Soudan : Omar El Béchir aurait été contraint à la démission par l’armée

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Omar El Béchir aurait démissionné de son poste de président du Soudan. Au pouvoir depuis 1989, l’homme à la canne, aurait été contraint à la démission par l’armée nationale du pays, selon des sources gouvernementales. Pour assurer la continuité de l’Etat, un conseil national de transition devrait être mis en place pour diriger le pays. La réaction de l’armée fait suite à la demande des manifestants réunis pour la sixième journée de mobilisation consécutive devant son quartier général. Ce dernier lieu était devenu le centre de la série de manifestations, parfois violemment réprimées, qui étaient en cours depuis décembre dernier.

«Le régime est tombé, le régime est tombé». Devant le QG de l’armée soudanaise, les manifestants sont en ébullition depuis que la télévision publique a annoncé très tôt ce matin, une «importante déclaration» de l’armée à venir.

Conseil national militaire pour assurer la transition

Elle est finalement arrivée au petit matin : Omar El Béchir aurait démissionné de sa charge de président de la République du Soudan, selon des sources gouvernementales. C’est la fin du film de la contestation qui dure depuis trois mois déjà, d’abord contre la cherté de la vie, puis pour le départ du président soudanais.

«Des consultations sont en cours pour former un conseil militaire qui prendra le pouvoir après la démission du président El Béchir», a confié un peu plus tôt Adel Mahjoub Hussein, ministre de la Production et des ressources économiques du Nord-Darfour, à la télévision Al-Hadath, basée à Dubaï. Très tôt ce matin, «sous bonne garde», l’armée soudanaise avait déployé des forces aux alentours du Palais présidentiel de Khartoum où Omar El Béchir aurait été assigné à résidence ainsi que plusieurs membres de son entourage proche, selon des informations de l’agence Reuters.

A 75 ans, Omar El Béchir est parti du pouvoir comme il y est arrivé : par la force. C’est en juin 1989, à la tête d’un groupe d’officiers du Conseil du commandement révolutionnaire pour le salut national, que ce parachutiste formé au Caire mène un coup d’Etat sans effusion de sang qui renverse le Premier ministre Sadeq Al-Mahdi. Après près de 32 ans passés d’un pouvoir marqué par des réélections contestées et une gestion d’une poigne de titan, Omar El Béchir cède son fauteuil à un Conseil national militaire pour mener la transition.

113 jours de manifestations

Les événements qui ont conduit à sa chute sont enchaînés. Lâché par les chancelleries occidentales qui appelaient à un «plan de transition politique crédible», puis par la police soudanaise qui s’était dite favorable à «un transfert pacifique» du pouvoir, le camp présidentiel s’était fissuré ces derniers jours. Aux dernières heures, l’aile idéologique du Parti du congrès nationaliste (au pouvoir) semblait être un des derniers soutiens du régime. Face à l’ampleur des manifestations, il a appelé à une contre-manifestation en soutien à Omar EL Béchir.

En début de semaine, à l’appel de l’Alliance pour le changement et la liberté, les manifestants réclamaient déjà à l’armée un «gouvernement de transition». Depuis samedi 6 avril, le foyer de la contestation contre le pouvoir central s’était déplacé du centre-ville vers le QG de l’armée soudanaise qui était restée en retrait du mouvement. Malgré l’intervention parfois violente des puissants services de renseignements, la journée de mercredi a été déterminante avec une mobilisation massive de la foule.

Cette mobilisation démarre en décembre 2019 avec l’augmentation des prix du pain suite à la privatisation des importations de céréales décidée par le gouvernement. Ce qui devait être une réaction contre cette augmentation du prix du pain s’est étendu à l’augmentation des prix des autres denrées, puis en une révolte contre le régime d’Omar El Béchir. La mobilisation aura fini par gagner la jeunesse sortie en masse dans la rue. Après 113 jours de mobilisation, Omar El Béchir aurait finalement quitté le pouvoir.

Avec LTA

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