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GOUVERNEMENT : Mahammed Boun Abdallah Dionne, un Premier Ministre dans la tourmente • Par A B D

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La posture de l’actuel Chef du gouvernement Mahammed Boun Abdallah Dionne suscite beaucoup d’interrogations et de commentaires au sein de la Haute administration et des Etats majors politiques. Le calvaire des populations dakaroises, résultant des perturbations sur la distribution de l’eau et qui date de plusieurs mois, sert de prétexte aux nombreux adversaires de l’intérieur au sein de la majorité présidentielle, ainsi qu’à des opposants farouches de Macky Sall pour pointer l’index sur son actuel Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne.

Alors que le problème de l’eau relève des compétences du Ministère de l’Hydraulique et des deux sociétés en charge du patrimoine la Sones, et la distribution la Sde, des voix comme celle de l’ancien Premier Ministre Abdoul Mbaye ou celle de Massokhna Kane, de l’Association de la défense des consommateurs exigent la démission du Premier Ministre pour avoir « mal » traité ce dossier.

En sourdine, au sein du parti présidentiel, des dirigeants estiment que Dionne a fait son temps et que le Président devrait mettre en place une nouvelle équipe de choc conduite par un homme nouveau à la tête du gouvernement et qui assurerait aussi les fonctions de Directeur de campagne.

Dans le premier cercle de Macky Sall à la Présidence, certains suggèrent l’installation d’un nouveau Premier Ministre beaucoup plus politique que Dionne et surtout dégageant un profil d’APR pur jus.

Il s’y ajoute que le traitement de la crise qui a frappé l’UGB à Saint-Louis, ainsi que les ratés des négociations avec les syndicats d’enseignants semblent avoir altéré en partie les relations privilégiées que le Président Sall entretenait avec le Premier Ministre qu’il s’est choisi tout seul et qui lui a donné plus de satisfactions que  ses deux devanciers.

Ce technocrate, ingénieur informaticien de formation et fonctionnaire à la Banque Centrale (BCEAO), a eu jusqu’à présent un parcours administratif sans anicroches. Sa nomination comme Chef du gouvernement en 2014, en remplacement de Aminata Touré ne laissait aucun doute sur sa grande proximité avec le Chef de l’Etat Macky Sall qui l’avait déjà eu comme Directeur de Cabinet à la Primature et lors de son bref séjour à la Présidence de l’Assemblée Nationale.

Si le choix du Président a porté sur ce collaborateur avec lequel il a longtemps travaillé, c’est que les choix portés sur Abdoul Mbaye et Mimi Touré comme Chefs de gouvernement n’ont pas répondu à ses attentes.

Le premier, victime du syndrome de premier de la classe, n’a jamais su se tenir comme un collaborateur de l’élu au suffrage universel qui avait porté son choix sur sa personne en lui demandant de coordonner le travail de son équipe gouvernementale.

La seconde, elle, trop politique, est victime de sa grande propension à toujours se comporter comme la pièce maitresse de tout dispositif où elle évolue, n’a jamais compris qu’un Premier Ministre n’est que le premier des ministres et n’a d’autre pouvoir que celui de veiller à la bonne exécution des directives du Président.

Les deux premiers Chefs du gouvernement que le patron de l’APR avait nommés à ses côtés manquaient donc de culture administrative sénégalaise.

Le premier Abdoul Mbaye, fonctionnaire à  la Banque Centrale comme Mahammed Dionne, a toujours bénéficié de nominations  au sein des banques primaires locales où il a effectué l’essentiel de sa carrière sans jamais avoir travaillé dans la fonction publique sénégalaise. La seconde, Mimi Touré, elle, après un passage à la Sotrac et un détour à l’Asbef, a accompli l’essentiel de sa carrière au Fnuap, organisme en charge des politiques de populations au sein du système des Nations Unies. 

Mahammed Boun Abdallah Dionne, lui, bien que fonctionnaire de la Banque Centrale (BCEAO), a fait partie comme Sogui Diarisso ou Adama Dièye, du lot des cadres sénégalais de cette institution mis à la disposition du gouvernement sénégalais dans les années 1990 en vertu des accords signés avec le groupe de la Banque Mondiale qui incitait les pays africains à renforcer les capacités de ses staffs en charge de l’économie, des finances et de l’industrie.

Mahammed Boun Abdallah Dionne se retrouvera, ainsi, en détachement au Ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Energie comme Directeur de l’Industrie tandis que Sogui Diarisso servira à la Direction Nationale de la Statistique et Adama Dièye au cabinet du Ministre de l’Economie et des Finances comme conseiller.

A ce poste stratégique, Mahammed Dionne sera au cœur de la nouvelle politique industrielle de l’Etat du Sénégal et se retrouvera ensuite affecté à l’Ambassade du Sénégal à Paris comme Responsable du bureau d’expansion économique. C’est là d’ailleurs où Macky Sall devenu Ministre de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines le repérera et le fera venir à ses côtés quelques mois après son installation à la Primature en 2004.

A la suite de la rupture politique entre Macky Sall et Abdoulaye Wade en 2008, Mahammed Boun Abdallah Dionne, après un bref séjour à la BCEAO d’Abidjan, va se retrouver à l’Onudi à Vienne où Macky Sall ira encore le chercher en 2013 après l’éviction de Abdoul Mbaye à la Primature et l’installation de Mimi Touré comme Chef de gouvernement.

Les relations entre Macky Sall et Mahammed Boun Abdallah Dionne semblent avoir pris un coup de froid au lendemain des élections législatives du mois de juillet 2017.

