéliens du Golfe indien ainsi que les musulmans du Caucase et de l’Asie centrale, les mourides font le distinguo entre l’Islam et l’arabéo-centrisme. Il semble être aisé, donc, de mieux appréhender,  comment cette communauté religieuse a pu partir du monde rural et se déployer au fil des années en passant par le commerce et l’entreprenariat pour devenir aujourd’hui une véritable force économique, financière de premier plan. Ce même schéma d’évolution s’observe avec les Chiites au Moyen-Orient, de même en Turquie avec la Démocratie musulmane de l’Acape qui refuse l’héritage d’un Islam laïc, legs de Kemal Ataturk.

Une croissance qui montre bien qu’un tel mouvement ne peut-être ou resté sous l’influence d’une autre force politique que celle de sa propre force.

Une nouvelle grande mosquée édifiée en plein centre de la capitale vient mettre en exergue la réalité de cette affirmation mouride symbolisant l’irrésistible marche d’une confrérie de la campagne à la capitale. Une nouvelle célébration du Grand Magal annuel qui est le plus grand rassemblement religieux musulman en Afrique noire va bientôt être commémorée à Touba, magnifiant le départ en exil rédempteur de Serigne Touba au Gabon.

L’édification d’une Université Cheikh Ahmadou Bamba est l’illustration de cette nouvelle frontière que les mourides se sont fixés pour la poursuite de leur expansion. Et tout cela ne vient-il pas s’insérer dans un schéma plus global et dont la Mosquée de Dakar et l’Université de Touba ne sont que des éléments fondateurs de ce puzzle ?

 Doit-on continuer à s’interroger sur la réalité d’un « Mourid power » ?

Nhnews

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