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SAINT-LOUIS, LE TRISTE SORT D’UNE VILLE QUI PEINE À SORTIR DE SA TORPEUR: garde-côtes mauritaniens, érosion marine, la brèche, de vrais goulots d’étranglements

Pendant la période coloniale, en 1895, Saint-Louis devient capitale du Sénégal et de l’Afrique Occidentale Française (AOF). C’est en 1902 que les fonctions de Gouverneur du Sénégal et de Gouverneur Général de l’AOF sont séparées. Saint-Louis perd sa capitale de l’AOF au profit de Dakar en 1958.

En 1960, la réforme administrative organise le Sénégal en sept (7) régions dont Saint-Louis. La région de Saint-Louis était divisée en cercles (devenus départements en 1964), eux-mêmes divisés en onze (11) arrondissements.

La loi 2002-02 du 15 février 2002, modifiant la loi 72-02 du 1er février 1972 relative à l’administration territoriale de 1972, donne la région son organisation actuelle. La région de Saint-Louis perd le département de Matam érigé en région. La ville de Saint-Louis et l’arrondissement de Rao sont réunis pour former le nouveau département de Saint-Louis.

SAINT-LOUIS, UNE RÉGION, MILLE DESCENTES AUX ENFERS

Sa pleine et entière implication dans la gestion de l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz découverts au large de ses côtes, un plan de rénovation d’une grande envergure face à la problématique de la vétusté des nombreux édifices coloniaux, lutter contre l’érosion côtière à cause du changement climatique, le relogement des sinistrés dans des endroits plus sécurisés, mettre fin aux nombreuses pertes en vies humaines des pêcheurs guet-ndariens, causées par la brèche (beulbeu) et les garde-côtes mauritaniens, entre autres équations à plusieurs inconnues qu’il faille résoudre au plus vite, afin d’aider cette ville à retrouver son lustre d’antan.

Ville historique, symbole de la diversité et de la richesse culturelle du Sénégal, Saint-Louis, continue de souffrir du manque d’opportunités, de structures génératrices d’emplois. Une situation qui pousse sa jeunesse à la déserter au profit de l’Europe.

Le grand paradoxe pour cette région à haut potentiel dans les secteurs de la pêche, de l’agriculture, du tourisme, reste son manque de dynamisme économique. Saint-Louis (en dehors de quelques timides initiatives) tarde à se doter d’un programme structuré pour valoriser et surtout préserver ses sites uniques classés au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000.

Elle ne devrait uniquement pas se limiter à son festival de jazz, ses régates, son Assomption du 15 août et son fanal. D’autres opportunités plus rentables sont bien possibles avec l’instauration d’un véritable tourisme religieux, sportif, éducationnel et historique. Des choix audacieux qui pourraient participer à booster son économie. Saint-Louis, la ville tricentenaire, doit et mérite d’avoir un traitement particulier avant que l’irréparable se ne produise.

UN PLAN NATIONAL D’URGENCE DE SAUVETAGE DE SAINT-LOUIS

Tel est le diagnostic alarmant et sans complaisance d’une ville longtemps perfusée et minée par de mauvaises pratiques de politique politicienne par ses propres ressortissants, natifs de cette ville. Qui, perdus dans la diaspora! Qui, ministres, députés, sénateurs, personnels diplomatiques et des hautes instances internationales et qui auront participé aux différents gouvernements mis en place de 1960 à nos jours. Qui, hommes ou femmes d’affaires évoluant dans d’autres sphères.

Ils n’auront jamais participé une seule fois à rendre la monnaie de sa pièce à cette ville qui leur aura tout donné.

Une responsabilité dans cette posture d’abandon et de reniement à partager avec les gouvernements successifs mis en place au Sénégal depuis l’indépendance. Une injustice menée contre une ville, ancienne capitale de l’Aof, qui a toujours été au devant de la scène nationale et continentale bien avant le transfert de sa capitale à Dakar en 1958.

Une raison de plus d’imprimer une volonté inébranlable chez tous ses ressortissants autour d’une union sacrée des coeurs et des esprits, forgeant ainsi une conscience collective, pour enfin avoir raison du réchauffement climatique qui est une véritable menace sérieuse, un grandissime défi parmi les mille et un autres.

RANCOEUR ET AMERTUME D’UN FILS ADOPTIF DE SAINT-LOUIS

Quelle peine, cela me fait, de voir ma ville d’adoption, où j’ai vécue pendant sept (07) longues années. En y retournant pour une deuxième fois en affectation pour ainsi y terminer mon long séjour sous les drapeaux, je venais enfin de me rendre compte et de me rappeler de cette dette que je devais lui rétribuer.

C’est cette complicité, colorée d’une fidélité sans faille et rythmée par un amour immodéré, qui me lie à cette ville que j’aime plus que toute autre pour son passé si riche et surtout pour ce qu’elle m’aura apporté. Des liens indéfectibles qui ont du mal à se rompre, malgré la distance qui nous sépare. Des séjours tellement bénéfiques pour moi, car m’ayant ouvert des opportunités de me perfectionner et de finir une bonne partie de mes études coraniques et théologiques auprès d’érudits hors du commun dont je m’abstiendrai de citer.

