Macky réhabilite Mamadou Dia : Le Building Administratif baptisé

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Il aura été l’un des oubliés de l’histoire politique du Sénégal : Mamadou Dia, le compagnon de Léopold Sédar Senghor. D’ abord pour le meilleur, ensuite pour le pire.

Selon le journal Source A, le président Macky Sall aurait décidé de réparer l’injustice ou du moins de l’édulcorer en donnant son nom au Building Administratif dont l’inauguration a lieu ce mercredi 30 janvier 2019.

Mamadou Dia et Senghor sont le binôme qui a conduit le Sénégal à l’indépendance.

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Ils sont tous les deux démissionnaires du SFIO et fondent le Bloc Démocratique Sénégalais (BDS). Un parti dont le premier sera  secrétaire  général et le second président.

Malgré leur compagnonnage, leurs visions du Sénégal étaient diamétralement opposées et ne tardent  pas à se manifester. 

Au référendum de 1958, alors que Mamadou Dia opte pour une indépendance immédiate, Senghor appelle à voter pour le maintien dans la communauté.

A l’indépendance, Senghor est président de la république, Mamadou Dia est président du conseil. Un régime bicéphale source de tensions entre deux fortes personnalités. 

Dia voulait une rupture totale avec la culture de l’arachide pour mettre l ‘ accent sur celle vivrière, ce que ne voulait pas entendre Senghor qui ne tenait pas à mécontenter la France, ni les marabouts qui s’étaient spécialisés dans ce domaine et qui était leur principale source de revenus. Dia rêvait d’un Islam éclairé alors que Senghor ne jurait que  par la laïcité. Mamadou Dia était un nationaliste pur jus et Senghor prônait l’enracinement et l’ouverture.

Leur antagonisme atteint son paroxysme en 1962

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Relations entre Mamadou DIA et SENGHOR: La crise politique initiale qui a failli déstabiliser le pays

Senghor introduisit une motion de censure pour faire tomber le président du conseil. Mamadou Dia contre-attaqua en faisant garder l’accès de l’assemblée nationale par des gendarmes. Cependant, la motion fut votée chez le président de l’assemblée, Lamine Gueye. 

Mamadou Dia sera ensuite arrêté  et traduit en justice devant la haute cour de justice composée principalement de députés favorables à Senghor. Alors que le procureur n’avait requis aucune peine, Mamadou Dia fut condamné à perpétuité le 13 mai 1963. Senghor en profita pour changer la nature du régime qui passa de bicéphale à présidentiel, c’est à dire où le président concentre tous les pouvoirs.

L’opposant gênant ne sera gracié qu’en 1974 et amnistié en 1976

Il est intéressant de noter ces mots du procureur général de l’époque, Ousmane Camara dans sa biographie : « Je sais que cette cour de justice, par essence et par composition a déjà prononcé sa sentence avant même l’ouverture du procès. La participation des magistrats, que sont les présidents, le juge d’instruction et le procureur, ne sert qu’à couvrir du manteau de la légalité, une exécution déjà programmée. » 

Il est décédé le 25 janvier 2009, presque dans l’anonymat.

Serigne Mbacké Ndiaye