Quand Wade et Macky complotent dans le dos du peuple

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Le pape du sopi avait décidé de mettre de l’eau dans son vin, avait dit Bougane au sortir de son entretien avec celui-ci. Quelques heures plus tard, l’intéressé a déclaré que son actuel mot d’ordre est d’instruire ses aficionados à brûler les procès verbaux de vote. Donc au lieu de changer d’option et décider de soutenir un candidat comme l’a annoncé le leader de Gueum Sa Bopp, le secrétaire général du Pds s’est radicalisé. A moins que ce changement tant attendu n’arrive après son séjour auprès d’Alpha Condé? Peut même que Maître Wade a joué la comédie depuis le début? 

Si le président guinéen est entré dans la danse, c’est pour jouer aux sapeurs pompiers. Sinon, ce serait vu comme de l’ingérence. Et les autorités, surtout Macky, ne resteraient pas de marbre face à cet affront. Mais, si on réécoute bien les propos de Wade le six février, on va se rendre compte qu’il
a déjà parlé d’une médiation venue d’un chef d’État africain. En à croire l’ancien président de la République, c’est son successeur qui a été demandeur. Et Macky aurait voulu, dit-il, que cela se fasse au palais. Alors que lui (Wade), a demandé que ce soit en terrain neutre et avait suggéré l’ambassade du pays du chef d’état ami.

Eh bien, si ce président dont le nom est resté caché était Alpha Condé?

Dans tous les cas, le pape du sopi est prêt à dialoguer puisque c’est lui même qui l’a dit. Seulement, chacun tient, on dirait, à sauver les apparences. Aller au palais pour rendre visite à Macky Sall passerait mal aux yeux de l’opinion. El Hadji Kassé, le communicateur en Chef du palais, affirme lui que son patron n’a  jamais sollicité son prédécesseur pour dialoguer. Il pense que ce n’est pas à lui de faire le premier pas. L’avenir nous dira qui a raison. Par contre, monsieur Kassé nous dit que les portes du palais sont grandement  ouvertes si Wade veut rencontrer son boss.

De qui se moque-t-on?

Depuis son retour au pays, le pape du sopi a posé des actes qui arrangent plutôt  le camp présidentiel. En demandant aux sénégalais de ne pas aller voter, il a augmenté les chances de Macky Sall d’avoir un second mandat. Tout en sachant que les tentatives de soulever le peuple se sont jusque-là toutes soldées par un échec. Et que la meilleure stratégie aurait été de s’allier à un candidat parmi ceux de l’opposition pour mettre fin au régime de la troisième alternance. Abdoulaye Wade, lui même, a avoué le jour de son retour que c’est à cause d’un manque d’unité que les adversaires du régime ont perdu les législatives. Qu’est ce qui l’empêche donc de rectifier l’erreur?

Quand on parle de Wade, Karim n’est jamais loin.

Les législatives étaient un test grandeur nature pour Wade. Le pape  du sopi a convaincu puisqu’il est sorti de ces joutes avec un score fort honorable. Sa coalition a pris sa revanche sur l’alliance Idy-Khalifa. Ce qui fait de lui le chef de l’opposition. Donc, Macky Sall ne pouvait plus l’ignorer. En effet, c’était le moment propice pour négocier puisque chacun savait ce qu’il valait sur le terrain. D’ailleurs, c’est tout juste après les législatives que les deux parties ont commencé à dialoguer.  Le marabout Thierno Madany Tall a été envoyé chez Wade. Alors que ce dernier n’avait pas pardonné aux khalifistes le fait d’avoir préféré prendre l’ancien maire de Dakar comme tête de liste. L’ancien président estimait que cette faveur lui revenait de droit.

Le voyage de Wade à Conakry sera déterminant. D’après Pierre Goudiaby, le secrétaire général du Pds va revenir à de meilleurs sentiments après ce séjour hors du pays. Seulement, entretemps rien n’a changé. Macky Sall a conditionné l’amnistie de Karim Wade à l’obtention  d’un second mandat. La balle est donc dans le camp du chef des libéraux. Soit il accepte cette proposition, soit il se range derrière un candidat de l’opposition.

Omar Ndiaye

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