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L’IMMOBILIER DANS TOUS SES ETATS : La hantise d’un toit

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Des prix qui flambent. Des couches entières de la population laissées en rade. Des jeunes dans une angoisse permanente. La propriété immobilière ne laisse personne indifférent. Accaparée par une minorité de riches, elle reste hors de portée pour l’écrasante majorité de la population. En conclave la semaine dernière, des acteurs ont passé au crible ce mal qui hante nombre de citoyens débrouillards.

C’est une situation qui exaspère. Maitre d’ouvrage du forum de l’immobilier, le Pdg du Groupe Expat Dakar, Mapenda Diop, ne cache pas sa grande désolation : ‘’C’est un problème qui m’inquiète beaucoup. Parfois, je m’interroge sur le sort de ces nombreux jeunes que nous employons. Ils sont âgés entre 20 et 30 ans.

Je me demande comment ils pourront réussir à se payer une maison qui leur appartient, dans ce contexte. Je pense que c’est un sujet crucial qui doit interpeller tous les décideurs, en vue de pouvoir y apporter des solutions. Un problème que les autorités doivent prendre à bras le corps.’’
Monsieur Diop considère qu’il y a un secteur immobilier à double vitesse. D’une part, ‘’une poignée de personnes qui s’accapare toutes les terres’’. D’autre part, ‘’une majorité qui risque de passer toute leur vie à demeurer locataire dans des appartements excessivement chers’’.
Le décor est ainsi campé. Dans l’immobilier, ce sont les pauvres qui trinquent. Les riches qui en profitent. Et l’Etat, malgré les efforts, semble impuissant. C’est, du moins, ce qui ressort de nombre de témoignages de spécialistes. Absa Niang, chef d’entreprise dans le secteur, livre son diagnostic. ‘’Si les prix sont, aujourd’hui, hors de portée de bien des ménages, c’est d’abord à cause de la spéculation outrancière. Il y a ensuite la raréfaction des terres dans certaines zones qui ne facilite pas les choses. Ces deux éléments réunis font que les prix ne sont pas abordables pour certaines couches de la population. Il faut donc des instruments pour accompagner ceux qui souhaitent investir dans le milieu’’.
Parmi les difficultés, elle cite également le manque d’organisation et d’information dans le secteur, ainsi que la concentration d’une bonne partie de la population à Dakar. Or, estime Mme Niang, ‘’avoir un habitat décent à un prix accessible, c’est un droit fondamental du citoyen. C’est pourquoi nous saluons les initiatives de l’Etat en matière de décentralisation. Il faut aussi que les gens sachent qu’en dehors de Dakar, il y a des endroits où il fait également bon vivre’’.
En attendant de disposer de la propriété immobilière à Dakar ou ailleurs, beaucoup de Sénégalais se rabattent sur la location. Là également, ils souffrent le martyre, vampirisés par des bailleurs sans scrupule. A en croire Modou Guèye, ingénieur en Génie civil et expert immobilier, les prix de location pratiqués à Dakar sont anormaux. ‘’La loi, affirme-t-il, n’est pas du tout appliquée. Les gens font ce qu’ils veulent’’. L’expert ne s’en limite pas. Il donne les preuves de ses allégations : ‘’Je vais donner un exemple précis. Dans une étude de cas qui a été réalisée à Dakar-Plateau, dans un appartement de 4 chambres plus salon sis à la rue Dr Thèze, nous avons constaté que, normalement, le prix du loyer d’un appartement du même standing devait être fixé à un peu plus de 400 000 F Cfa. Mais les pratiques en cours sont de plus d’un million pour ce même type d’appartement. C’est excessif’’, fulmine-t-il.

Agents et courtiers immobiliers ‘’véreux’’
La demande étant très forte, les locataires, souvent, sont laissés à la merci des bailleurs. Outre la cherté, le premier doit se heurter à des agents et courtiers immobiliers ‘’véreux’’, à chaque fois qu’il est à la recherche d’un toit : manque de professionnalisme, manque de formation, de civisme, tout y passe. Transformant ce secteur porteur en une véritable jungle où les plus forts massacrent les faibles. Sans pitié !
Teint noir, taille fluette, cette dame est locataire. Elle met le pied dans le plat : ‘’La recherche d’un appartement à Dakar, c’est stressant. Les agences et les courtiers ont un manque criard de professionnalisme.

D’abord, ils ont du mal à respecter les heures de rendez-vous. Ensuite, tu leur donnes tes critères, ils ne les respectent jamais. Quand tu leur demandes deux chambres plus salon, ils te font visiter un appartement de 4 chambres ou autre chose. En plus, dans un état vraiment pitoyable. Ce qui me choque, c’est que cela ne gêne personne. Tout le monde pense que c’est tout à fait normal.’’
Mais l’espoir semble encore permis, si l’on se fie à certains comme Bara Guèye. Le jeune diplômé chômeur estime qu’avec Diamniadio, Sangalkam et Keur Ndiaye Lo, il ne faut pas désespérer de voir une baisse de la spéculation. Il déclare : ‘’Peut-être que tout ce calvaire va diminuer avec le développement de ces nouvelles villes… Certains vont préférer loger là-bas, plutôt que de se bousculer à Dakar.

Aussi, c’est beaucoup moins cher dans ces zones. L’offre sera donc plus importante et les propriétaires seront obligés de baisser les prix.’’

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