Migration clandestine : La France renonce à livrer six navires aux garde-côtes libyens

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La France renonce à livrer six bateaux rapides, des semi-rigides Sillinger de 12  mètres, aux garde-côtes libyens, un don annoncé par Paris en février dernier et destiné, selon le ministère des Armées, à aider la marine libyenne à « lutter contre l’imigration clandestine ».

Cette annonce avait provoqué une levée de boucliers. En avril, huit ONG, dont Amnesty International et Médecins sans frontières, avaient saisi la justice pour obtenir l’annulation de cette livraison. La cour administrative, saisie du dossier, s’était jusqu’à présent déclarée incompétente, mais finalement les ONG ont obtenu gain de cause, selon un mémoire adressé à la cour d’appel administrative la semaine dernière et dans lequel on peut lire « la ministre a finalement décidé de ne pas livrer ces embarcations ».

France « complice »

« Une victoire importante » aux yeux des huit ONG qui contestaient cette livraison jugée problématique. Ces six embarcations rapides auraient permis à la marine libyenne d’intercepter plus facilement les migrants en Méditerannée, ce qui aurait rendu, selon ces organisations, la France « complice » des violations des droits de l’homme commises par la Libye à l’encontre des migrants.

Médecins sans Frontières : « Nous nous félicitons de l’abandon de cette initiative qui aurait fait de la France la complice officielle des crimes commis sur les personnes migrantes et réfugiées en Libye » s’est félicité Médecins sans frontières.

De plus, la Libye est frappée d’un embargo sur les livraisons d’armes. Or, il existait selon Amnesty International un risque que ces embarcations soient détournées de leur usage initial et utilisées comme arme dans le conflit même si elles étaient censées être livrées sans les supports permettant d’y installer des armes lourdes.

Paris n’a fourni que peu d’explication sur son revirement. « La situation en Libye ne permet pas de réaliser ce don d’embarcation », a simplement déclaré une source au ministère à l’AFP. Mais dans le mémoire adressé à la justice, elle continue d’affirmer que le recours engagé par les ONG était « infondé » et que ces livraisons avaient pour seul but d’« accompagner l’État libyen dans le processus de consolidation de l’État de droit et la reconstruction des capacités militaires de sa marine nationale ».

Source Rfi

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