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Primauté du parti sur l’État : Macky réhabilite Mamadou Dia

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Le 17 décembre 1962, Senghor voulut déposer une motion de censure contre le président du conseil Mamadou Dia, ce dernier s’y opposa en faisant interdire l’accès de l’assemblée nationale par la gendarmerie. Dans son entendement, c’est le conseil national du parti qui était habilité à statuer, au nom du principe de la primauté du parti sur l’État.

 

Une conception de la république qui ferait presque sourire aujourd’hui, tant elle semble éculée, anachronique et obsolète.

Et pourtant, pas tant que ça. Car elle a été remise au goût du jour par le président Macky Sall à l’occasion de sa cérémonie d’investiture à Dakar Aréna à Diamniadio, ce samedi 1er décembre 2018.

Les foules mobilisées grâce aux moyens de l’état ont tout simplement pris l’autoroute à péage en otage. Des bouchons monstres de plusieurs kilomètres ont immobilisé les citoyens qui vaquaient à leurs besoins. Des heures durant, la circulation a été totalement interrompue du fait de l’embouteillage.

Les plus à plaindre furent certainement les voyageurs qui se rendaient à l’aéroport international Blaise Diagne, dont bon nombre ont raté leur vol, même si d’autres ont dû être légèrement décalés pour permettre aux retardataires d’arriver.

La situation à l’assemblée nationale ne fut pas mieux.

Au moment où la situation alimentaire dans notre pays est dans un état inquiétant, au point de contraindre l’ONG internationale Action contre la faim d’inscrire le Sénégal dans la liste des 37 pays ayant besoin d’aide, le vote du budget du ministère de l’agriculture s’est fait dans un hémicycle vide de tout député de la majorité présidentielle.

Ils étaient tous à l’investiture de leur candidat à Aréna Dakar.

L’élection présidentielle est l’expression suprême de la souveraineté d’un pays. Une prérogative si jalousement protégée, que pour des suspicions d’ingérence Russe à son profit lors des présidentielles de 2016, le président Américain Donald Trump voit son administration polluée, avec des menaces de procédure d’impeachment.

Inviter 4 chefs d’état, Adama Barrow (Gambie), Alassane Dramane Ouattara (Cote d’Ivoire) George Weah (Libéria) et Mouhamed Ould Aziz (Mauritanie), au moment où nous-nous apprêtons à exercer notre droit civique, est symptomatique du peu de respect que Macky Sall accorde à nos institutions et notre république.

Même le président Ivoirien se permet de «souhaiter vivement un second mandat pour le président Macky Sall ».

Si ce n’est de l’ingérence, cela lui ressemble.

« Le Sénégal au cœur » est le titre du dernier livre de Macky Sall.

Freiner l’économie et la mobilité de ses concitoyens, immobiliser les institutions, jeter en pâture notre souveraineté nationale sur l’autel d’intérêts exclusivement personnels, drôles de méthodes de prouver son amour.

Serigne Mbacké Ndiaye

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