A la surprise de beaucoup de ténors  de l’APR, le parti présidentiel, le choix porté sur le Premier Ministre Dionne pour conduire la liste nationale de la majorité aux élections législatives refroidit bien des ambitions et des plans de carrière des ténors de ce parti qui se voyaient déjà installés dans une position de futur dauphin du Président Sall. Dionne n’était pas connu pour être un des membres fondateurs de l’APR, ni un militant chevronné, ni faisant partie du carré des fidèles qui avaient accompagné Macky dans sa traversée du désert en bravant toutes les épreuves et subissant tous les coups des faucons du régime de Me Wade.

Son implication dans l’appareil de l’APR daterait seulement de 2015 après sa nomination à la Primature. Et bien que réputé être un véritable boy Dakar, il opte de militer à Gossas, le terroir de sa famille.

Etre tête de liste nationale fait de lui une cible autant de l’opposition et des adversaires de Macky Sall que des ténors de l’APR qui voient en lui un rival trop sérieux pour être traité comme quantité négligeable.

Il s’y ajoute que, celle qu’il avait remplacée à la Primature à savoir Aminata Touré, intronisée « Envoyée Spéciale » du Chef de l’Etat, une fonction énigmatique et désincarnée, du fait de son excellente formation politique, se voyait naturellement comme le choix le plus naturel devant être responsabilisée pour conduire les troupes de la majorité à la bataille des législatives ou à défaut être Directrice de campagne.

D’un autre côté, des barons de l’APR comme Mbaye Ndiaye, Mor Ngom, Ali Ngouille Ndiaye, Amadou Ba, entre  autres, n’ auraient pas refusé de diriger la liste nationale de la majorité et de facto être le Directeur de campagne et probable futur chef de la majorité devant les alliés de l’AFP, du PS, de la LD et du PIT.

Seulement, comme au Sénégal, les choix du Chef ne sont jamais discutés ni contestés en politique, tous se rangeront derrière la tête de liste Dionne et n’exprimeront aucune rancœur ou protestation. Mais, à l’interne, les coups bas ne manqueront pas et chacun essaiera de son côté d’obtenir le meilleur résultat dans son fief électoral afin de prouver sa représentativité et sa force.

Les hostilités véritables commencent après l’installation de la nouvelle chambre législative et la reconduction de Mahammed Dionne dans ses fonctions de Premier Ministre. Ses adversaires vont choisir l’espace gouvernemental et le front social pour lui envoyer des banderilles et tenter de mettre à nu ses limites dans le traitement des dossiers que lui confie le Chef de l’Etat.

Le Premier Ministre Dionne est connu pour être énergique, volontariste, teigneux et très directif, manquant quelque fois de souplesse et de diplomatie car n’affectionnant en rien les lenteurs et la langue de bois. Ainsi, lors de certaines négociations, de nombreux dirigeants syndicaux, ministres et hauts fonctionnaires ont souvent essuyé de sérieuses remontrances de sa part car sa méthode de traitement est souvent tranchante et abrupte

Le Président Sall, réputé et connu pour être un président centralisateur et ne déléguant pratiquement pas de pouvoir, n’est pas d’un grand secours à son Chef de gouvernement dans certaines situations surtout quand il fait face à des velléités d’indépendance de la part de certains membres du gouvernement.

Ainsi, à certains moments, on a pu sentir qu’entre la Primature et le Ministère de l’Economie et des Finances, cela coinçait beaucoup, tout comme entre le Ministère de l’Intérieur et la Primature. Certaines agences comme l’ARTP ou certaines sociétés nationales comme la Sénélec semblent quelque fois ignorer totalement l’existence d’un Chef de gouvernement dans le traitement de certains dossiers qu’elles préfèrent faire remonter jusqu’à la Présidence.

Le réveil du front syndical au niveau de l’Enseignement et de la Santé, souvent sous l’influence des forces politiques, a été utilisé aussi contre le Premier Ministre Dionne en tentant de faire croire que sa méthode de traitement des dossiers sociaux n’aboutit pas aux résultats escomptés  car le Président de la République est toujours obligé de monter au créneau pour jouer les sapeurs pompiers.

Ceux qui combattent sournoisement le Chef du gouvernement sur ce front social et syndical font semblant d’oublier que des ministres et des administrations en prise sur ces dossiers ne sont pas toujours francs du collier durant ces périodes en omettant de livrer certains indicateurs et de bonnes informations au cabinet du Premier Ministre.

Seulement, le crime le plus odieux que les adversaires de Dionne lui reprochent, c’est celui d’être à leurs yeux, l’homme que Macky Sall semble avoir choisi pour en faire le futur responsable de sa campagne électorale pour la présidentielle de 2019. Car tous ont compris que le tour de piste des législatives de juillet dernier comme tête de liste n’était qu’un galop d’entraînement.

La reconduction de Dionne comme Premier Ministre, à la tête d’un gouvernement où de nouveaux rôles ont été distribués avec le maintien de Amadou Ba aux Finances, la nomination de Aly Ngouille Ndiaye à l’Intérieur ainsi que celle de Sidiki Kaba aux Affaires Etrangères donnent un aperçu sur les nouveaux hommes de confiance de Macky Sall et qui vont constituer l’ossature autour de Mahammed Dionne de sa future équipe de campagne.

Abdoulaye Bamba DIALLO

Une pensée sur “GOUVERNEMENT : Mahammed Boun Abdallah Dionne, un Premier Ministre dans la tourmente • Par A B D

  • 11 novembre 2018 à 8 h 30 min
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    I believe this site holds some real wonderful info for everyone : D.

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