La plupart parmi eux, ne sont plus de ce bas-monde. Cette ville, où je me suis tôt abreuvé de vertus cardinales, puisées auprès des dignes et respectueuses nobles familles.

Des qualités intrinsèques, ajoutées à celles que je portais fièrement en bandoulière, héritées depuis ma tendre enfance bargnoise.

Naguère ville mythique, au passé rayonnant pour tout ce qu’elle aura représenté au Sénégal, en Afrique et dans le monde, en termes de civilisations, d’histoire et d’économie. Je suis choqué par l’ampleur des dégâts qui se sont passés et qui continuent de se dérouler sur la ville de Saint-Louis.

Non, cette ville au passé très riche, mériterait mieux et plus, qu’un aussi triste et affreux sort.

J’accuse au premier degré ses propres fils et filles natifs sur sa terre bénite. Ils ont une large part de responsabilité dans ce déclin. L’on ne saurait ensuite épargner tous nos différents gouvernements qui se seront successivement relayé, et qui se seront distingué par leurs incompétences dans leurs tatônnements aux mauvais choix politiques, culturels, économiques et infrastructurels à l’endroit de cette ville longtemps tombée en désuétude.

Saint-Louis méritait davantage d’infrastructures qui à ce jour, lui épargnerait et lui éloignerait toutes ces situations aussi lamentable et regrettables. Deux mille (2000) élèves sont dans les rues, faute de classes indisponibles, dévastées qu’elles sont par la furie des vagues, les cimetières vidés de leurs morts, les habitations détruites, vidées de leurs occupants, occasionnant même de nombreux blessés et des morts.

Ces cimetières (Thiaka Ndiaye et Thieem) dont tout saint-louisien devrait porter dans son coeur et dans sa mémoire, ont longtemps été laissés à la merci de la folie d’une mer puissante incapable de retenir sa colère.

Un traitement spécial devrait être accordé à cette ville, ancienne capitale de l’AOF et de la Mauritanie.

Longtemps ayant été un réceptacle des savoirs, connaissances et enseignements laïcs, islamiques, catholiques et arabophones. Cette ville se distingue surtout par les savoirs millénaires en provenance des 5 continents, qu’elle aura toujours su préserver et partager dans la sous-région surtout.

L’urgence est de panser rapidement les plaies de l’horreur ou des horreurs, car beaucoup de dignes saint-louisiens, aujourd’hui, ne savent plus où donner de la tête, aissaillis qu’ils sont par cette furie des vagues qui continuent de déferler et de s’abattre sur eux et détruisant leurs habitations. L’heure est grave à Saint-Louis.

Toute l’étendue de la langue de barbarie, de Guet-Ndar, Ndar-Toute, Goxxu Bathie, dans le Gandiolais également, plus précisément à Tassinère, toutes les concessions qui font face à la mer ont été inondées.

Même le cimetière de Thiaka Ndiaye a subi de plein fouet la furie des vagues. La dangereuse brèche, les affres du changement climatique, de même que le relogement des sinistrés dans des endroits plus sécurisés.

Cependant, des efforts ont été faits avec la réalisation d’une digue à Goxxu Bathie, qui a permis d’atténuer les effets de la forte houle. Espérons que la seconde digue financée par l’Afd et «dont la pose de la première pierre se fera courant du trimestre de l’année à venir» avant le démarrage des travaux.

Le programme Waca de la Banque mondiale en cours d’exécution, pour la protection du littoral et le relogement des populations, avec «les premières maisons préfabriquées qui verront le jour au mois de décembre au site de recasement ».

Une ville entourée d’eau d’où l’importance de renforcer davantage les moyens de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), afin de bien mener sa mission de surveillance, d’alerte et d’information en faveur des nombreux pêcheurs.

La réfection des écoles et bâtiments administratifs coloniaux, sans oublier les cimetières (Thiaaka Ndiaye et Thieem) qui détiennent un pan entier de la mémoire collective de Saint-Louis et du Sénégal, restent des impératifs. Que toutes les souffrances des dignes populations saint-louisiennes soient atténuées et même effacées de leur mémoire, une fois qu’elles bénéficieraient des retombées du pétrole et du gaz.

Cela ne serait que justice qui leur serait rendue.

Par l’adjudant en retraite Ndiapaly GUEYE,

  • Secrétaire général du Front pour l’Ouverture, l’Unité et la Défense de la République (FOUDR),
  • Ancien présentateur de l’émission radiophonique « Armée-Nation » à la RTS,
  • Diplômé de la DefenseLanguage Institute (DLI) – Diplômé de la Defense Information School (DINFOS) aux Etats-Unis d’Amérique, Spécialiste en Relations publiques.
  • Email : ndiapalygueye@yahoo.fr
  • Cellphone : (00221) 775712295 ou (00221) 706422098 ou (00221) 765530221
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