Oops! It appears that you have disabled your Javascript. In order for you to see this page as it is meant to appear, we ask that you please re-enable your Javascript!

Editorial : Le retour des mauvais démons

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La classe politique sénégalaise est incorrigible, car elle ne veut pas rompre avec ses mauvaises habitudes incrustées dans leurs mœurs depuis les années de lutte contre le pouvoir socialiste de Senghor à Diouf. Le pouvoir s’arcboute toujours sur des positions dominantes, d’abus et l’opposition, elle, se vautre toujours dans des postures rebelles et souvent insurrectionnelles.

Ainsi, selon qu’elle soit au pouvoir ou dans l’opposition, on constate pour s’en désoler que notre classe politique fait preuve d’une religion à géométrie variable sur les principes et les valeurs.

L’opposition, d’aujourd’hui, brûle ce qu’elle a adoré hier tandis que la majorité du moment adule ce qu’elle a brûlé hier.

Le résultat des courses, pour cette fois-ci, a abouti déjà à un véritable réchauffement de la situation politique avec l’application du parrainage citoyen qui, avec ses signatures exigées, a déjà congédié plus d’une dizaine de prétendants au fauteuil présidentiel, en plus de la condamnation de Khalifa Sall et l’exil de Karim Wade.

Ce premier tri de présélectionnés du parrainage ne garantit pas qu’au final des candidatures sérieuses, crédibles et plurielles feront face comme challengers ou alternatives au président sortant.

Le climat social et politique pré-électoral a déjà fait fortement monter la température et a chauffé à vif les nerfs de l’opposition. Manifestement, on peut craindre une période électorale mouvementée et violente comme en 1988 et 1993 avec du sang, de la sueur et des morts, car les esprits de nos politiciens cèdent plus à la passion qu’à la raison. Un triste spectacle que l’on pensait, à jamais, banni du Sénégal après les alternances de 2000 et 2012 avec les évictions d’Abdou Diouf et d’Abdoulaye Wade au second tour sans contentieux ni violence post électorale.

Ce second tour qui paraît, d’ailleurs, être la hantise de tous les candidats au fauteuil présidentiel, serait à la base de tous les excès, de toutes les surenchères et de tous les dérapages qui vicient l’atmosphère électorale.
Les adversaires de Macky Sall, le Président sortant, candidat à sa propre succession et recherchant un second et dernier mandat, le vouent aux gémonies et l’accusent de tous les péchés d’Israël car faisant preuve, selon eux, d’abus et d’autoritarisme avec une véritable débauche de moyens afin de passer, vaille que vaille, au premier tour car éprouvant une peur bleue du second tour qui a été fatal à Diouf et à Wade.

L’opposition, bien qu’éclatée, se rue dans tous les brancards et veut profiter de toutes les situations pour chercher la petite bête, augmenter la tension, faire monter le ressentiment et le mécontentement contre le tenant du titre en jetant du sable dans son couscous afin de cristallier, ainsi, un mécontentement populaire contre lui.
La stratégie de cette opposition se construit autour d’une pluralité de candidatures adverses à Macky Sall pour le contraindre ainsi à subir les affres d’un second tour comme Diouf et Wade.

Elle ne se voit des chances de succès possible qu’en cas de second tour avec la tactique de « tous contre un » pour ainsi faire mordre la poussière à Macky Sall.

Voilà pourquoi, dans le camp de l’opposition, certains appuient sur la branche de la perturbation sociale avec marche, grève et autres agit-prop pour faire monter la mayonnaise contre un régime qui, en sept (07) années de gouvernance, est soumis à l’usure du temps avec du mécontentement et du ressentiment auprès d’une partie de la population.

Ce pari de pyromane est dangereux pour la paix sociale et nuisible pour la stabilité du pays. Cela serait une honte nationale pour tous les Sénégalais que l’on connaisse des élections et une situation post électorale comme à Madagascar, au Congo Démocratique, au Togo, au Cameroun avec des contentieux et des scènes de violence refusant le verdict officiel des Institutions seules habilitées à proclamer et valider les élections.

Sans oublier que la situation, qui prévaut dans le Sahel auquel nous appartenons, fait que notre pays est entouré d’une véritable ceinture de feu de la Mauritanie, en Guinée Conakry, sans oublier ce qui prévaut au Mali, au Burkina, au Niger où le terrorisme islamiste est encore prégnant.

Une piste de solution pourrait être, pour nous alors, l’instauration d’un mandat unique ou la suppression du second tour en cas de maintien de deux mandats successifs.

Abdoulaye Bamba DIALLO