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Model économique de l’Asepex : Comment le Sénégal perd la valeur ajoutée des produits à l’exportation • Par Sire SY

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Il est indéniable que la fonction exportation est vitale pour tout pays, surtout dans le cadre d’une économie ouverte et très concurrentielle, dominée par la compétition dans l’insertion des chaines de valeur mondiales. Seulement, créer une structure dédiée exclusivement aux exportations des ressources naturelles, sans la faire précéder ou l’accompagner par une structure de transformation de ces mêmes ressources pour en dégager de la plus-value et créer des emplois massifs, c’est tout simplement faire ce qu’on appelle en économie, une destruction de valeur.

 

La Transformation précède l’exportation. Il faut d’ abord transformer avant d’exporter. L’autre limite du modèle économique de l’Asepex, réside au fait qu’elle n’est que dans le segment des exportations de produits alimentaires et de biens meubles, « ignorant » l’autre segment dans les exportations, les Services.

Le modèle économique de l’Asepex est donc sous-productif pour l’économie sénégalaise et c’est exactement ce qu’il ne faut et faudrait pas faire dans le business model d’une économie nationale, sénégalaise en occurrence. Ce qui différencie le modèle économique de l’Asepex du modèle économique de la colonisation économique, réside dans le fait qu’au temps colonial, c’est le colon lui-même qui prenait la ressource sur place et l’exporter vers la métropole alors que dans le modèle économique de l’Asepex, c’est le propriétaire de la ressource qui la vend en l’état à l’Autre.

Avec le modèle économique de l’Asepex, le Sénégal est dans le volume et la quantité dans sa politique des exportations mais pas encore dans la qualité et la plus-value des exportations. Au moment où la plupart de nos ressources et produits forestiers, en plus de constituer des compléments alimentaires essentiels, peuvent être utilisées en médecine traditionnelle, en produits pharmaceutiques, en produits ornementaux et ont un fort potentiel commercial à l’exportation, après transformation et dans le cadre d’une approche filière. Car, en matière de politique d’exportation, c’est le marché qui tire le produit et rarement l’inverse.

Sur la route de la transformation

Résultat de recherche d'images pour "Asepex"Les trois volumes les plus significatives en termes d’exportation dans le portefeuille de l’Asepex, sont l’arachide, la mangue et les noix de cajou. Sans transformation aucune. Nous déterrons les graines d’arachide, les dépoussiérons et les exportons en l’état. Nous cueillons les mangues, nous les nettoyons et les exportons en l’état. Nous récoltons les noix de cajou, nous les lavons et nous les exportons en l’état. Sans valeur ajoutée aucune.

Pour la mangue sénégalaise (130.000 Tonnes en moyenne par an) qui constitue avec la mangue éthiopienne, les meilleures qualités de mangues au monde, tant du point de vue de leurs qualités nutritives que de leurs textures, pourrait fournir 8.000 emplois par le biais de sa transformation dans le cadre d’un agropole pour un investissement de 70 milliards FCFA. Avec la mangue, non seulement est extraite du jus mais aussi du vinaigre, la fabrication de beurre de mangue, de produits cosmétiques et la production de compost.

Pour l’arachide (1.411.574 Tonnes en 2017), en plus de l’huile de table qu’elle fournit, donne aussi du beurre d’arachide (très prisé aux USA, au Canada et au Mexique), de la farine d’arachide utilisée dans la composition des biscuits. Le tourteau et fanes d’arachide sont utilisés comme fourrage quand l’huile d’arachide de deuxième extraction est utilisée pour produire du savon et la coque d’arachide est utilisée comme combustible. Sans compter que l’huile d’arachide est inscrite à la pharmacopée française comme solvant médicamenteux. C’est donc dire l’ importance de la chaîne de valeur ajoutée de l’arachide que nous exportons en l’état.

Pour les noix de cajou, en plus de son jus naturel et de sa transformation en confiture, les noix de cajou sont utilisées en Inde comme liqueur dans la préparation du fenny, une célèbre boisson alcoolisée originaire du Goa. Les noix de cajou sont aussi utilisées pour lutter contre la lèpre, dans la fabrication des antipaludéens et contre la prolifération des larves de la moustique. En 2017, nous exportons et vendons le kilogramme de noix de cajou a 1000 FCFA bord champs, pour une production nationale autour de 30.000 tonnes en 2017 (Ziguinchor, Kolda, Sedhiou et Fatick) et les noix de cajou ne rapporteraient aux ménages producteurs que 600.000 FCFA par an.

Alors vivement, la création d’une structure nationale dédiée à la transformation de nos produits forestiers.

Sire SY