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PDS: La descente aux enfers se poursuit…. Gorgui otage de Karim – Par S Mb Ndiaye

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Le clash au sommet du Parti Démocratique  Sénégalais, Pds était  prévisible, et plus on approchait des élections présidentielles du 24 février 2019, plus il devenait inéluctable. Le coup d’envoi de la course  aux signatures  a servi de déclencheur.

 

En effet la campagne du  parrainage ouvre presque la période électorale avec tous les leaders de partis qui sont descendus sur le terrain pour recueillir les 52 000 signatures au moins, requises  pour pouvoir briguer le suffrage universel. Pendant ce temps, le Parti Démocratique Sénégalais reste complètement dans le noir.

Son leader Karim Wade, visé par une condamnation à six ans de prison pour enrichissement illicite  et exilé au Qatar, n’ a plus de voies de recours au Sénégal pour invalider son rejet des listes électorales, signe d’inéligibilité.

Or son parti et surtout son secrétaire général,  maître Abdoulaye Wade 93 ans et qui fait la navette entre Versailles en France et Doha la capitale Qatari, refuse tout plan B et maintient son fils Karim comme unique candidat, et menace de bloquer les élections si ce dernier est écarté de la course présidentielle.

Une posture suicidaire qui ne pouvait que susciter un sentiment de révolte au sein du Pds de la part de militants et surtout de cadres qui estiment à juste titre que le chemin pris par leur parti mène à l’impasse, sinon au précipice.

Dans une correspondance empreinte de courtoisie  et révérencieuse,  endossée par Thierno Birahim Thiobane, secrétaire général adjoint des cadres libéraux, conseiller départemental de Kaolack et signée par une dizaine d’autres cadres, ils suggèrent à leur secrétaire général la désignation d’un autre candidat pour les élections présidentielles, quitte à se pencher sur le cas de Karim s’ils remportent les élections et reviennent au pouvoir. Une lettre qui a déclenché une réaction courroucée de maître Wade  qui, dans un communiqué  diffusé ce 10 septembre 2018, et qui est aux antipodes du ton courtois et presque servile de la lettre des cadres du Pds, traite Birahim Thiobane de militant marginal et de maillon faible de maitre Madické Niang. Car ce dernier, l’un de ses plus fideles collaborateurs et qui a joué un rôle primordial dans la libération de son fils en 2016 est accusé d’être à l’ origine  de ladite lettre:

 » Madické Niang a décidé de se mettre en face du parti et en face de son secrétaire général.  je regrette seulement qu’ il n’ait pas choisi une forme plus élégante d’exprimer ce qui est un libre choix et un droit que personne ne lui conteste. Compte tenu des relations que nous avions , j’ étais  en droit de penser qu’ il  n’aurait jamais  choisi la forme du coup de poignard dans le dos et surtout, suscité  une lettre que certains responsables n’ont pas signée. »

Abdoulaye Wade accuse ainsi son ancien confident d’être à l’origine de la lettre infâmante.

Ce que Madické nie en bloc: « Je suis profondément malheureux de me rendre compte que malgré toutes les épreuves que nous avons traversées et toutes mes manifestations d’affection profonde pour sa personne, le président Wade ait pu se tromper sur mon compte. Peut-être ai-je pu me tromper en proposant une candidature de recours. « 

En effet si Wade tient Madické Niang pour responsable, c’est parce que ce dernier lui avait fait parvenir une correspondance confidentielle le 03 septembre 2018, pour lui proposer un plan B, puisque celle de Karim semble impossible:

« Je l’ ai saisi d’une lettre confidentielle datée du 03 septembre 2018. Lettre à laquelle il n’ a fait aucune référence et qui à ce jour, n’a enregistré aucune réaction de sa part. Ce qui est different de l’ initiative de Thiobane. Ces derniers ne m’ont ni consulté, ni informé de leur décision qu’ ils ont prise en toute liberté »

Des propos corroborés par Thiobane lui-même dans le journal l’ Observateur du 11 septembre 2018:  » Madické Niang n’est pas derrière nous. Je n’ai aucun rapport avec lui. Je ne peux même pas vous emmener chez lui »

Sur la proposition d’un plan B, Abdoulaye Wade est sans appel: « Il n’ y a pas de plan B. Nous contraindrons Macky à respecter le choix de notre parti. »

Maitre Abdoulaye Wade semble donc chercher un bouc émissaire, à moins qu’ il soit de bonne foi et ne se soit  pas encore rendu compte que le véritable responsable de l’état de déliquescence et de déconfiture dans lequel se trouve le Parti Démocratique Sénégalais, est bien son propre fils, Karim Wade.

 

Un processus de détricotage et de démantèlement entamé dès 2006

Cette année-là, naquit la Génération du Concret, simple slogan né de l’euphorie des préparations du sommet de l’ Organisation de la Conférence Islamique qui devait se tenir au Sénégal en mars 2008, et dont Karim Wade était le président par les bonnes grâces de son père de président,  Abdoulaye Wade.

Cependant,  le slogan ne tarda pas à se transformer en idée, puis en concept, avant de se muer en projet et enfin en mouvement.

Lui a t-on glissé l’idée ou est-elle née en contemplant  le coucher du soleil un espresso à la main, debout au balcon de l’immeuble Tamaro qu’ il avait transformé en quartier général ?

Toujours est-il qu’ il repoussa ses horizons: Il n’était plus en route vers le sommet ( Islamique )  mais présidentiel.

