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Probité morale et lucidité intellectuelle: Abdoulaye Bathily sauve la gauche Sénégalaise

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Des hommes de gauche qui ont rejoint la mouvance présidentielle, il est l’un des rares à ne pas avoir donné son âme, en même temps que sa parole. Alors que les autres ont renié toutes convictions au point de se faire aveugles et aphones devant les dérives du président Macky Sall, le professeur Abdoulaye Bathly garde une liberté de parole et une lucidité qui forcent le respect.

Chez cet historien, diplômé de l’université de Dakar et de Birmingham en Grande Bretagne, l’intellectuel refuse de s’abaisser à hauteur de dévot pour des prébendes et autres strapontins.

Cnest donc du haut de sa conscience et de sa stature d’universitaire, qu’il jette un regard synoptique et sans concession sur la situation politique de son pays, dans une interview accordée au journal Jeune Afrique.

Sur lnélimination de Khalifa Sall et Karim Wade des présidentielles de 2019 sous prétexte de poursuites judiciaires : « Il me semble que l’on est en période de sècheresse démocratique. Au Sénégal, comme ailleurs se pose la question du rôle de la justice dans les procès d’opposants, et cela fragilise le système démocratique. »

Pense t-il que la justice est instrumentalisée au Sénégal ?

« Cela fait dix huit mois que je dis que le procès Khalifa Sall est politique. La cour de justice de la CEDEAO a rendu un jugement qui considère que la procédure n’a pas été équitable. L’état Sénégalais qui est membre de la CEDEAO et a adhéré à la charte de la CEDEAO doit se soumettre à ce jugement, mais il ne l’a pas fait jusqu’ici. La commission des droits de l’ Onu a abouti pratiquement à la même conclusion. Tout cela montre bien qu’il y a une volonté d’éliminer un adversaire. On ne règle pas des problèmes politiques en se servant de la justice. Actuellement lorsque les gens soupçonnés sont contre vous, ils tombent sous le coup de la loi. Mais lorsqu’ils sont avec vous, vous les épargnez. A partir de ce moment-là, la justice perd sa crédibilité, et le jugement, sa légitimité aux yeux de l’opinion. C ‘est cela qui amène les tensions, et demain une ambiance de règlements de compte qui porte en germe le recul de la démocratie. »

Quid de Karim Wade ?

« Les cas de Karim Wade et de Khalifa Sall sont différents, mais tous les deux doivent faire l’objet d’un traitement équitable. Or d’autres personnes ont été poursuivies par le même tribunal, la CREI (Cour de Répression de l’ Enrichissement Illicite), mais leurs dossiers à eux ont été gelés. Je vais vous dire une chose : Voilà cinquante ans que je participe au combat politique au Sénégal, et c’est la première fois que l’on fait écarter par la justice des candidats à la présidentielle. »

Serigne Mbacké Ndiaye