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Le handicap Diouf

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De tous les chefs d’Etat du Sénégal Abdou Diouf est celui qui a bénéficié des plus larges soutiens de tous les segments de la société, mais c’est lui qui a condamné le Sénégal à devoir tripler ses efforts réels pour pouvoir tirer profit de ses potentialités réelles.

C’est le chef d’Etat le plus improductif de notre histoire.
Nous lui devons la difficulté de tous ses successeurs à réformer l’Etat en profondeur et à reprendre les ressources du sol en main, surtout s’ils sont incompétents comme son sosie.

Au lieu d’arbitrer et de trancher le conflit qui opposa refondateurs (Djiboistes pour la rupture) et rénovateurs (Tanoristes pour la continuité), comme Senghor le fit à sa faveur entre les technocrates libertaires et les « notables tribalistes », Diouf s’est défilé tout simplement en optant pour le plus facile: la continuité; quitte à cracher sur le règlement du parti et ses axiomes.

Au lieu de dire NON au programmes d’ajustements structurels il a dit OUI pour mal les mettre en oeuvre: ce qui importait pour le maintien de son pouvoir c’était de capter la rente de l’aide au développement au profit des technocrates gelés et des survivants indéboulonnables du senghorisme post-indépendance. Senghor n’a pas mal fait de s’avouer déçu (du moins, si l’on en croit ses talentueux biographes) par une si brillante pépite de l’ENFOM.

Le Sénégal a besoin aujourd’hui d’un anti-Diouf: un leader aussi compétent que Diouf, mais de loin plus visionnaire, plus « broussard » et plus patriote que lui, pas d’un romantique du Palais et d’un technocrate épicier du Pouvoir et obsédé par l’image qu’il donne plutôt que par les effets qu’il fait produire à l’Etat sur la condition humaine de ses compatriotes. Le handicap Diouf restera difficile à surmonter, tant le pays a sombré sous les brusqueries économiques et les fantaisies bureaucratiques du régime dioufiste. Notre capital humain n’est plus comparable à celui de meilleure qualité qui sortait de l’Université de Dakar et des fabriques de l’ENFOM et de l’ENAM.

Faudrait-il s’en réjouir, il ne reste plus grand chose de l’école dioufiste de l’Etat-réfrigéré. Les dernières herbes ploient progressivement sous l’effet de leur assèchement et de la rigueur du climat politique. A moins que, comme c’est souvent le cas en politique, les mauvaises habitudes et les pires passions n’aient glissé de génération en génération par la magie des unions et des aventures, par le hasard des rencontres et des accidents, par le pouvoir absolu du secret qui les enveloppe.

Avec magazineregards.com / Aboubakr Tandia

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