LE FAIT (Le commentaire du jour) : Le temps du massacre

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La valse des prix qui a débuté depuis le lendemain de la présidentielle du 24 février dernier continue sa sarabande avec des hausses sur l’eau, l’électricité, le ciment et devrait se poursuivre sur la baguette de pain. C’est un hivernage torride et inflationniste qui occupe l’espace à défaut de l’arrivée des pluies.

En attendant le démarrage effectif de l’exploitation pétrolière et gazière qui devrait ouvrir une période de « Natangué », Macky Sall soumet son pays à un réajustement et impose une politique d’austérité à ses concitoyens. Il vient de décider la suppression de la moitié des agences existantes, soit près de 15 sur la trentaine beaucoup plus budgétivores et servant plus à caser des partisans politiques et sociaux qu’à autre chose.

Cette cure d’amaigrissement des Finances publiques s’accompagne d’un nouveau coup de ceinture contre les dépenses de téléphone de l’Administration centrale ainsi que la gestion du parc automobile de l’Etat.

Certainement, une manière pour le Président de donner le change et de faire croire que l’ajustement et la cure d’amaigrissement qu’il impose aux populations restent valables pour l’Etat, ses agents et leur train de vie.

Il n’est jamais bon de confondre la proie pour l’ombre et apparemment c’est cela qui semble s’imposer à Macky Sall et à ses politiques mises en application depuis son premier programme de campagne électorale avec le « Yoonu Yokkuté » jusqu’au PSE qui devait mettre le pays sur la courbe de croissance à deux chiffres menant à l’émergence.

Cela avait valu l’ouverture de plusieurs chantiers comme l’autoroute Illa Touba, le Train Express Régional, des programmes comme le PUDC, Promovilles, PUMA, la DER, la CMU et les Bourses familiales.

Beaucoup d’économistes s’interrogeaient sur la pertinence et l’efficacité des politiques économiques comme celle du PSE et de la pertinence de certains projets ou programmes comme le TER, le PUMA, la DER…

D’autres critiques encore plus acerbes stigmatisaient tous les projets  et chantiers  de Macky comme étant des gadgets politiques avec unique dessein d’être de la propagande pour les besoins d’une réélection et d’un second mandat à obtenir quel qu’en soit le prix.

C’est donc un atterrissage forcé et en toute urgence qui s’opère depuis la prestation de serment du Président de la République après sa victoire.

Le changement de cap s’était opéré brusquement avec l’introduction du « Fast Track » qui devait introduire, selon lui, plus d’efficacité et de rapidité dans les actions de son gouvernement.

Alors que tous les programmes issus du PSE comme le PUDC, le PUMA, la DER sans oublier les Grands projets comme le TER relevaient déjà d’une accélération de cadence et d’une obligation de rationalisation et d’efficacité.

C’est à croire, donc, que Macky Sall venait d’enterrer sans frais le PSE avec son adhésion à un « Fast Track » pour faire beaucoup mieux et plus efficacement en terme de rapidité.

Une certaine façon aussi de reconnaître que tout ce qui avait été élaboré et mis en application depuis sa première élection en 2012 et que le PSE avait redéfini et réorienté depuis 2014 n’avait pas répondu à ses attentes et avait échoué. Et qu’il fallait, donc, trouver autre chose et procéder autrement. D’où le « Fast Track ».

Cela occulte, néanmoins, la vraie racine  du mal et qui depuis 1960 avec l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale est le casse-tête contre son ambition à connaître un véritable développement.

A savoir, donc, nos politiques économiques élaborées  et mises en application sont-elles véritablement celles qui sont en mesure d’asseoir une efficacité et une rentabilité ? Procède-t-on à des évaluations pragmatiques, réalistes en enseignement véritables avant de les remplacer par des nouvelles ?

Après Senghor et Diouf, il y a eu les programmes d’ajustement structurel, avec Wade et la 1ère alternance, nous avons eu droit aux Grands projets et chantiers du Chef de l’Etat, sous Macky Sall avec la 2e alternance, ce fut d’abord le « Yoonu Yokkuté » puis le PSE. Pour quel résultat ?

En Afrique de l’Ouest, nous sommes derrière le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria et sommes toujours classés dans le peloton des pays à revenu intermédiaire. Et l’inflation vient encore de nous frapper à nouveau de plein fouet  avec ses hausses multiples se traduisant par une baisse de notre niveau de vie là où on nous promettait la croissance.

Abdoulaye Bamba DIALLO

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