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L’état de la nation : Le diagnostic sans complaisance  d’Alioune Tine

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L’ancien directeur régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’ouest et du centre et actuel expert indépendant des nations unies pour les droits de l’homme a accordé un long interview au journal Sud Quotidien. Monsieur Alioune Tine qui jette un regard sur la situation politique au Sénégal à trois mois des élections présidentielles de 2019.

 

1° Une personnalité neutre pour organiser les élections

Je pense que cette question est importante et pertinente dans le cadre d’une défiance par rapport au système. Je dirais que cela a été testé dans le passé, à partir de 1998 où la défiance était énorme. On a eu le général Niang. Quand en 2012 on a eu des problèmes, c’est le général Gueye. Je pense que les solutions, nous les avons. Nous les avons inventées. Elles avaient bien marché dans le passé. Pourquoi ne pas essayer aujourd’hui encore, si c’est la solution?

2° Risques de confit post électoral

Ce que nous pouvons faire, c’est parler au pouvoir, à l’opposition, les inviter au dialogue pour qu’avant qu’on puisse aller aux élections présidentielles, les gens soient d ‘ accord sur l’essentiel. Quand ils sont d’ accord sur l’essentiel et qu’on a les conditions pour que les résultats qui vont sortir des urnes soient acceptés par tous, quel que soit le vainqueur, c’est le Sénégal qui gagne.

3° Harcèlement de la société civile et recul des libertés

Au moment où on célèbre le trentième anniversaire de la déclaration des nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, adoptée à l’unanimité  en 1998, personne ne comprend aujourd’hui le harcèlement dont y’ en a marre fait l’objet, mais aussi les partenaires financiers de la société civile Sénégalaise. Nous avons une grande  pression sur les libertés fondamentales. Qui sont souvent réprimées. Mais pression également sur les partis d’opposition et maintenant sur la société civile. 

C’est l’expression d’une restriction progressive de l’espace civique au Sénégal. L ‘ histoire de y en a marre est épique. Cela a beaucoup influencé des jeunes sur le continent, ce sont des défenseurs qui travaillent de manière bénévole. C ‘ est pourquoi Lead Afrique a été là pour un petit peu les aider à gérer leurs moyens financiers dans le cadre de l’exécution de leurs activités. C’est un travail énorme de conscientisation à la responsabilité citoyenne  et la transparence dans la gestion des biens publics.

Et c’est ce qui fait leur influence dans la société et auprès de la jeunesse africaine. Et c’est peut-être  ça qui fait peur. Si on empêche la société civile de travailler, elle ne se laissera pas liquider comme ça, et les réactions ne seront pas seulement nationales, mais aussi internationales.

4° Menaces sur la démocratie Sénégalaise

La promotion de la démocratie, de l ‘ état de droit et des droits humains font partie des gènes du Sénégal et constituent ce que tout le monde reconnaît comme l’exception Sénégalaise. C’est notre ADN, il est très précieux et personne n’a le droit de la modifier.

La meilleure des choses pour notre démocratie, c’est de laisser (tranquille) la société civile, dernier rempart contre les violations des droits de l’homme, dernier rempart contre les attaques à la démocratie. Si on sent effectivement que notre patrimoine génétique, démocratique et républicaine est menacé, et c’est le cas, il faut que tous les démocrates  et les intellectuels, quelle que soit leur obédience politique , leurs convictions, agissent pour la stabilisation des acquis démocratiques qui ont été pendant longtemps des facteurs de paix, de stabilité et de concorde nationale.

5° Injonction faite au Sénégal par l’Onu de réviser le procès de Karim Wade  

Pour les gens qui ont suivi l ‘ histoire de la Crei, beaucoup avaient déjà lancé des alertes. Les alertes ont été faites autour du pouvoir par des magistrats, des gens comme moi-même, pour dire attention, c’est un tribunal d’exception. Forcément, il y a des problèmes.

Il est temps de mettre un terme aux dérives, en mettant en place des institutions fortes.

Serigne Mbacké Ndiaye 

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