Macky dans sa posture préférée : La carotte ou le bâton

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

On ne change pas une équipe qui gagne. On pourrait élargir l’adage à la méthode. Réunissant le Secrétariat exécutif national de son parti (l’Apr) ce lundi 15 Avril 2019, le président Macky Sall a retrouvé ses vieux réflexes qui au demeurant, lui ont toujours réussi : les menaces et les promesses, laissant aux intéressés la liberté de choix.

Ceux qui obéissent seront récompensés, les récalcitrants punis.
Une technique du Bonus Malus dans laquelle il excelle, et qui lui a permis d’affaiblir ses principaux adversaires politiques et d’attirer dans Benno Bokk Yacaar les autres.

Devant les responsables de son parti, le président de la république s’est d’abord voulu très menaçant envers ceux qui s’épanchent dans les médias, parce qu’ils n’ont pas été nommés ministres ou qui exhibent d’autres griefs : « Il faut arrêter ! Si nous avons des divergences, nous devons les exprimer en interne et pas dans la presse. Ce n’est pas normal. Nous sommes dans un parti ouvert, les choses peuvent se dire en interne. Il faut poser le débat au sein des structures et pas en dehors. Il faut arrêter cela !!! »

La séquence colère passée, le président de la république s’est adouci pour caresser ses hommes dans le sens du poil. « Si nous avons eu 58%, malgré le contexte du parrainage qui a réduit drastiquement les candidats, c’est parce que nous avons travaillé dans l’unité, certes avec des alliés. Nous-nous sommes battus ensemble et nous avons gagné ensemble. Je tiens d’ailleurs à vous réitérer mes vives félicitations. »

A l’endroit des ministres qui n’ont pas été reconduits, il a adressé des paroles aux vertus supposées analgésiques et antalgiques : « je tiens aussi à adresser mes vives félicitations aux sortants. Ils ne déméritent pas. Ce n’est pas parce qu’ils sont incompétents qu’ils ont été changés. J’ai été obligé de rétablir l’équité territoriale, de prendre en compte la dimension homme, femme et jeunes. »

Et afin de taire définitivement toute velléité d’insubordination et d’insoumission, il brandit la perspective de fromages bien juteux : « Le gouvernement n’est pas la seule station où on peut servir l’état. »

En d’autres termes, l’opération « Recasement » ne fait que commencer.

Serigne Mbacké Ndiaye

%d blogueurs aiment cette page :