Le slogan créé pour redoubler l’ardeur de l’équipe chargée de préparer la conférence de mars 2008, se mua en rampe de lancement pour propulser le fils du président vers l’orbite…présidentielle.

Abdoulaye Baldé , l’un des plus proches collaborateurs de Karim à l’époque, ne s’en cacha pas: « Nous avons la même idéologie, la même vision, et la même ambition que le Pds. La Génération du Concret n’est pas le Pds, pas totalement le Pds. Notre ambition ? être un parti fort, comprenant le Pds et d’autres mouvements politiques qui soutiennent notre action politique au niveau de l’état. »

La souris qui rêve de phagocyter l’éléphant. Rien de moins.

Dès lors, un bicéphalisme de bon aloi s’installa au Sénégal. A côté du pouvoir officiel dirigé par le président Abdoulaye Wade, il y eut celui de son fils entouré d’ affidés :Abdoulaye Baldé,  Hassane Ba, Baba Wane, Madior Sylla…

 

Le ver venait d’entrer dans le fruit.

La Génération du Concret, fruit d’un népotisme innommable et des délires fantasmatiques  voire fantasmagoriques d’un fils à papa qui croit qu’ il n’ y a de limites à ses extravagances que celles qu’ il veut bien se donner, aimante  tous les thuriféraires, flagorneurs et autres carriéristes qui voient dans le jeune Karim, une assurance avenir. Le mouvement de Karim opère ainsi une première saignée  dans les rangs du Parti Démocratique Sénégalais, dont nombre de militants le rejoindront, d’autant plus qu’ ils n’ont pas l’impression d’avoir quitté la maison, mais juste changé de chambre.

Les rumeurs de  prodigalité, de dilapidation de l’argent public et de malversations dans la gestion de l’Anoci seront mal perçus par des populations embourbées dans les difficultés quotidiennes. L’ image de Abdoulaye Wade, porté aux nues en l’an 2000 craquelle et à travers lui, son parti et son régime.

Un mécontentement populaire dont le président Abdoulaye Wade et le Pds mesureront l’ampleur lors des élections locales de 2009.

Malgré sa machine électorale et les moyens de l’état,  le Pds et sa coalition Sopi 2009 seront laminés  par la coalition Benno Siggil Sénégal amenée par Khalifa Sall qui raflera 16 des 19 communes d’ arrondissement que compte le département de Dakar. La coalition Sopi 2009 ne remporte que Yoff, Parcelles Assainies et Gueule-Tapée-Fann-Colobane. Benno Siggil Sénégal remportera du coup la mairie de Dakar qui dans les élucubrations des Karimistes, devait servir de station de lancement vers le palais présidentiel. En vérité, il sera battu même dans son bureau de vote.

La Génération du Concret entama une longue période de léthargie, avant de mourir de sa belle mort. Seulement,  sans emporter avec elle dans sa tombe, les rêves présidentialistes  de son concepteur.

Ce fut à ce moment que nombres de cadres du Pds se rendront véritablement compte du danger que constitue Karim pour le Pds et commencèrent  de façon frontale ou feutrée  à exiger sa mise à l’écart des affaires de l’état. Il sera ainsi la principale cause des inimitiés entre son père qui ne voulait rien entendre et des responsables, dont certains historiques, qui devant l’entêtement du président,  préféreront quitter le parti et dont le plus emblématique sera le président de l’ assemblée nationale d’ alors, Macky Sall, chassé du Pds pour avoir commis le sacrilège de vouloir entendre Karim Wade sur sa gestion de l’ Anoci.

Karim Wade qui prendra une grande part de responsable  dans la défaite du président Abdoulaye Wade lors des élections présidentielles de 2012, battu par ce même Macky Sall.

En effet la décision de maitre Wade de faire voter à l’assemblée nationale  et en procédure d’ urgence une loi instituant le ticket présidentiel et le quart bloquant, avait été perçue par les Sénégalais comme une volonté d’instaurer une dévolution monarchique au profit de son fils.

Les manifestations monstre du 23 juin 2011 qui obligérent Wade à revenir sur sa décision sont encore fraîches dans les mémoires.

La perte du pouvoir acheva de sonner la fuite des cerveaux, d’autant que le président Wade qui ne briguera plus de mandat présidentiel, décida de façon arbitraire et unilatérale de porter à la tête du parti son fils, plutôt que de laisser les militants  désigner  démocratiquement leur nouveau leader  : Abdoulaye Baldé, Aida Mbodj, Ousmane Ngome, Abib Sy, Souleymane Ndéné Ndiaye, Papa Samba Mboup, Farba Senghor, Pape Diop….

Aujourd’hui, Karim semble avoir pris son vieux père en otage. Son entêtement à vouloir se présenter aux élections présidentielles de 2019, alors qu’ il n’ a pratiquement plus de chance, a causé le probable  départ d’une bonne partie du dernier carré de fidèles de son père, dont maître Madické Niang.

Et tout porte à croire que s’il ne revient pas à de meilleurs sentiments, ou que son père prenne conscience de la gravité de la situation, d’autres départs sont à craindre.

Une hémorragie synonyme de pain béni pour leur adversaire, le président Macky Sall qui en a d’ailleurs capté une bonne partie ( Mamadou Diagne Fada, Souleymane Ndéné Ndiaye, Papa Samba Mboup…) et qui n’est certainement pas encore rassasié.

Finalement, c’est cela le paradoxe qui prêterait presque à sourire: Karim Wade travaille à la réélection de Macky Sall.

 

Serigne Mbacké Ndiaye

 

 

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