LE FAIT DU JOUR – Nomination du maire de Dakar par décret : Le Sophisme  de  Cheikh Diallo

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Décidément ça part dans tous les sens… En effet, le débat public  au Sénégal est un véritable capharnaüm où se  côtoient la pépite le toc, le top et le flop.  

Si ces cogitations  médiatiques et ces neurones en ébullition constituent  une véritable cure de jouvence dont le corps sociétal a besoin pour se régénérer et  se mettre à l’abri de la décrépitude qui  menace  toute société figée dans la pensée unique et le déni de l’altérité, il arrive qu’elles charrient  aussi des boules puantes qu’on se presse d’enterrer séance tenante.

En voici une : « Le maire de  la ville de Dakar ne doit pas être élu, mais nommé par décret présidentiel. Il faut une gestion municipale sous tutelle de l’état, en osmose avec le gouvernement au profit des Dakarois, ce pour éviter les conflits d’intérêt. »

Elle nous arrive tout droit de la matière grise du docteur Cheikh Diallo,  directeur de  l’école de l’art oratoire  de Dakar.

Son passage à la radio Rfm  ce dimanche fut  un nectar  en terme de rhétorique.

En ce sens il tient beaucoup du Sophisme qui enseigne l’art de l’éloquence au détriment du contenu  du discours dont la rigueur ne résiste pas à la raison.

On est ainsi enclin à invoquer aussi  cette pensée de  Cicéron  (homme politique Romain né le 3 janvier 106 avant Jésus Christ et qui fut le plus célèbre orateur de son temps :

«  Rien ne me semble plus beau que de pouvoir retenir l’attention des hommes assemblés, séduire les  intelligences, entrainer les volontés à son gré, en tout sens. »

Du présidium de l’Agora qu’est la Radio, notre orateur a semble t-il fait honneur à ces illustres rhétoriciens de l’époque Grecque et Romaine en  ce sens qu’il a pu retenir l’attention des hommes assemblés.

A la seule différence que   Cicéron  avait tenu à ajouter : « Quoi de plus agréable pour l’esprit et l’oreille qu’un discours tout paré, embelli par la sagesse des pensées et la noblesse de l’art oratoire. »

Si le discours de Cheikh Diallo fut beau, il fut tout aussi dépourvu de sagesse et n’a point séduit les intelligences et les volontés :

« C’est quoi cette proposition saugrenue de faire nommer le maire de Dakar par décret présidentiel ? Nous ne voulons pas de recul démocratique » s’offusque  Seydi Gassama directeur exécutif d’ Amnesty International.

«  Cheikh Diallo fait partie de ces intellectuels qui n’ont jamais  participé à la lutte du peuple pour acquérir sa souveraineté sur ses instituions. C’est pourquoi il ne peut pas comprendre que notre peuple a mis fin à la nomination des maires  des capitales régionales par décret  depuis 1996 » explique Ibrahima Séne du PIT.

Les Comices (assemblées qui expriment la volonté du peuple) ont donc  déjà tranché la question à travers l’un des plus grands acquis de la Plèbe (le bas peuple) qu’est la démocratie : Alea Jacta est (Ainsi soit-il).

Serigne Mbacké Ndiaye

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