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: Le Bloc notes de Yoro DIA - Nh N°997

Haut Conseil des collectivités locales : un passager clandestin

Ce fut une première dans l’histoire mondiale des institutions. Le Sénat avait été supprimé pour des raisons climatiques. Les honorables sénateurs avaient été emportés par les inondations. Le budget du Sénat avait été englouti dans la lutte contre les inondations. Pourtant, personne n’avait songé à supprimer l’Assemblée Nationale parce qu’il y avait des inondations. Cela veut que le Sénat n’était ni utile ni opportun. Ce Sénat qui avait été supprimé pour des raisons climatiques va revenir en passage clandestin sous la forme d’un Haut Conseil des collectivités locales. Le Haut Conseil est un passager clandestin parce qu’il s’est glissé subrepticement dans le referendum sur la réduction du mandat. Les sénégalais ont plus voté « Oui » pour la réduction du mandat que le Haut conseil. Il est évident que le « Non » l’aurait emporté si le referendum ne concernait que le Haut conseil. La création du Haut Conseil, une ruse du Président Macky Sall qui va servir à caser une clientèle politique pour sa réélection en 2019. Le Haut Conseil ne servira à rien et n’apportera rien du tout sur le plan institutionnel parce que notre pays n’a aucun problème institutionnel. Depuis l’acte 3, le Sénégal est sans doute le pays africain où l’on compte le plus de maires au Km2. Notre personnel politique augmente de façon géométrique alors que les ressources de l’Etat augmentent de façon arithmétique. Il est temps d’arrêter cette spirale inflationniste qui plombe le budget de l’Etat. Le chef de l’Etat aime dénoncer les indemnités et avantages des fonctionnaires. Il devrait se pencher aussi sur ce que nous coute le personnel politique (Assemblée Nationale, Conseil Economique et Social, Haut Conseil des Collectivités locales, Conseils départementaux, les communes…..). On a de plus en plus l’impression que le pays travaille pour entretenir un personnel politique toujours en inflation. Créer chaque jour de nouvelles institutions pour caser des rentiers de la politique, est un frein au développement parce que entrainant des dépenses somptuaires et de prestige. Ce qui n’est ni sobre encore moins vertueux.

Les deux poumons de la démocratie

Un être humain a besoin de ses deux poumons pour respirer. La démocratie a besoin de ses deux poumons pour respirer. Les deux poumons de la démocratie sont la majorité et l’opposition. Bientôt, notre démocratie va avoir du mal à respirer à cause de la volonté de la majorité à réduire l’opposition non pas à sa « plus simple expression » mais à néant. Comme dit Talleyrand « tout ce qui est excessif devient insignifiant » et le pouvoir est dans l’excès d’intolérance avec la défenestration de Aida Mbodj de la tête du conseil départemental de Bambey, le coup de force parlementaire pour imposer Fada à la tête du groupe parlementaire de l’opposition et les convocations de Y en a marre à l’OFNAC. Ce que le pouvoir ignore c’est que dans une grande démocratie, l’opposition se régénère naturellement. Même si le pouvoir réduit à néant le PDS, une autre opposition rejaillira. C’est naturel. La transhumance intellectuelle n’a pas créé le vide. Notre système a généré d’autres intellectuels critiques. La grandeur d’un pouvoir démocratique n’est pas dans sa capacité à anéantir son opposition, mais dans sa capacité à entretenir un débat avec l’opposition. C’est un grand paradoxe de constitutionnaliser le statut du chef de l’opposition par referendum et d’être si intolérant avec toute forme d’opposition.

Brexit : entre le large et le continent

« Chaque fois que nous devrons choisir entre l’Europe et le grand large, nous choisirons le grand large » Ainsi parlait Winston Churchill à Charles de Gaulle en 1944. Rester insulaire pour garder le souvenir d’une grandeur passée quand à l’époque de la reine Victoria, le Soleil ne se couchait jamais sur l’Empire Britannique au lieu d’intégrer l’Europe et d’être un pays ordinaire comme les autres. En réalité, les britanniques se sont toujours sentis si bien sur leur ile d’où ils sont partis à la conquête du monde sans jamais se sentir européens. L’Angleterre a été une puissance mondiale sans jamais vraiment s’intéresser à l’Europe. Leur politique a toujours été le containment, c’est-à-dire empêcher à Napoléon maitre du continent de conquérir leur petite ile. Cette petite ile qui tiendra aussi tête à Hitler devenu maitre de l’Europe. C’est ainsi qu’ils résistèrent au projet impérial européen de Napoléon qui leur imposa un blocus continental qui sera le début de sa perte. Sur leur ile, ils ont tenu seuls face à la furie nazie. Pourquoi les britanniques ont toujours préféré le large au contient ? Pourquoi les britanniques ne se sentent pas européens mais sont obligés de regarder de moins en moins vers le large et de plus en plus vers le continent ? Une partie de la réponse est chez Sir Winston Churchill qui disait encore à De Gaulle ‘ en janvier 1944 « Regardez-moi. Je suis le chef d’une nation forte et invaincue. Et pourtant, tous les matins au réveil je commence par me demander comment plaire au Président Roosevelt ».Aujourd’hui c’est l’héritier de Franklin Roosevelt à savoir Barack Obama qui demande à celui de Churchill de regarder vers le continent qui a cessé de regarder l’Angleterre comme le cheval de Troie de l’Amérique dans l’Union Européenne. Les anglais sont comme les Saint-Louisiens, ils ont un passé tellement glorieux qu’ils ont peur d’ouvrir les yeux sur l’avenir. Pour l’Angleterre, l’avenir ne saurait être Schengen ni l’Euro. A part la monarchie, il ne reste que la livre sterling et le Commonwealth pour rappeler à la Grande Bretagne son glorieux passé. Les britanniques sont tellement attachés à leur particularisme qu’ils sont encore convaincus que la jungle commence à Calais de l’autre côté de la Manche.


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