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« Shutdown » : un bras de fer qui va coûter cher

L’affrontement budgétaire entre Donald Trump et les démocrates, opposés au mur à la frontière mexicaine, coûtera des milliards à l’économie américaine. Le « shutdown » devrait même être plus onéreux pour le président que le financement de l’édifice.

Après dix-sept jours de « shutdown », le président américain, Donald Trump, a décidé de s’adresser à la nation, mardi 8 janvier. Il prend la parole alors qu’aucune issue à cette crise qui paralyse une partie des services de l’État n’est en vue, et que les économistes avertissent que l’addition promet d’être salée. 

L’obstination du locataire de la Maison Blanche à obtenir de la majorité démocrate à la Chambre des représentants le financement du mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique devrait, au bout du compte, coûter plus cher que la construction de cet édifice. En effet, le coût du « shutdown » pourrait atteindre les six milliards de dollars, d’après les estimations les plus conservatrices. Soit environ le montant que Donald Trump réclame au Congrès (cinq milliards de dollars) pour son mur. 

Payer des fonctionnaires qui ne peuvent pas travailler
En 2013, le Bureau fédéral de la gestion et du budget avait estimé que le « shutdown »  qui avait paralysé l’État pendant seize jours en octobre, avait coûté entre 0,2 et 0,6 point de PIB, soit jusqu’à six milliards de dollars. « C’est la meilleure référence disponible pour évaluer le coût de la situation actuelle », affirme Gordon Gray, responsable de questions fiscales au cercle de réflexion conservateur American Action Forum, au magazine américain Time

Le « shutdown » revient cher pour trois raisons. La principale : tous les salaires devront être versés  aux quelque 800 000 employés fédéraux au chômage temporaire. Le Bureau fédéral de la gestion et du budget avait conclu qu’à l’issue de la crise de 2013, l’État avait ainsi dû verser près de deux milliards de dollars d’arriérés. « En clair, ils vont littéralement être payés à ne rien faire, c’est de l’argent jeté par la fenêtre », souligne Gordon Gray. 

La paralysie des services fédéraux signifie aussi que certaines taxes ne vont pas être prélevées à temps. En outre, plusieurs parcs nationaux et monuments publics ont dû être fermés, comme les musées de l’institut Smithsonian  à Washington, ce qui se traduit par un manque à gagner touristique. Une perte financière difficile à évaluer, mais dont le montant s’est élevé à quelques millions de dollars en 2013. 
Une perte de 6,5milliards de dollars par semaine?

Mais l’impact le plus compliqué à mesurer est celui qui résulte des « perturbations économiques engendrées » par le « shutdown », reconnaissait déjà en 2013 le Bureau fédéral de la gestion et du budget. Des banques inquiètes qui préféreraient attendre que l’horizon politique s’éclaircisse avant de faire un investissement, des contrats publics qui ne sont pas alloués à des entreprises qui en ont besoin pour remplir leurs carnets de commandes et, plus généralement, une morosité économique qui ne pousse pas à la consommation, sont autant de facteurs à prendre en compte. 

C’est cet aspect qui explique les fortes divergences d’évaluation du coût du « shutdown » qui peuvent exister d’un organisme à l’autre. Ainsi en 2013, l’agence de notation Standard & Poor’s avait dressé un bilan bien plus négatif que le Bureau de la gestion et du budget, chiffrant à 24 milliards de dollars  le manque à gagner pour l’économie américaine après deux semaines de paralysie du gouvernement. En décembre 2017, alors qu’un nouveau « shutdown » menaçait, elle avait jugé que la fermeture partielle de service de l’État coûterait 6,5 milliards de dollars par semaine. 

Et l’addition risque de s’alourdir encore considérablement si Donald Trump va au bout de sa logique de confrontation avec les démocrates. Il s’est dit prêt à tenir des mois, « voire des années », dans cette impasse budgétaire. Pas sûr que l’économie américaine, elle, le soit. 

France24.com

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