Le mépris!

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Les membres du groupe Nio Lank et leurs complices poursuivent leur tournée maléfique pour s’opposer à l’électrification du monde rural. Ils sont en train de jubiler parce qu’ils sont parvenus à enrôler le pape du Sopi, Abdoulaye Wade, pour ne pas le nommer. Ce qui était facile, car le vieux tombe dans les bras de tous ceux qui sont contre le régime de Macky Sall. Ils ont déjà dans leurs rangs les membres du FNR, à ne pas confondre avec le Fonds national de retraite, mais c’est le Front national de refus des opposants politiciens que nous avons rebaptisé Front négationniste des ruraux, comme ses membres s’opposent au… bien-être des ruraux.

Au village, on se demande où sont ceux que le peuple (pour ne pas dire nous, ruraux) a élu pour défendre ses intérêts à l’Assemblée nationale. En menant leur campagne électorale, tous ces futurs élus, majorité comme opposition, nous avaient promis de se battre pour nous aider à améliorer nos conditions de vie. Quand ils ont été élus ou réélus, ils se sont tous engagés à nous représenter et à nous défendre partout. Eux qui votent les lois, comment peuvent-ils être muets comme des carpes devant des coalitions de gens méchants qui refusent qu’on applique la loi sur l’octroi de 0,7% des recettes de la Senelec pour accélérer l’électrification du monde rural ? Cette loi devait être appliquée depuis 2016 ! Nous demandons au président de la République d’actionner les membres de sa majorité parlementaire afin qu’ils descendent sur le terrain pour expliquer les vrais enjeux de cette augmentation du prix de l’électricité.

On se rappelle encore cette décision du gouvernement du président Léopold Sédar Senghor, en 1964, de nationaliser les terres avec la loi sur le domaine national. C’était comme un séisme pour les populations qui, pendant des générations et des siècles, étaient propriétaires de ces terres. Un beau jour, l’Etat décide de s’approprier toutes ces terres. Pour faire avaler la pilule (qui devait être amère), Senghor avait demandé à tous les responsables politiques, surtout les ministres et les députés, de descendre dans les moindres coins et recoins du Sénégal pour expliquer cette loi dans nos langues nationales. C’était le branle-bas dans nos villes, villages, hameaux pour expliquer clairement les tenants et aboutissants du projet dans la langue nationale la plus parlée de chaque zone considérée. Pendant des semaines, sur les ondes de Radio Sénégal, la seule station radiophonique qui existait alors, ces envoyés spéciaux ont décortiqué la loi sous toutes ses formes. Les Pulaars au Fouta, les Diolas, Madingues et autres Balantes en Casamance, les Bambaras et Soninkés au Sénégal oriental, les Sérères dans le Sine, le Saloum et le Baol, et les Wolofs un peu partout.

Voilà la démarche pédagogique qu’il faut adopter chaque fois que de besoin pour que le peuple, le vrai, s’approprie la chose.

Quand j’ai eu vent de la tournée envisagée dans les régions par la responsable des femmes de l’Alliance pour la République, parti qui gouverne ce pays avec une coalition, je me suis dit que c’était là une contre-offensive pour aller soutenir les sœurs du monde rural. Mais de tout cela, rien du tout ! Et les jeunes cadres de l’APR lui ont emboîté le pays en organisant une conférence nationale dans un douillet hôtel de la place.

En fait au village nous ne sommes nullement surpris. Ils sont tous pareils aujourd’hui au pouvoir demain à l’opposition, rien ne change jamais dans le ciel des politiciens. Pourtant, ce serait une belle occasion, pour ces membres de la majorité présidentielle, de se rattraper pour montrer et démontrer le soutien du patron de l’APR avec ces multiples actions en leur direction. Les bourses familiales, qui sont encore décriées par l’opposition (comme toujours) pourraient servir d’exemple. Mais non ! On préfère se faire écouter des gens villes plut que de nous autres des villages.

De toutes les façons, nous restons vigilants et sommes en train de recenser tous les partis et politiciens qui s’opposent à notre entrée dans la modernité après près de 60 ans de souveraineté nationale et internationale. Les élections locales pointent à l’horizon et nous attendons… de cartes fermes tous ceux qui voudront nos suffrages !

Notre marche nationale pour soutenir la hausse du prix de l’électricité se précise et la date sera bientôt fixée. À cette marche nous appellerons tous ceux qui ont pour origine le monde rural. Je me demande si Dakar pourra contenir toute cette marée humaine. Suivez mon regard.

Cette manifestation de Nio Lank est venue confirmer ce que tout le monde murmurait. Il n’y a pas de société civile au Sénégal, mais des politiciens encagoulés et déguisés en militants de la société civile. Qui était le porte-parole ou directeur de campagne du leader de Pastef d’Ousmane Sonko pendant la dernière présidentielle ? Eh bien, c’était Guy Marius Sagna ! Vous voulez que ce monsieur soit de la société civile ? Une vraie société civile doit être équidistante de toutes les formations politiques. Dans ce pays, notre société civile autoproclamée pense qu’elle doit, pour être crédible, s’acoquiner avec les partis politiques… de l’opposition ! Prenez exemple, mesdames et messieurs, sur les Gilets jaunes en France, pays que nos politiciens prennent souvent en exemple pour parler de la bonne gouvernance démocratique. Ces Gilets jaunes, qui avaient une démarche citoyenne, ont été soutenus par les citoyens français. On pouvait le constater dans les différents reportages des chaînes de télévision où des passants apportaient de la nourriture et autres soutiens divers aux manifestants.

Mais ici, notre société civile tend la main pour récolter quelques sous (pour en faire quoi ?) auprès de citoyens qui tirent le diable par la queue. Et cette demande se fait en direct sur les ondes des radios de la place ! Mais de qui se moque-t-on ?

Je suggère à tous ces marcheurs, que je qualifie de bourgeois, d’organiser une marche à travers tous les villages du Sénégal qui n’ont pas accès à l’électricité s’ils sont de vrais défenseurs du peuple. Pas seulement le peuple des villes, mais le peuple dans son entièreté. Gageons qu’ils seront alors chassés comme des malpropres ! Ces marcheurs doivent toujours avoir à l’esprit qu’une Nation est constituée d’hommes et de femmes qui ont une commune volonté de vivre en commun dans une solidarité sans faille. Où est la solidarité dans cette affaire ? Les membres de Nio Lank et leurs complices n’ont que faire de cette solidarité avec le monde rural. À y regarder de près, on peut dire qu’ils méprisent ces populations, car ils pensent qu’elles n’ont pas droit au confort. Ils sont aidés dans cette posture par des journalistes qui sont dans le journalisme émotionnel au lieu d’un journalisme informationnel, la raison d’être de notre profession.

Abdou GNINGUE – Journaliste Citoyen du monde rural  Envoyé de mon iPhone

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