Présidentielles Ivoiriennes de 2020: La recomposition politique

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C’est le grand jour pour le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, RHDP. Une coalition fondée le 18 mai 2005 et regroupant les partis partageant l’idéologie du président Houphouët-Boigny, principalement les deux grands partis alors dans l’opposition, le Rassemblement Des Républicains (RDR) de Alassane Dramane Watara et le Parti Démocratique de Côte Ivoire (PDCI) de Henry Konan Bédié.

Transformé en parti politique le 16 juillet 2018, le RHDP tient son congrès constitutif ce samedi 26 janvier 2019. Un congrès au cours duquel, ses statuts et ses instances seront installés.

La cérémonie qui se tient au stade Félix Houphouët-Boigny devait voir la participation de dizaines de milliers de militants. Elle se tient cependant en l’absence de l’une de ses deux principales composantes, le PDCI et d’un autre poids lourd de l’échiquier politique Ivoirien, Guillaume Soro, président de l’assemblée nationale.

Le leader du PDCI, henry Konan Bédié a claqué la porte, suite à ce qu’il considère comme une trahison, un reniement de la parole donnée.

En effet, dans la perspective des présidentielles du 25 octobre 2015, un accord aurait été signé entre le président sortant Alassane Dramane Watara et Henry Konan Bédié. Une entente connue sous le nom d’Accord De Daoucro : Le RHDP présenterait un seul candidat (Alassane Watara du RDR) et en contre partie, ce dernier soutiendrait un candidat issu du PDCI lors des présidentielles de 2020.

Un accord dont le président Alassane Dramane Watara a toujours nié l’existence et propose des primaires au sein du RHDP pour désigner le candidat du parti pour les présidentielles de 2020.

Il n’en fallait pas plus pour que Henry Konan Bédié claque la porte.

Autre absence de marque, le président de l’assemblée Guillaume Soro, dont les relations avec le président Ivoirien se sont sérieusement dégradées sur fond de rivalité politique. L’homme qui n’a jamais caché ses ambitions présidentielles pour 2020 a pris ses distances.

Après avoir été reçu par Watara ce jeudi 24 janvier 2019, Soro a sorti un communiqué demandant au vice président de l’assemblée Privat Oula « d’assurer la présidence des réunions du bureau et la direction des services sur la période allant du 20 février en raison de son absence. »

Vice président du RDR, Guillaume Soro refuse d’adhérer au RHDP et se serait rapproché de Bédié. Sa démission de son poste de président de l’assemblée nationale serait d’ailleurs actée.

En dehors du RDR, le RHDP ne regrouperait donc que des partis satellitaires à l’image du l’Union pour la démocratie et la paix en Côte Ivoire (UPDCI) de Mabi Toikeuses.

Alassane Dramane Watara dont certains prétendent qu’il viserait un troisième mandat risque donc d’avoir en face de lui une forte opposition, surtout depuis le retour sur la scène politique de celui qu’on attendait plus : Laurent Gbagbo.

Libéré par la CPI, (même si la procureur a fait appel) le secrétaire général du Front Patriotique Ivoirien (FPI), bouleverserait tout l’échiquier politique de son pays si jamais il rentrait, en commençant par la réunification de son parti actuellement divisé en deux, entre l’aile originelle dirigée par Assoa Adu et celle dissidente sous la houlette de Pascal Affi Nguessan. « Si le président Gbagbo veut redevenir président du FPI, il va nous le dire.» Affirme Nguessan.

Un retour et une réunification qui sonneraient la remobilisation des militants jusque là orphelins et rendraient au parti sa puissance d’antan.

Henry Konan Bédié, en vieux loup politique l’a aussitôt compris qui a déjà esquissé des pas de rapprochement pour une plateforme capable de faire face au RHDP lors des présidentielles de 2020. L’homme qui s’est réjoui de la libération de Gbagbo affirme avoir eu un entretien dans ce sens avec le leader du FPI par messager interposé : « La façon dont le pays est actuellement gouverné ne nous convient plus. C’est pourquoi nous avons rompu l’alliance avec le parti de monsieur Watara. C’est pourquoi nous formons avec les autres partis politiques une plateforme plus vaste, une opposition plus large et invincible. Pour changer la manière de gouverner la Cote Ivoire. »

Le chemin qui mène vers les présidentielles de 2020 risque donc d’être plus tortueux et escarpé que l’actuel président et probable candidat à un troisième mandat le prévoyait.

Serigne Mbacké Ndiaye

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