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OPA sur le Groupe walf fadjri C’est parti !

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Ils n’auront même pas attendu que le corps de Sidy Lamine refroidisse. Encore moins que ses enfants éplorés se remettent de leur douleur, pour se ruer sur l’héritage de leur père.

Non, le président directeur général du groupe Walf n’est même pas encore enterré qu’ils se bousculent déjà au portillon pour le contrôle de son groupe de presse. C’est parce que le filon est juteux, et pas uniquement sur le plan financier.

Le groupe Walf Fadjri, fondé le 13 janvier 1983 et constitué aujourd’hui d’un quotidien, d’une radio et d’une télévision a avant tout, une valeur sentimentale auprès des Sénégalais. Point de convergence des sans voix, Walf a toujours était là pour relayer le désespoir des couches défavorisées.

Une sollicitude que les populations n’ont jamais oubliée. Elles se sont toujours levées pour lui servir de boucliers chaque fois que son existence a été mise en danger par les régimes d’Abdoulaye Wade et de Macky Sall.

Sur le plan de la proximité avec les citoyens, Walf est sans conteste le premier groupe de presse du Sénégal. Une position qui ne fera que se renforcer d’avantage, maintenant que Sidy est parti.

Nul doute que son auditorat et son lectorat vont bondir. Par devoir de solidarité et de reconnaissance.
Une valeur sentimentale qui se mue en enjeu stratégique. Celui qui détient le groupe Walf, aura entre ses mains une arme redoutable sur le plan politique.

Et cela n’aura échappé à aucun acteur politique, qu’il soit du pouvoir comme de l’opposition. Surtout à trois mois des élections.
La lutte pour le contrôle du groupe de Sidy est lancée. La seule nuance est que certains avanceront à visage découvert, alors que d’autres se cacheront derrière des paravents, surtout des proches de la famille.
La sortie de Khalifa Niass, le grand frère de Sidy est à ranger dans ce cadre : « Le groupe de presse qu’il a créé est devenu le fleuron des groupes de presse du Sénégal et même dans la sous région. Je m’engage à le renflouer et à éponger sa dette, même si c’est 10 milliards. Cependant, il faut changer la ligne éditoriale pour en faire une ligne commerciale qui sert tout le monde. Ses collaborateurs ont abusé de la confiance de mon frère pendant 30 ans »

La ligne éditoriale. Le mot est lâché, car c’est là où se niche tout l’enjeu.
Or, celle de Walf Fadjri, tout le monde la connait, un ton acerbe et sans concession à l’endroit du pouvoir de Macky Sall. Si Khalifa Niass parvient à ses fins, aucun des journalistes de Sidy qu’il accuse d’avoir abusé son frère ne fera de vieux os dans le groupe.

Une nouvelle équipe et une nouvelle ligne éditoriale verront le jour, qui seront moins teigneuses avec Macky Sall, voire plus si affinité.
Une perspective qui n’a pas échappé à Abdoulaye Wade qui s’est empressé de publier un communiqué pour contrer l’OPA de Khalifa Niass : « Sidy Lamine disparait au moment où je travaillais avec lui sur un projet consistant à trouver des ressources permanentes pour faire de Walf tv un projet toujours plus large, toujours plus solide, à l’instar des grandes télévisions mondiales. Si mon offre intéresse le successeur qui aura la tache difficile, tant il est vrai que remplacer à la tète du groupe un homme de la dimension de Sidy Lamine Niass ne sera pas un exercice facile, mais nous le soutiendrons de toutes nos forces. J’ai eu un bref entretien avec Cheikh (son fils) juste avant son embarquement pour Dakar. »

Ceux qui croient que la Saga Sidy Lamine Niass vient de prendre fin avec son inhumation (Enfin !), se trompent. Elle continue, mais sous d’autres formes.

Serigne Mbacké Ndiaye