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Les  paysans et le déficit pluviométrique : L’angoisse aux tripes

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Les pluies qui  viennent de tomber sur Dakar et d’autres régions du Sénégal ce jeudi 22 aout 2019 sont décidemment salutaires. A condition qu’elles s’inscrivent dans le temps et l’espace, sinon les prochains mois seront très pénibles pour le monde rural et les Sénégalais en général.

Même si le déficit pluviométrique avait  été prédit par l’ Anocim, son impact ne semble pas  avoir été  amorti par des mesures anticipatives  suffisantes.

Le journal l’OBS qui a fait une plongée dans le monde rural constate  le même phénomène partout : Désolation, désolation, désolation.

Paroles de paysans ou d’éleveurs rencontrés sur leurs terres.

• Zone des Niayes : Mamadou Ndiaye, coordonnateur de l’union des maraichers des Niayes : « On n’a pas les quantités d’eau nécessaires pour irriguer les champs. Aujourd’hui, la nappe phréatique est presque  asséchée. Dans les champs de Notto Gouye Diam et une partie de la Zone de Darou  Khoudoss Mboro, les arbres fruitiers, notamment les manguiers sont morts à cause de la baisse de la nappe. »

• Kaolack, Ousmane Fall, paysan : « Dés la première pluie, j’ai semé de l’arachide, mais depuis lors, plus une goutte de pluie. Mes plants ont commencé à sécher et la dernière pluie de dimanche n’a pas arrangé les choses.  La situation est catastrophique. »

Diourbel – Cheikh Touré Fall, paysan : « Nous vivons dans la crainte parce qu’avec le mil, le cycle peut aller jusqu’ à 90 jours alors qu’il nous reste à peine un mois et demi d’hivernage. »

• Kafrine – Cheikh Tidiane Cissé, secrétaire général des agriculteurs du bassin arachidier : « Nous ne savons plus où donner de la tête. Finalement nous ne pouvons pas rester les bras croisés étant  des paysans qui ne dépendent que de la terre pour vivre et faire vivre nos familles. »

• Louga – Abdoulaye Ndiaye , paysan  : « Nous perdons notre temps dans les champs. L’hivernage est déjà compromis. »

Même pessimisme du côté des éleveurs.

• Dieynaba Sidibé, présidente nationale des femmes éleveuses du Sénégal : «  Cette année les clignotantes sont au rouge et les éleveurs sont au désarroi. »

Une situation catastrophique due  au fait que l ‘ agriculture Sénégalaise repose principalement  sur la pluviométrie, qui devient de plus en plus aléatoire du fait du changement climatique.

Marame Kairé, Astronome : «  Notre agriculture ne doit  pas dépendre des caprices du ciel. Nous avons une agriculture saisonnière à forte dépendance de la saison des pluies. C’est une réalité dont nous devons nous départir rapidement si nous ne souhaitons pas être surpris dans un proche avenir par les effets d’une autre réalité, le changement climatique. »

L’astronome qui mise sur la prévention, les réserves naturelles et la désalinisation de l’eau de mer pour asseoir une agriculture intelligente.

Serigne Mbacké Ndiaye